Le mercredi 11 mars marque un tournant économique pour les provinces de la Lomami et du Kasaï-Oriental avec la reprise officielle du trafic sur la rivière Kalelu. Cette reprise trafic fluvial stratégique, matérialisée par la remise en service du bac Kasansa, rétablit une liaison Lomami Kasaï-Oriental vitale après plusieurs semaines de paralysie. Comment une simple traversée peut-elle être le baromètre du développement régional ? La réponse se trouve dans les flux commerciaux désormais ressuscités et dans le soulagement palpable des populations riveraines.
Cette résurrection économique fait suite à une suspension drastique ordonnée après le tragique accident traversée rivière survenu le 13 février. Un mini-bus, ayant tenté une traversée périlleuse en dehors des infrastructures officielles, avait été emporté par les eaux, mettant en lumière les dangers extrêmes de l’isolement. Cet événement dramatique a servi de catalyseur, forçant une prise de conscience collective sur l’impérieuse nécessité de sécuriser cet axe tout en le rendant fonctionnel. La décision de rouvrir le bac ne relève donc pas d’un simple geste administratif, mais d’une mesure corrective essentielle pour la sécurité publique et la santé économique interprovinciale.
La cérémonie de lancement, symbole de cette nouvelle ère, a vu la convergence des autorités des deux provinces. Élysé Kabuya, ministre provincial de l’Économie et des Finances du Kasaï-Oriental, a joint ses efforts à ceux des représentants du territoire de Ngandajika et de la Direction générale des recettes de Lomami (DGRLO). Cette présence conjointe souligne l’importance transfrontalière de l’infrastructure. Le bac assurera désormais un service régulier, de 07h00 à 18h00 quotidiennement, cadencant ainsi la vie économique locale.
André Nyembue, Directeur général de la DGRLO, a livré une analyse percutante de l’impact économique : « Cette reprise va permettre aux populations des deux provinces de circuler librement, tout en favorisant les échanges commerciaux et la circulation des marchandises. C’est un axe stratégique pour nos économies locales. » Sa déclaration résume l’enjeu : le bac Kasansa n’est pas qu’un pont flottant ; il est une artère économique. La libre circulation des personnes et des biens est le préalable indispensable à toute dynamique de marché intégrée, permettant aux producteurs agricoles de la Lomami d’écouler leurs récoltes vers les centres de consommation du Kasaï-Oriental, et inversement pour les produits manufacturés.
Sur le terrain, la reprise se traduit par un soulagement tangible. Les deux rives de la rivière Kalelu ont été le théâtre d’explosions de joie, mettant fin à un calvaire logistique pour les opérateurs économiques et à l’isolement des familles. Cet axe, souvent comparé à une colonne vertébrale économique, était fracturé, causant une inflation des coûts de transport et une pénurie de certains biens. Son rétablissement injecte une liquidité nouvelle dans les échanges locaux. La liaison Lomami Kasaï-Oriental fonctionne à nouveau comme un régulateur des prix et un accélérateur d’activités.
La sécurité, devenue l’impératif cardinal, a été placée au cœur du nouveau dispositif. Les autorités ont insisté sur le respect strict des horaires et des charges maximales autorisées pour le bac Kasansa. Cette vigilance renforcée vise explicitement à empêcher qu’un nouveau drame ne vienne entraver ce flux retrouvé. La leçon de février a été apprise : la croissance économique ne peut se construire sur le sacrifice de vies humaines. Ainsi, la reprise trafic fluvial s’accompagne d’un cadre réglementaire plus contraignant, transformant la traversée d’un pari risqué en un service public fiable.
À plus long terme, la revitalisation de cette liaison Lomami Kasaï-Oriental ouvre des perspectives significatives. Elle permet d’envisager une intégration économique plus poussée entre les deux provinces, potentiellement attractive pour de petits investissements dans le secteur du transport et de la logistique. La fluidité retrouvée des écomes stimule la productivité et pourrait, à terme, contribuer à une hausse du produit intérieur brut local. Cependant, la pérennité de ce succès dépendra de la maintenance régulière de l’infrastructure et du maintien d’une discipline collective.
En conclusion, la remise en service du bac Kasansa sur la rivière Kalelu est bien plus qu’une nouvelle anodine. Elle représente une correction de cap essentielle après le tragique accident traversée rivière. En sécurisant et en officialisant ce passage, les autorités provinciales n’ont pas seulement rétabli une route ; elles ont redonné un rythme à l’économie locale, démontrant que les infrastructures de base restent les fondations incontournables de tout développement. L’avenir de cette reprise trafic fluvial se jouera désormais dans sa capacité à soutenir durablement les échanges tout en garantissant la sécurité absolue des usagers, condition sine qua non de la confiance et de la prospérité partagée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
