Le cri des enfants, le bruit des freins, puis le silence tragique. Mardi dernier, à la sortie des classes de l’école primaire Hodari 2, dans la commune Rwashi à Lubumbashi, un véhicule Harrier roulant à vive allure a fauché trois élèves, transformant un moment de joie en cauchemar. Deux jeunes vies se sont éteintes sur le champ, un troisième enfant grièvement blessé lutte pour survivre. Comment en est-on arrivé là ? La sécurité routière aux abords des écoles en République Démocratique du Congo est-elle devenue un vain mot ?
Selon le témoignage du directeur adjoint de l’établissement, le chauffeur, après avoir percuté les enfants, a tenté de prendre la fuite. Mais des motocyclistes présents sur les lieux l’ont poursuivi et appréhendé, permettant son interpellation. Le dossier est désormais entre les mains de la justice, ouvrant la voie à une enquête sur les circonstances de cet accident élèves Lubumbashi qui a profondément ému la communauté.
Parmi les victimes, deux frères d’une même famille. L’aîné, en troisième année primaire, a succombé sur le coup. Le cadet, âgé de seulement six ans et en première année, a été transporté d’urgence à l’hôpital avec des blessures graves. Le gouvernement provincial du Haut-Katanga a immédiatement pris en charge ses soins médicaux, une lueur d’espoir dans ce drame insoutenable. La troisième victime, également une jeune élève de première année issue d’une autre famille, n’a pas survécu à l’impact.
Samedi 14 mars, face à l’onde de choc provoquée par ce drame scolaire Lubumbashi, le gouvernement provincial du Haut-Katanga a apporté un soutien financier aux familles endeuillées. Si le montant exact n’a pas été divulgué, ce geste symbolise une reconnaissance officielle de la douleur des proches. “C’est un premier pas, mais rien ne ramènera nos enfants”, confie un parent sous le choc, interrogé par nos soins. Ce soutien familles Haut-Katanga intervient dans un contexte où de nombreux accidents similaires mettent en lumière la vulnérabilité des écoliers congolais.
Au-delà de l’assistance immédiate, cet événement tragique pose de cruelles questions sur la sécurité routière écoles RDC. Devant l’école Hodari 2, comme devant de nombreux établissements à Lubumbashi et ailleurs dans le pays, l’absence de passages piétons sécurisés, de ralentisseurs ou de signalisation adaptée expose quotidiennement les enfants à des dangers mortels. Les conducteurs, souvent pressés ou imprudents, ne respectent pas les limites de vitesse à proximité de ces zones sensibles. “Nous alertons les autorités depuis des années, mais rien ne change”, déplore un enseignant qui préfère garder l’anonymat par crainte de représailles.
La justice accident circulation RDC sera-t-elle à la hauteur des enjeux ? L’arrestation du chauffeur présumé responsable est un élément crucial, mais elle ne suffit pas. Les familles des victimes attendent une procédure juste et transparente, qui serve d’exemple pour dissuader d’autres comportements dangereux. Parallèlement, la société civile et les associations de parents d’élèves réclament des mesures concrètes : installation systématique de ralentisseurs, présence d’agents de circulation aux heures d’entrée et de sortie, campagnes de sensibilisation auprès des conducteurs et des élèves.
Le drame de l’école Hodari 2 n’est malheureusement pas un cas isolé. Il reflète une problématique nationale où la négligence et le manque d’infrastructures coûtent la vie à des innocents. Chaque enfant perdu est un avenir volé, une famille brisée, une communauté traumatisée. Les autorités provinciales et nationales doivent urgemment prioriser la protection des piétons, surtout les plus jeunes, en révisant les politiques de sécurité routière et en allouant des budgets spécifiques à l’aménagement des abords scolaires.
En attendant, les cours ont repris à Hodari 2, mais l’ombre de la tragédie plane. Les rires des enfants sont assourdis par le souvenir de leurs camarades disparus. Ce accident élèves Lubumbashi doit servir de catalyseur pour un changement profond. La vie de nos enfants ne peut pas être laissée au hasard d’une route dangereuse. Il est temps d’agir, avant que d’autres larmes ne coulent.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
