AccueilActualitéSecuritéNord-Kivu : pillage d'un convoi commercial à Lukoma, l'AFC/M23 pointée du doigt

Nord-Kivu : pillage d’un convoi commercial à Lukoma, l’AFC/M23 pointée du doigt

La circulation des biens et des personnes dans l’est de la République Démocratique du Congo est une nouvelle fois entravée par la violence armée. Ce lundi 9 mars, un convoi de commerçants reliant Goma à Walikale a été sauvagement pillé par des hommes armés non identifiés. L’attaque s’est produite dans la localité de Lukoma, précisément à Banaulengo, près de Kikamata 2, dans le groupement Luberike en territoire de Walikale. Cette zone, stratégique pour l’approvisionnement du Nord-Kivu, est réputée pour son insécurité chronique.

Selon plusieurs sources locales concordantes, les événements se sont déroulés sur le tronçon routier reliant Kashebere à Kibati. Il s’agit d’un axe vital pour l’économie locale, récemment rouvert à la circulation après une période de fermeture due aux activités des groupes rebelles. Les commerçants, transportant leurs marchandises principalement sur des motos, ont été pris au piège d’une embuscade minutieusement préparée. Les assaillants, profitant de l’isolement du lieu, ont surgi et procédé au pillage systématique des biens.

Les témoignages recueillis auprès des victimes dressent un tableau alarmant de la scène. Des hommes lourdement armés ont encerclé le convoi, semant la panique parmi les voyageurs. Sous la menace des armes, les commerçants ont été contraints de remettre leurs valeurs. Les pertes matérielles sont lourdes : des sommes d’argent importantes, des dizaines de téléphones portables et divers biens de valeur contenus dans les colis ont été emportés par les pillards. Après leur forfait, ces derniers se sont évanouis dans la nature, laissant derrière eux des victimes désemparées et démunies. Malgré le choc et les pertes subies, le convoi a finalement repris la route vers Walikale, illustrant la résilience forcée des populations face à l’insécurité.

La localisation de cette attaque est particulièrement significative. La zone de Lukoma est actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Bien qu’aucune revendication formelle n’ait été immédiatement enregistrée, cet incident place une fois de plus ce groupe au cœur des préoccupations sécuritaires dans le territoire de Walikale. Les habitants et les acteurs économiques se demandent avec anxiété : jusqu’où ira la recrudescence des violences sur cet axe commercial crucial ?

Ce cas de pillage intervient dans un contexte particulièrement fragile. Il survient moins d’une semaine après la reprise officielle du trafic sur cet axe, suscitant des inquiétudes quant à la durabilité de la réouverture. Les autorités locales avaient pourtant assuré des mesures de sécurisation. Cet échec souligne la persistance des défis sécuritaires dans la région. Il s’agit du premier incident de ce type signalé sur le tronçon Kashebere–Kibati depuis le début de l’année 2026, marquant une rupture inquiétante après une période d’accalmie relative.

Cet événement n’est malheureusement pas un cas isolé dans l’histoire récente de Lukoma. En 2025, la même zone avait été le théâtre de plusieurs actes de banditisme et de pillages attribués à différentes factions armées opérant dans les environs de Walikale. La répétition de ces méfaits pose la question de l’efficacité des mécanismes de protection des civils et du libre commerce. L’insécurité Nord-Kivu, particulièrement dans ces zones rurales et forestières, continue d’être un frein majeur au développement économique et à la stabilité sociale.

Les conséquences de cette attaque vont au-delà du préjudice immédiat subi par les commerçants. Elle risque de décourager les échanges entre Goma et Walikale, faisant grimper les prix des denrées et affectant les moyens de subsistance de milliers de familles. La peur d’un nouveau pillage Walikale pourrait conduire à une paralysie partielle de cet axe économique. Les appels à un renforcement urgent de la présence des forces de l’ordre et à une collaboration accrue avec les milices locales pour sécuriser les routes se font de plus en plus pressants parmi la population et les associations de la société civile.

Alors que les enquêtes sont presumably en cours pour identifier et appréhender les auteurs de ce méfait, la priorité reste la sécurisation des artères commerciales. La communauté internationale, souvent témoin de ces cycles de violence, observe-t-elle avec assez d’attention la détérioration de la situation humanitaire dans ces territoires ? L’incident de Lukoma sert de rappel cruel que, malgré les discours sur la paix, la réalité sur le terrain pour les Congolais du Nord-Kivu reste marquée par la précarité et la menace permanente des armes. La route vers la stabilité dans la région des Grands Lacs semble encore longue et semée d’embûches.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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