AccueilActualitéSecuritéSama Lukonde dénonce l'agression rwandaise et les attaques de drones sur Kisangani

Sama Lukonde dénonce l’agression rwandaise et les attaques de drones sur Kisangani

La sécurité en République démocratique du Congo reste une préoccupation majeure, exposée sans ambages par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, ce lundi. Devant la Chambre haute réunie pour l’ouverture de sa session ordinaire, le discours a été sans équivoque. L’Est du pays est en proie à une déstabilisation continue, orchestrée selon les autorités par des groupes armés soutenus de l’étranger. Une analyse qui vient confirmer les pires craintes concernant l’aggravation de l’insécurité dans cette région.

Le point central de l’intervention a porté sur l’agression rwandaise, matérialisée par le soutien à la rébellion de l’AFC/M23. Pour Sama Lukonde, cette alliance représente une menace directe contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Le conflit qui en découle engendre des conséquences humanitaires dramatiques depuis trois décennies, avec son lot d’atrocités et de déplacements de populations. Comment la communauté internationale peut-elle rester silencieuse face à une telle saignée ?

Dans ce contexte, les récentes sanctions américaines contre l’armée rwandaise et quatre de ses officiers ont été saluées. Ces mesures ciblées du Trésor américain, visant des responsables des Forces de défense rwandaises, sont perçues comme un signal fort. Elles reconnaissent le rôle de Kigali dans la déstabilisation de l’Est de la RDC. Cette décision marque-t-elle un tournant dans la pression diplomatique internationale sur le Rwanda ?

L’une des évolutions les plus alarmantes de ce conflit est l’utilisation croissante de la technologie des drones. Le président du Sénat a condamné avec la plus grande fermeté les attaques de drones kamikazes ayant visé l’aéroport international de Bangboka à Kisangani, ainsi que d’autres installations militaires, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026. Ces événements, qualifiés de violations répétées du cessez-le-feu, illustrent une escalade dangereuse des moyens de guerre.

L’AFC/M23 a, à deux reprises, revendiqué ces attaques de drones sur Kisangani. Le mouvement rebelle justifie ses actions en les présentant comme une “opération ciblée” destinée à neutraliser des drones gouvernementaux qui, selon lui, étaient sur le point d’être utilisés contre des civils. Parallèlement, l’AFC/M23 accuse Kinshasa d’utiliser des drones contre les populations, une allégation que les autorités congolaises rejettent catégoriquement. Ce duel de narratifs se déroule sur un champ de bataille où la vérité est souvent la première victime.

La situation sur le terrain reste extrêmement volatile. Les combats se sont intensifiés suite au non-respect du cessez-le-feu proposé par l’Angola. Les offensives terrestres des Wazalendo, alliés aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), se heurtent aux positions fortifiées de l’AFC/M23. Cette recrudescence des hostilités a également été marquée par des frappes aériennes de l’armée congolaise. L’AFC/M23 continue d’administrer de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, entravant toute perspective de retour à la normale.

Face à cette crise sécuritaire multiforme, Sama Lukonde a également attiré l’attention sur l’insécurité urbaine dans les grandes villes et la situation dans l’ouest du pays. Il a salué les efforts de désarmement et de démobilisation des groupes Mobondo, tout en encourageant le gouvernement à intensifier la lutte contre le banditisme urbain. Cette insécurité généralisée, de l’est à l’ouest, met à rude épreuve la cohésion sociale et le développement économique du pays.

Sur le plan diplomatique, les processus de paix, notamment ceux de Washington et de Doha soutenus par l’Union africaine, semblent piétiner. Les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23, bloquent toute avancée significative. Les discours se multiplient, les réunions s’enchaînent, mais les résultats concrets sur le terrain se font attendre. Cet échec de la diplomatie alimente-t-il le cycle infernal de la violence ?

Dans son discours, Sama Lukonde a rendu un hommage appuyé aux FARDC et aux Wazalendo, engagés avec courage et détermination en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Cet éloge vise à soutenir le moral des troupes et à rappeler le coût humain de ce conflit prolongé. L’appel du président du Sénat est clair : la nation doit se mobiliser derrière ses défenseurs et les efforts de paix doivent être soutenus par des actions décisives.

La condamnation des attaques de drones sur Kisangani par les plus hautes instances du pays souligne l’urgence de la situation. Ces événements ne sont pas des incidents isolés, mais le signe d’une mutation du conflit vers des modes d’action plus sophistiqués et plus dangereux. La protection des infrastructures critiques, comme les aéroports, devient un enjeu stratégique majeur pour la sécurité nationale et la stabilité régionale.

En définitive, le discours prononcé au Palais du Peuple a dressé un bilan sans concession de l’insécurité en RDC. Il a pointé du doigt les responsabilités externes, notamment le Rwanda et son soutien à l’AFC/M23, tout en appelant à une mobilisation interne et internationale renforcée. Les sanctions américaines sont un pas, mais elles doivent être suivies d’effets concrets. La guerre des drones à Kisangani est un signal d’alarme qui ne doit pas être ignoré. La stabilisation de l’Est et de l’ensemble du territoire congolais exige une volonté politique inébranlable et une approche coordonnée, tant sur le plan militaire que diplomatique. Le temps presse, et le pays ne peut se permettre une nouvelle décennie de violence.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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