Coup de tonnerre au cœur du football congolais ! La Ligue nationale de football (LINAFOOT) a brandi l’étendard de la discipline en sanctionnant lourdement deux de ses géants. À la suite des graves incidents qui ont entaché le derby de Lubumbashi, le TP Mazembe et le FC Lupopo écopent chacun d’un forfait. Une décision radicale rendue publique ce mercredi 11 mars, qui frappe de plein fouet la fierté du football katangais et envoie un message sans équivoque à l’ensemble du championnat.
Le stade Kamalondo, théâtre habituel de grandes liesses, s’est transformé en arène de chaos ce dimanche maudit. Que s’est-il donc passé pour que la ferveur sportive dérape ainsi ? Le choc entre les Corbeaux et les Cheminots, toujours passionné, a basculé dans la violence pure. Des projectiles ont fusé des tribunes, visant notamment les cages, provoquant un mouvement de panique et obligeant les forces de l’ordre à intervenir. Le spectacle n’avait plus rien de sportif, contraignant l’arbitre à arrêter définitivement la rencontre. Les images des dégradations au stade Kamalondo ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant indignation et consternation.
Face à cette situation intolérable, la LINAFOOT n’a pas tergiversé. Son verdict est tombé, lourd et sans appel. Le TP Mazembe forfait, le FC Lupopo forfait. Les deux rivaux historiques perdent donc les points de ce match, une sanction sportive qui pèse lourd dans la course au titre. Mais les instances disciplinaires ne se sont pas arrêtées là. Souhaitant prévenir toute récidive, elles ont également ordonné la délocalisation des trois prochains matchs à domicile de chaque club. Adieu, pour un temps, l’avantage de son antre pour Mazembe et Lupopo. Une mesure inédite qui vise à assainir l’atmosphère et à garantir la sécurité des joueurs et du public.
Le portefeuille des clubs est aussi mis à contribution. Les deux formations lushoises sont condamnées à une amende colossale de 15 000 dollars américains chacune. Une somme qui servira, en partie, à couvrir les frais de réparation des dégâts matériels subis par l’enceinte du Kamalondo. La facture des violences est salée, très salée. Dans un registre plus insolite, le gardien des Corbeaux n’a pas non plus été épargné. Il doit s’acquitter d’une amende de 200 USD pour des faits liés à l’utilisation présumée de « gris-gris », une pratique mystique formellement interdite par le règlement. La LINAFOOT, visiblement, nettoie les terrains sur tous les fronts.
À travers cet arsenal de sanctions, que cherche réellement la fédération ? Un simple retour à l’ordre, ou une refonte en profondeur des mentalités ? Cette décision disciplinaire forte vise clairement à éradiquer la culture du débordement qui gangrène parfois le football national. Elle sert d’avertissement à tous les clubs : les écarts de comportement, qu’ils viennent des joueurs, du staff ou des supporters, auront désormais des conséquences extrêmement coûteuses, sportivement et financièrement. Le message est passé, cinq sur cinq.
Malgré cette tempête, la hiérarchie sportive du groupe A reste, pour l’instant, inchangée. Le TP Mazembe, avec ses 52 points, conserve la tête du classement. Son dauphin, le FC Lupopo, reste solidement accroché à la deuxième place avec 45 unités. Cependant, ce forfait commun pourrait-il, à la longue, redistribuer les cartes ? La pression est désormais maximale sur les épaules des deux protagonistes, contraints de briller à l’extérieur et de calmer l’ardeur de leurs tifosi. La route vers le titre est semée d’embûches, et la dernière en date est d’ordre disciplinaire.
L’avenir nous dira si cette leçon sévère portera ses fruits. Les clubs vont-ils intenter un recours ? Les supporters comprendront-ils que leur passion doit rester dans le cadre du jeu ? Une chose est sûre : le derby de Lubumbashi a perdu, ce jour-là, bien plus qu’un simple match. Il a perdu un peu de son âme. La balle est maintenant dans le camp des dirigeants et des fans pour restaurer l’honneur du football katangais et éviter que le stade Kamalondo ne revive un tel cauchemar. La LINAFOOT, elle, a montré qu’elle tenait la bride serrée.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
