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Leadership féminin RDC : Le Salon de la jeune fille forme les influenceuses de demain

« Il n’y a pas de cadeau, il faut faire des efforts. » La phrase de Tina Salama, porte-parole du Président de la République, résonne encore dans l’amphithéâtre de l’Université Catholique au Congo. Face à elle, des centaines de jeunes étudiantes, suspendues à ses lèvres, cherchant dans le parcours de cette femme d’influence le miroir de leur propre avenir. Cette scène, vibrante d’espoir et de détermination, a marqué la clôture de la deuxième édition du Salon de la jeune fille, un événement devenu incontournable pour discuter de leadership féminin en RDC. Comment ces futures diplômées peuvent-elles se préparer à impacter une société congolaise en pleine mutation, souvent exigeante et compétitive ?

Pendant deux jours, l’espace d’échange a battu au rythme des conférences et des témoignages, tous axés sur le thème « Impacter pour influencer ». Loin d’être un simple slogan, cette formule a servi de fil rouge à des discussions profondes sur l’engagement citoyen, la confiance en soi et les stratégies pour accéder aux postes de décision. L’objectif était clair : offrir aux participantes non pas des rêves inaccessibles, mais des modèles concrets et des outils pratiques. En effet, dans un pays où les inégalités de genre persistent, l’éducation des jeunes filles et leur préparation au monde professionnel constituent un enjeu de développement majeur.

Tina Salama a insisté sur ce point avec une franchise décapante. « La société d’aujourd’hui devient de plus en plus compétitive. Il faut des femmes capables et compétentes », a-t-elle lancé, rappelant que la politique de promotion du genre du Chef de l’État ouvre des portes, mais ne dispense pas de l’excellence. « On nomme de plus en plus de femmes dans les postes de décision. Mais ces femmes doivent être capables, car il n’y a pas de cadeau ; elles doivent mériter ces postes, d’autant plus que les femmes sont souvent jugées doublement. » Son message est un appel à l’autonomie par le savoir. L’université, selon elle, est ce cadre essentiel où se forge cette capacité à saisir les opportunités. Mais au-delà des diplômes, que faut-il pour réellement influencer son environnement ?

La réponse est peut-être venue d’Elo Walha, directrice de cabinet au ministère de la Jeunesse, qui a élargi la notion d’impact. « On peut impacter par le silence, par sa posture, par son sourire, par sa parole ou encore par son habillement », a-t-elle expliqué, invitant les jeunes femmes à une réflexion introspective. « Impacter, c’est ne pas avoir peur de se salir pour élever l’autre. Il faut d’abord travailler sur soi-même avant de chercher à donner. » Cette vision holistique du leadership, où l’être précède le faire, offre une perspective rafraîchissante dans un monde souvent obsédé par la performance visible. Elle questionne : et si l’émancipation des femmes à Kinshasa passait aussi par une révolution des mentalités et des comportements quotidiens ?

Dans cette quête d’un modèle de société plus équilibré, la contribution des hommes a été évoquée avec force par Lydie Omanga, vice-présidente de l’Arptc. Saluant les échanges sur la masculinité positive, elle a rappelé une évidence trop souvent oubliée : « Les hommes et les femmes ne sont pas ennemis, mais plutôt des alliés qui doivent travailler ensemble. Les questions sur les droits des femmes ne concernent pas uniquement les femmes. Les hommes conscients sont également concernés par ces questions. » Cette prise de position, dans le cadre d’un Salon de la jeune fille, est significative. Elle brise le mythe d’un féminisme exclusif et pose les bases d’une collaboration nécessaire pour déconstruire les stéréotypes et bâtir une communauté plus inclusive.

Alors, que retenir de cette deuxième édition organisée au sein de l’Université Catholique Congo ? Plus qu’une simple série de discours motivants, ce salon a fonctionné comme un laboratoire d’idées pour la future élite féminine du pays. Il a mis en lumière un paradoxe congolais : une jeunesse féminine avide de réussite et pleine de talents, mais qui doit encore combattre des plafonds de verre socioculturels et institutionnels. Les intervenantes, par leurs parcours, ont montré que ces barrières peuvent être franchies, mais au prix d’une formation solide, d’une résilience à toute épreuve et d’une vision claire de son identité.

L’enjeu, finalement, dépasse la réussite individuelle. Il s’agit de former une génération de femmes qui, en impactant leurs sphères immédiates – famille, université, futur lieu de travail – influenceront positivement tout le tissu social de la République Démocratique du Congo. Le salon se clôt, mais le travail ne fait que commencer. La balle est désormais dans le camp de ces jeunes filles, armées de nouveaux repères, pour écrire leur propre histoire et, ce faisant, participer à la transformation de leur nation. Le chemin vers un leadership féminin RDC fort et respecté est encore long, mais des espaces comme celui-ci en tracent résolument la route.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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