Le trafic illégal d’animaux au Maniema vient de connaître un échec retentissant avec la libération de quinze perroquets gris d’Afrique dans leur habitat naturel. Ces oiseaux, arrachés des mains de braconniers sans scrupules, ont retrouvé la liberté dimanche 15 mars grâce aux efforts conjoints de la Fondation Lukuru et de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Une lueur d’espoir dans un combat acharné pour la conservation biodiversité RDC, mais une victoire fragile face à l’ampleur du trafic illégal animaux Maniema.
L’opération, menée au centre récupération perroquets de Dingi, dans la chefferie de Bangengele, territoire de Kailo, illustre la détermination des acteurs locaux à sauver ces espèces menacées. Ibra Kitshwanda, chef du centre, détaille le processus de réhabilitation perroquets Dingi : « Nous contrôlons chaque oiseau : ailes, plumes, queue, état corporel. Seuls ceux aptes à voler rejoignent la volière avant le lâcher. » Une procédure rigoureuse pour des créatures souvent traumatisées par leur captivité illégale.
Pourtant, derrière cette réussite, une réalité alarmante persiste. Quatre-vingt-huit autres perroquet gris Afrique sont maintenus à Dingi, jugés trop vulnérables pour regagner la forêt. Blessés, affaiblis, ils symbolisent l’impact dévastateur du trafic sur la faune congolaise. Combien d’autres encore souffrent dans l’ombre ? La question hante les défenseurs de l’environnement, alors que les écosystèmes du Maniema sont asphyxiés par ce commerce illicite.
La réhabilitation perroquets Dingi n’est pas qu’un acte de sauvetage ; c’est un rempart essentiel pour l’équilibre écologique. Les perroquets gris, disperseurs de graines, sont des architectes de la forêt tropicale. Leur disparition accélérerait la dégradation des paysages, réduisant la résilience climatique de la région. Le centre récupération perroquets opère ainsi une course contre la montre, où chaque oiseau soigné est une victoire pour la conservation biodiversité RDC.
Mais cette initiative peut-elle suffire ? Les autorités provinciales du Maniema en ont fait un pilier de leur politique, visant à restaurer les écosystèmes et à générer des revenus via l’écotourisme. « Nous voulons que ces espaces protégés attirent des investissements au profit de la province », affirment-elles. Une ambition noble, mais qui se heurte à la dure réalité du terrain : pauvreté, insécurité, et réseaux criminels bien organisés.
Le trafic illégal animaux Maniema n’est pas une fatalité. La libération de quinze perroquet gris Afrique prouve que la collaboration entre ONG, État et communautés porte ses fruits. Pourtant, l’urgence écologique exige plus. Renforcer les patrouilles, sensibiliser les populations, et pénaliser sévèrement les trafiquants sont des étapes incontournables. La forêt congolaise, en détresse, ne peut attendre.
À Dingi, chaque perroquet retrouvant la liberté redonne un souffle à la biodiversité. Mais le combat est loin d’être gagné. Alors que 88 oiseaux patientent encore dans les volières, la question reste entière : jusqu’à quand la nature congolaise pourra-t-elle résister à cette saignée ? L’opération du 15 mars est un signal d’alarme, un appel à protéger ces trésors vivants avant qu’il ne soit trop tard. L’avenir des écosystèmes du Maniema se joue aujourd’hui, dans le ciel où volent enfin ces perroquets gris libérés.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
