Une nouvelle attaque armée a plongé la région de l’Ituri dans l’effroi. Dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 mars, le carré minier de Mutchatcha, situé dans le territoire de Mambasa, a été violemment pris pour cible par des hommes armés non identifiés. Les assaillants ont semé la mort et la désolation dans cette zone stratégique, à environ 165 kilomètres au sud-ouest de Bunia. L’événement confirme la persistance d’une insécurité Mambasa endémique qui mine le développement de la province.
Selon les premiers éléments rapportés par la coordination provinciale de la Société civile forces vives de l’Ituri, le bilan humain est lourd, bien que toujours provisoire. Plusieurs personnes auraient perdu la vie lors de cette incursion nocturne. Les dégâts matériels sont, quant à eux, considérables. Les habitations des populations locales n’ont pas été épargnées, plusieurs d’entre elles ayant été réduites en cendres par les flammes. Le spectre de la violence s’est également abattu sur une base abritant des exploitants d’or chinois opérant dans la zone, laquelle a été spécifiquement visée et vandalisée.
Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile en Ituri, a livré un témoignage accablant. « Des hommes armés non autrement identifiés ont fait incursion à Mutchatcha et auraient tué plusieurs personnes. Plusieurs maisons sont parties en fumée, notamment la base de Chinois qui exploitent l’or dans cette partie du territoire », a-t-il déclaré. Cette attaque Mutchatcha ciblant directement l’exploitation or chinois Ituri soulève de sérieuses questions sur la sécurité des investissements et des travailleurs dans ce carré minier Ituri réputé. Comment une telle violence peut-elle encore frapper en plein cœur d’une zone d’activité économique ?
La situation sur le terrain demeure extrêmement confuse et volatile. Au moment où la société civile Ituri a pu alerter l’opinion, les assaillants étaient toujours signalés dans les environs immédiats de la zone attaquée. Cette présence continue des agresseurs entrave considérablement l’accès aux lieux du drame, empêchant toute évaluation précise et définitive du bilan. Les habitants des chefferies voisines, terrifiés, n’ont pas encore pu se rendre sur place pour constater l’étendue des dégâts ou rechercher d’éventuels survivants. L’incertitude est totale, tant sur le nombre exact de victimes que sur l’ampleur des biens détruits.
Face à cette recrudescence de violence, la société civile lance un cri d’alarme et exige une réponse immédiate et ferme des autorités. Dieudonné Lossa a lancé un appel pressant : « Nous invitons l’autorité provinciale, à travers ses services spécialisés, à prendre des dispositions pour arrêter, une fois pour toutes, les massacres de la population civile, les pillages et les incendies des biens ». Cet appel résonne comme une demande de protection urgente pour des populations civiles prises en étau entre des groupes armés et une activité économique qui attire toutes les convoitises. Jusqu’où faudra-t-il attendre pour voir une action décisive des forces de l’ordre ?
Pour l’heure, l’armée congolaise n’a pas officiellement confirmé les informations relatives à cette attaque. L’absence de communication des services de sécurité laisse planer un voile d’incertitude sur la gestion de cette crise. Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire déjà très dégradé dans la province de l’Ituri, où divers groupes armés sèment régulièrement la terreur. La vulnérabilité des sites miniers, sources de richesses mais aussi de conflits, est une fois de plus cruellement exposée. La région de Mambasa peut-elle retrouver un semblant de paix sans un déploiement sécuritaire robuste et une gouvernance minière transparente ?
Les événements de Mutchatcha rappellent avec amertume la fragilité de la paix dans l’est de la République Démocratique du Congo. Ils mettent en lumière les défis colossaux liés à la sécurisation des zones d’exploitation des ressources naturelles. La répétition de tels incidents menace non seulement la vie des citoyens mais aussi la stabilité économique de toute une région. La réponse des autorités provinciales et nationales sera scrutée à la loupe par une société civile et une population épuisées par des années de violence. L’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action concrète sur le terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
