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Nord-Kivu : Les femmes de Beni s’engagent comme actrices incontournables de la paix

Les chants d’espoir résonnaient encore dans l’air lourd de Beni, ce dimanche 8 mars. Des centaines de voix de femmes s’élevaient au sein de l’église adventiste de Madrandele, transformant un simple lieu de culte en un vibrant symbole de résilience. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ces dernières, principales victimes des violences incessantes au Nord-Kivu, ont choisi de ne plus être seulement des spectatrices de leur propre tragédie. Elles ont décidé de prendre la parole, de s’engager corps et âme dans le combat pour la paix. Comment leur voix, longtemps étouffée par le bruit des armes, peut-elle aujourd’hui devenir le moteur du changement dans une région meurtrie ?

Le culte de méditation à Beni était bien plus qu’une cérémonie religieuse ; c’était un acte politique, un rassemblement stratégique où la foi servait de socle à une détermination inébranlable. Chants et cantiques se sont mêlés à des témoignages poignants, chacun racontant une histoire de survie, de perte, mais aussi de force inédite. L’émotion était palpable, chargée du poids des années de conflits et de l’urgence d’un avenir meilleur. Ces femmes, piliers invisibles de leurs communautés, ont transformé leur douleur en une promesse collective d’action. Elles ont posé un geste fort : leur engagement pour la paix en RDC n’est pas une simple déclaration d’intention, c’est une feuille de route pour la reconstruction.

Au cœur de cette mobilisation se trouve Ruth Sabuni, cheffe du bureau genre, famille et enfants à Beni. Sa voix, claire et ferme, a porté le message central de la journée. « Nous voudrions réitérer notre engagement ferme à accompagner les efforts du gouvernement provincial dans la recherche durable de la paix », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle essentiel des femmes comme actrices de cohésion sociale et de résilience communautaire. Son discours est le reflet d’une conviction profonde : la paix durable au Nord-Kivu est une œuvre collective qui ne peut s’ériger sans la pierre angulaire que constituent les femmes. Ce n’est pas une question d’assistance, mais de reconnaissance de leur expertise et de leur pouvoir d’agir sur le terrain, dans les familles et les quartiers.

Mais cet engagement soulève une question fondamentale : pourquoi faut-il attendre une journée internationale pour que cette parole soit mise en lumière ? Ces femmes contribuent silencieusement mais efficacement chaque jour à reconstituer le tissu social déchiré. Elles sont les premières à panser les blessures invisibles, à maintenir un semblant de normalité dans un climat d’instabilité permanente. Leur présence à ce culte, aux côtés des autorités provinciales et des responsables des services étatiques, est un signal fort envoyé aux décideurs : elles sont prêtes à la collaboration, mais exigent d’être considérées comme des partenaires à part entière dans les processus de paix et de développement.

La visite aux veuves de militaires dans le quartier Tamende, qui a clôturé la cérémonie, est venue rappeler la dure réalité qui sert de toile de fond à cet élan d’espoir. Elle a ancré les discours dans la vérité crue du quotidien. Cette démarche de solidarité montre que la quête de paix dans le Nord-Kivu passe aussi par la reconnaissance de toutes les souffrances et l’inclusion des plus vulnérables. L’initiative des femmes de Beni ouvre ainsi une nouvelle voie, où la spiritualité et l’action sociale se rencontrent pour créer un front uni contre l’insécurité. Leur mouvement pose les jalons d’une paix qui ne serait pas seulement l’absence de guerre, mais la construction active d’une société où chacun a sa place.

Leur démarche interroge finalement notre conception de la résolution des conflits. Trop souvent, les négociations de paix sont l’affaire d’hommes autour d’une table, éloignés des réalités du terrain. L’action des femmes du Nord-Kivu pour la paix démontre que la solution est peut-être à chercher dans ces espaces communautaires, dans ces rassemblements où l’on recrée du lien avant de rédiger des accords. Leur résilience est une leçon. Elles ne demandent pas la charité, mais la reconnaissance de leur capacité à être architectes de leur avenir. L’événement de Beni n’est donc pas un point final, mais un commencement, un appel à intégrer systématiquement cette force vive dans toutes les stratégies visant la stabilisation et le développement de l’Est de la République Démocratique du Congo. Leur combat est celui de toute une nation en quête de sérénité.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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