Massacres de civils à Djugu, enlèvements d’enfants et de femmes à Kinshasa ou Rutshuru, crise alimentaire extrême dans l’Est, psychose dans les rues et prisons surpeuplées : à travers la RDC, tout rappelle cette semaine à quel point notre société est en détresse. Pourtant, au sommet de l’État, le débat s’égare — la gouvernance s’enlise dans des querelles de révision constitutionnelle, pendant que la vie du peuple s’abîme. L’alerte est claire : nous ne pouvons plus détourner le regard de l’essentiel.
La brûlure de l’actualité sur ces sept derniers jours en RDC, c’est d’abord la spirale de violence et d’insécurité. Dans le Nord-Kivu, les affrontements entre AFC/M23 et groupes d’autodéfense s’intensifient, s’ajoutant aux attaques de drones à Goma, Beni ou Kisangani, parfois ciblant même des humanitaires. Des localités entières comme Kalehe, Djugu, Masisi ou Isangi ploient sous la faim, les épidémies et la peur. Les déplacés de guerre s’entassent dans la précarité, criant à l’aide à Lubumbashi ou Mahagi — souvent invisibles, rarement secourus. Le spectre du conflit brouille la vie du Nord à l’Est du pays, aggravant la misère dans toutes les provinces.
Dans la capitale, l’angoisse grandit aussi : multiplication des rapts, enfants retrouvés morts, embouteillages monstrueux sur des routes en ruine, scandales autour du gâchis de l’eau potable, pénurie chronique et flambée des prix. À cela s’ajoutent les épidémies (choléra, rougeole, Mpox), la surpopulation carcérale d’Ilebo et Makala, la psychose de la justice populaire, ou la mort d’une fillette par balle dans l’indifférence des autorités. Le tout sur fond de pénuries d’électricité et d’un climat d’impunité généralisée.
Mais que fait la classe dirigeante ? À l’Assemblée et au Sénat, la grande affaire qui semble hanter la société politique reste la révision de la Constitution, ou pire, la rumeur d’un troisième mandat. Tensions, motions de défiance, motions de soutien, querelles intestines éclipsent la seule véritable urgence : la protection du peuple congolais. Dans le même temps, des rapports accablants du BCNUDH dressent le tableau d’un système judiciaire à l’agonie, entre disparitions forcées, détentions arbitraires et perte des dossiers de violences sexuelles à l’Est.
L’État s’exténue dans la paperasse parlementaire ou dans l’attente de conventions internationales, alors que sur le terrain, l’armée peine à garantir l’intégrité du territoire. Les partenaires internationaux multiplient les pressions, des sanctions tombent contre Kigali, mais le dialogue régional s’enlise. La société civile et les femmes, dans des mobilisations éclairantes à Goma, Bunia ou Beni, réclament la paix et l’action — mais sont-elles seulement écoutées ?
Ce panorama est cruel, mais il oblige. La RDC ne peut survivre à ces crises simultanées qu’en recentrant toutes ses forces sur la sécurité, la solidarité concrète et le rétablissement des services essentiels à la population. La priorité des priorités doit être le sauvetage du tissu social, non la danse institutionnelle. Le peuple attend plus d’exemplarité, de transparence, de courage dans l’action gouvernementale, et moins de débats stériles sur la loi fondamentale pendant qu’il saigne chaque jour.
Ce que montre cette semaine, c’est la nécessité absolue que la RDC se rassemble autour des fondamentaux : sauver la vie et la dignité de chacun, remettre l’État au service du peuple, et redonner confiance aux citoyens comme aux fonctionnaires de terrain. Ce défi n’est pas seulement l’affaire d’un gouvernement : il concerne chaque Congolais, chaque leader local, chaque partenaire international sincère. Exigeons que la sécurité de notre société soit la boussole de nos institutions — car l’Histoire jugera ceux qui auront osé détourner les yeux à l’heure du danger.
— La Rédaction de CongoQuotidien
