« Je m’appelle Grace, j’ai 24 ans et je vis à Kinshasa. Depuis que j’ai terminé mes études, je cherche un emploi stable. Chaque jour est une bataille pour survivre. » Ce témoignage, semblable à celui de milliers de jeunes Congolais, illustre le défi criant de l’emploi et de la précarité. Pourtant, une lueur d’espoir se profile à l’horizon avec le lancement récent d’une initiative majeure. Un nouveau projet ambitieux, porté par le Gouvernement de la République démocratique du Congo, les Nations unies et la Banque mondiale, vise précisément à briser ce cycle de vulnérabilité. Cette collaboration inédite marque-t-elle un tournant dans la protection sociale RDC ?
Financé par le Fonds conjoint pour les Objectifs de développement durable (Joint SDG Fund), ce programme se donne pour mission de construire des ponts entre les systèmes de protection sociale contributifs et non contributifs. Son ambition est claire : promouvoir l’accès à un travail décent et œuvrer activement à la réduction pauvreté Congo. Il ne s’agit pas d’une simple aide ponctuelle, mais d’une stratégie intégrée s’inscrivant dans le cadre du Plan national stratégique de développement (PNSD), qui place la valorisation du capital humain RDC au cœur des priorités.
Le cœur de ce projet ONU Banque mondiale RDC bat pour la jeunesse. Un programme pilote ciblera directement 1 500 jeunes, avec une attention particulière portée à l’inclusion des femmes, qui doivent représenter au moins 40 % des bénéficiaires. Ces derniers recevront une formation solide en entrepreneuriat et un accès facilité à la sécurité sociale, deux leviers essentiels pour une insertion économique durable. « Cette initiative renforce les efforts du Gouvernement pour promouvoir une croissance inclusive et créer davantage d’opportunités pour la jeunesse », a déclaré le ministre du Plan et de la Coordination du développement, Guylain Nyembo. Les mots sont forts, mais le défi est de taille dans un pays où le chômage des jeunes reste un abcès de fixation.
L’un des défis majeurs identifiés est la fragmentation chronique des interventions dans les secteurs de l’emploi et de la protection sociale. Trop souvent, les efforts sont dispersés, limitant leur impact réel. Ce nouveau projet entend justement remédier à cette dispersion. « Il s’agit d’assurer une meilleure coordination des partenaires pour soutenir les transitions économiques nécessaires », a réaffirmé Nteba Soumano, directrice du Bureau international du Travail (BIT) en RDC, s’exprimant au nom du Coordonnateur résident des Nations unies. Cette quête de synergie est cruciale pour éviter les doublons et maximiser l’utilisation des ressources, souvent limitées.
Mais comment s’assurer que ces formations et cet accompagnement déboucheront sur de véritables opportunités économiques stables ? La question reste entière. Le projet mise sur l’entrepreneuriat comme voie de sortie de la précarité, une stratégie pertinente dans un contexte où le secteur formel n’absorbe qu’une fraction de la main-d’œuvre. Cependant, cet accent sur la création d’entreprise nécessite un écosystème favorable : accès au financement, simplification administrative, et marché porteur. Sans cela, le risque de voir les efforts s’essouffler est réel.
Au-delà des 1 500 jeunes directement concernés par la phase pilote, l’ambition est de créer un modèle reproductible et scalable. L’objectif ultime est d’accélérer les progrès vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) en RDC, en particulier ceux relatifs à l’éradication de la pauvreté, au travail décent et à la réduction des inégalités. La réussite de ce projet pourrait ainsi servir de référence pour d’autres initiatives sur le continent, démontrant qu’un investissement ciblé dans le capital humain RDC est le meilleur rempart contre la pauvreté.
Pour des milliers de Graces à travers le pays, l’attente est immense. Ce projet représente plus qu’un simple programme ; il incarne une promesse de dignité retrouvée et d’avenir construit. La route sera longue, et les obstacles nombreux, mais la mise en commun des forces du Gouvernement congolais, de l’ONU et de la Banque mondiale offre un cadre porteur. Le véritable succès se mesurera à l’aune des vies concrètement transformées, de la précarité vaincue par le travail, et de l’émergence d’une génération de jeunes acteurs économiques confiants. L’espoir est permis, mais la vigilance reste de mise pour que les engagements se transforment en réalités tangibles pour l’emploi jeunes Congo.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
