L’air de Bandalungwa, ce vendredi 20 mars, portait une douceur particulière, teintée des effluves d’espoir et de fraternité. Sous le soleil de Kinshasa, la célébration de la Journée internationale de la Francophonie a pris une résonnance profondément humaine, se mêlant aux aspirations d’une jeunesse avide de paix. La conférence « À l’écoute des jeunes voix de la Francophonie » s’est présentée comme un espace de parole, une agora moderne où la langue de Molière s’est faite le ciment d’un idéal commun : construire une société plus apaisée. Dans cette commune vibrante, l’événement a transcendé le simple cadre linguistique pour toucher à l’essence même du vivre-ensemble et du développement. L’avenir de la Francophonie en RDC se dessinait ici, dans le regard déterminé de centaines de jeunes rassemblés.
Comment une langue peut-elle devenir un instrument de cohésion sociale et un rempart contre la violence ? La réponse s’est esquissée dans les propos éloquents de Crispin Phanzu Mbadu, le ministre délégué aux Affaires étrangères chargé de la Francophonie. Face à une assistance attentive, il a tissé un discours où la diplomatie des mots rencontrait l’urgence de l’action. « La Francophonie vous offre un espace pour vous exprimer, pour apprendre, pour entreprendre et collaborer », a-t-il lancé, confiant à la jeunesse kinoise paix le rôle d’acteur principal du rayonnement national. Sa voix, tour à tour ferme et paternelle, a appelé à bannir la haine et à embrasser le dialogue, faisant de chaque jeune un artisan de la paix. « Un Congo en paix est un Congo qui avance », a-t-il martelé, transformant la langue française en un outil de résilience et de projection vers l’avenir. Cette injonction à devenir des « ambassadeurs de paix » a résonné comme un serment, une promesse faite à la nation tout entière.
Au-delà des mots, c’est la matérialisation d’un environnement propice à l’éclosion des talents qui a été au cœur des débats. Mabiala Ma-Umba, le Délégué général à la Francophonie, a lancé un appel vibrant, presque un plaidoyer, pour le déploiement des Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) dans les 23 communes de Kinshasa. Ces bibliothèques publiques, soutenues par l’Organisation internationale de la Francophonie, sont bien plus que des murs abritant des livres. Ils représentent des sanctuaires du savoir, des havres de paix où l’imaginaire se nourrit et où l’esprit critique s’aiguise. La demande d’une subvention continue de l’État pour ces centres révèle une ambition : faire de l’accès gratuit à la culture et à l’éducation un pilier fondamental de la construction nationale. Dans ces futurs espaces, la langue française deviendrait le vecteur d’une émancipation collective, une passerelle vers un monde d’opportunités.
Représentant l’autorité locale, Aristote Mupapila a, quant à lui, ancré cette vision dans le quotidien. En encourageant les jeunes à valoriser le français comme un « outil de savoir et d’ouverture », il a rappelé le lien intime entre la maîtrise linguistique et la capacité à forger son destin. Cet événement n’était donc pas une célébration éphémère, mais le point de départ d’une mobilisation plus large, parfaitement en phase avec le thème retenu pour 2026 : « Génération paix : la contribution à un monde plus apaisé ». La Journée internationale de la Francophonie s’est ainsi métamorphosée en laboratoire d’idées, où la culture et l’éducation apparaissent comme les deux faces indissociables d’une même médaille : celle du progrès social.
Le message du ministre Crispin Phanzu Mbadu, empreint à la fois de solennité et de ferveur, a laissé une empreinte indélébile. En plaçant la jeunesse au centre du projet francophone, il a redéfini les contours d’une diplomatie culturelle active et engagée. La Francophonie n’est plus perçue comme un héritage lointain, mais comme un chantier vivant, une communauté de destin que la RDC entend animer avec force. Alors que les échos de cette journée s’estompent dans les artères de Bandalungwa, une certitude persiste : les graines semées ce jour, dans le terreau fertile de l’esprit des jeunes, sont promises à une floraison qui, peut-être, parfumera durablement l’avenir du pays. L’alliance entre la langue, la culture et la quête de paix dessine ainsi une nouvelle cartographie de l’espoir, où chaque livre ouvert dans un futur CLAC deviendra une fenêtre sur un monde plus apaisé.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
