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Masisi : Un centre de formation professionnelle ouvre à Kitshanga pour l’autonomie des femmes

« Avant, je survivais. Demain, je pourrai construire. » C’est avec ces mots chargés d’espoir qu’Amahoro Desange accueille la matérialisation d’un rêve collectif pour les femmes de Kitshanga. Dans un territoire meurtri où l’ombre de l’insécurité plane souvent sur l’avenir, une lueur concrète vient de s’allumer : l’installation, jeudi 12 mars, d’un espace communautaire d’apprentissage des métiers, fruit de l’initiative de l’organisation humanitaire Dan Church Aid (DCA). À Kitshanga, en plein cœur de la chefferie de Bashali dans le Masisi, ce centre n’est pas qu’un bâtiment ; c’est le symbole d’une résilience qui cherche à s’armer de compétences plutôt que de subir son destin.

Comment redonner du pouvoir à celles qui en sont traditionnellement privées ? La réponse, ici, prend la forme de machines à coudre, de fours et de matériel de tissage. Le centre servira de lieu de formation professionnelle pour les femmes et jeunes filles de la cité et de ses environs, avec des enseignements pratiques en pâtisserie, coupe-couture et tissage de paniers. Des métiers choisis pour leur potentiel immédiat à générer des revenus, même avec des moyens limités. Pour ces femmes rurales du Nord-Kivu, souvent confinées à des rôles de subsistance précaire, l’accès à une formation qualifiante représente bien plus qu’un savoir-faire : c’est une clé pour l’autonomie.

« Nous sommes très heureuses de voir ce centre ouvrir ses portes. Beaucoup de femmes ici n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre un métier », confie Amahoro Desange, vice-secrétaire du comité de gestion. Son témoignage, simple et direct, résume des années de frustration. Dans le territoire de Masisi, les femmes sont le pilier invisible de l’économie domestique, portant sur leurs épaules l’agriculture familiale et les petits commerces. Pourtant, leur potentiel entrepreneurial est systématiquement freiné par un manque criant d’opportunités. Pas d’école, pas de centre, pas d’alternative. L’initiative de Dan Church Aid à Kitshanga vient combler ce vide, en offrant un cadre structuré d’échanges et d’apprentissage.

Mais l’ambition dépasse la simple transmission de compétences. « Notre souhait est que chaque femme qui passe par ce centre puisse acquérir des compétences qui lui permettront de soutenir sa famille et de contribuer au développement de la communauté », poursuit Amahoro Desange. Le projet s’inscrit dans une logique d’inclusion et de solidarité féminine, promettant un accès sans discrimination. Dans une région où les clivages peuvent être nombreux, ce centre se veut un espace de reconstruction du lien social, où la collaboration remplace la concurrence pour la survie.

L’autonomisation des femmes en milieu rural est-elle la clé d’un développement plus stable pour le Masisi ? Les promoteurs du projet en sont convaincus. En renforçant les capacités économiques des femmes, c’est toute la cellule familiale qui se consolide, rendant les communautés plus résilientes face aux chocs, qu’ils soient économiques ou liés à l’insécurité persistante dans certaines zones du territoire. Le centre d’apprentissage de Kitshanga n’est donc pas une solution miracle, mais une pierre ajoutée à l’édifice fragile de la paix sociale par le développement économique local.

Le défi, maintenant, sera la pérennité. Les bénéficiaires nourrissent l’espoir de voir ce projet s’inscrire dans la durée et s’élargir à d’autres activités génératrices de revenus. La réussite de ce centre de formation professionnelle pour les femmes de Masisi pourrait servir de modèle et inspirer des initiatives similaires dans d’autres localités du Nord-Kivu. L’enjeu est de taille : transformer l’essai d’une aide humanitaire ponctuelle en un levier durable d’émancipation. À Kitshanga, des mains qui ont longtemps cultivé la terre apprendront désormais à pétrir, coudre et tisser leur propre indépendance. L’histoire est en train de s’écrire, une maille après l’autre.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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