AccueilActualitéSociétéKinshasa sous le choc : une fillette de 17 mois tuée par...

Kinshasa sous le choc : une fillette de 17 mois tuée par balles à Nsele, la mère dénonce l’inaction des autorités

Le cri d’une mère déchire le silence de la nuit kinoise. Esther Ndomba serre contre elle le vide laissé par sa fille Allegria, âgée d’à peine un an et cinq mois. Dans la nuit du 8 au 9 mars, l’impensable a frappé sa famille au cœur du quartier Ngina, dans la commune de la Nsele. Des bandits armés, déterminés et violents, ont transformé leur domicile en scène de crime. Aujourd’hui, entre douleur et colère, elle interpelle une société et des autorités qui semblent l’avoir abandonnée. Comment en est-on arrivé là ? Comment une simple tentative de cambriolage peut-elle se solder par la mort d’un tout-petit ?

L’attaque, d’une brutalité inouïe, s’est déroulée avenue Bosembo. Des individus non identifiés ont d’abord escaladé le mur de la parcelle. Méthodiques, ils ont commencé par sceller les portes des voisins, les empêchant de sortir ou d’intervenir. Puis, ils se sont rués sur la porte de la famille Ndomba. Face à la résistance de la porte, qu’ils ont tenté de défoncer à coups de pierre, la frustration a viré à la folie meurtrière. « Dans cette colère, ils ont tiré en rafale », raconte d’une voix brisée Esther Ndomba dans une interview exclusive. « L’une des balles m’a atteint au niveau du pied, et l’autre a tué ma fille. Et c’est quand mes frères se sont mis à crier qu’ils ont pris fuite ».

Le récit de cette mère bouleversée, Esther Ndomba interview, est un poignard planté dans la conscience collective. Elle soulève des questions qui dépassent son drame personnel. Pourquoi ces bandits Nsele agissent-ils avec une telle impunité ? Où étaient les forces de l’ordre, alors que les détonations ont retenti dans la nuit ? « Ils tiraient tellement en désordre qu’il me semble qu’ils avaient une cible », soupçonne-t-elle, évoquant la possibilité d’une attaque préméditée. Avec une amertume palpable, elle ajoute : « S’ils avaient besoin de quelque chose, nous avons deux motos qu’ils pouvaient prendre ». Ces paroles révèlent l’absurdité d’une violence qui semble gratuite, transformant un vol en tragédie irréparable.

Depuis cette nuit tragique, le silence des autorités résonne comme une seconde peine pour la famille. Aucune arrestation n’a été annoncée, aucune enquête approfondie ne semble mobiliser les services de police. Le bourgmestre de la Nsele a bien rendu une visite de courtoisie, promettant une prise en charge des obsèques et une aide de 500 dollars. Mais les promesses, comme souvent, se sont évaporées dans les limbes administratifs. « Cette histoire me dépasse, d’autant qu’on a jusque-là pas pu identifier ces gens-là », déplore Esther Ndomba, abandonnée à son deuil et à son sentiment d’injustice.

Ce meurtre fillette Kinshasa n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une vague d’insécurité Kinshasa 2025 qui étend son emprise sur la capitale. Depuis plusieurs mois, les Kinois vivent avec la peur au ventre. Les braquages, les visites domiciliaires de bandits et, phénomène plus récent et terrifiant, les enlèvements contre rançon, créent une psychose généralisée. L’opération « Ndobo », sensée être l’hameçon pour piéger les criminels, semble impuissante à endiguer la montée de la violence. Comment expliquer que dans certains quartiers, la loi du plus fort semble avoir remplacé celle de la République ?

La visite de réconfort de l’opposant Martin Fayulu et de l’activiste Joël Lamika, jeudi dernier, a mis en lumière l’abandon dans lequel sont laissées les victimes. Elle contraste cruellement avec l’absence des responsables en poste. Cette tragédie pose une question fondamentale : jusqu’où l’insécurité doit-elle monter pour que les autorités urbaines et nationales réagissent avec la fermeté et l’efficacité que les citoyens sont en droit d’attendre ? La vie d’un enfant, celle d’Allegria Bidinga Ndudia, a été fauchée dans l’indifférence quasi générale des institutions.

Le drame de la Nsele est un symbole tragique de l’état de déliquescence sécuritaire dans certains quartiers de Kinshasa. Il rappelle que derrière les statistiques et les communiqués officiels, il y a des vies brisées, des familles détruites et un sentiment d’abandon qui mine le contrat social. Tant que l’impunité restera la règle pour les auteurs de ces violences, et tant que la réponse de l’État se limitera à des promesses non tenues, la confiance des Kinois ne pourra être restaurée. Le cri d’Esther Ndomba est plus qu’un cri de douleur ; c’est un cri d’alarme pour toute une capitale qui suffoque sous le poids de la peur.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 13 Mars 2026

RDC : hausse inédite des violations des droits humains alertée par l’ONU, tensions sociales chez Transco autour des salaires, tragique attaque minière en Ituri, échange massif de prisonniers dans l’Est grâce au CICR, Vital Kamerhe mobilise le Parlement, le gel judiciaire frappe l’Université Mapon de Kindu, et la santé des seniors devient un enjeu de société à Kinshasa. Un panorama resserré de l'essentiel à retenir ce 13 mars 2026.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques