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Produits périmés RDC : L’UDECOM tire la sonnette d’alarme sur les marchés congolais

« J’ai acheté du lait en poudre pour mon bébé la semaine dernière. Deux jours après, il a commencé à avoir de fortes diarrhées. Quand j’ai regardé la date de plus près, je me suis rendu compte que le produit était périmé depuis six mois. » Le témoignage de Grace, mère de famille à Matete, Kinshasa, illustre un drame quotidien qui se joue dans l’indifférence générale. Comme elle, des milliers de Congolais sont exposés, souvent sans le savoir, à des produits dangereux pour leur santé.

Face à cette situation alarmante, l’Union pour la défense des consommateurs (UDECOM) a publié un communiqué cinglant ce dimanche 15 mars à Kinshasa. L’organisation tire la sonnette d’alarme sur la circulation incontrôlée de produits périmés et contrefaits sur les marchés de la République démocratique du Congo. Cette alerte produits dangereux n’est malheureusement pas une première, mais elle prend une dimension particulière par son caractère urgent et le constat d’une aggravation du phénomène.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse est complexe et plonge ses racines dans les failles du système de contrôle, la pauvreté qui pousse à acheter moins cher, et une certaine impunité dont bénéficient les fraudeurs. Les étals des marchés populaires de la capitale, comme ceux de Gambela, Ndjili ou même du centre-ville, regorgent de produits aux étiquettes douteuses, aux dates effacées ou falsifiées. Cette contrefaçon marchés congolais est devenue un business florissant au mépris total de la sécurité des populations.

« La présence de ces produits non conformes constitue un risque réel et immédiat pour la santé publique Kinshasa et plus largement pour l’ensemble du pays », insiste l’UDECOM dans son communiqué. Intoxications alimentaires, réactions allergiques graves, maladies chroniques… les conséquences sur le court et le long terme sont aussi variées que préoccupantes. Les enfants et les personnes vulnérables en sont les premières victimes. Où est la protection consommateurs UDECOM si souvent invoquée dans les discours mais si peu visible sur le terrain ?

L’organisation ne se contente pas de dresser un constat accablant. Elle rappelle que la protection des consommateurs passe par un pilier essentiel : l’information. Un consommateur averti en vaut deux. C’est pourquoi, à l’occasion de cette journée de sensibilisation placée sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », l’UDECOM a formulé des recommandations pratiques. Des réflexes simples qui pourraient sauver des vies.

Premier geste, et le plus crucial : vérifier systématiquement la date de péremption. Un réflexe qui semble basique, mais que la précarité et les habitudes d’achat rapide ont souvent effacé. Ensuite, tenter de contrôler l’origine du produit. Une étiquette floue, une marque inconnue, une absence de coordonnées du fabricant doivent immédiatement éveiller les soupçons. Enfin, et c’est peut-être le point le plus faible de la chaîne, signaler tout produit suspect aux autorités compétentes. Combien de Congolais osent ou savent le faire ?

Cette Journée mondiale des droits des consommateurs doit être plus qu’un simple événement calendaire. Elle représente une opportunité cruciale de renforcer la sensibilisation et de promouvoir une culture de responsabilité partagée. Responsabilité des autorités, qui doivent muscler leurs services de contrôle et de répression. Responsabilité des opérateurs économiques, qui doivent choisir l’éthique plutôt que le profit facile. Et responsabilité des consommateurs eux-mêmes, qui, par leur vigilance collective, peuvent faire reculer ce fléau.

L’UDECOM a raison de le souligner : un consommateur informé reste la première ligne de défense contre les abus. Mais peut-on demander à une population déjà accablée par le coût de la vie de porter seule ce fardeau ? La bataille contre les produits périmés RDC et la contrefaçon ne se gagnera pas sans un engagement ferme et coordonné de toutes les parties prenantes. Il en va de la santé de toute une nation, de la confiance dans l’économie locale et, in fine, du droit fondamental de chaque Congolais à consommer sans mettre sa vie en danger. Le temps n’est plus aux alertes, mais à l’action.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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