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RDC : Judith Suminwa lance les cantines scolaires, un investissement vital pour le capital humain

Alors que le taux de couverture des cantines scolaires en République démocratique du Congo plafonne à environ 8%, une lueur d’espoir émerge de Kalemie, dans le Tanganyika. Le lancement officiel du programme national cantines scolaires RDC par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka marque-t-il un tournant décisif pour l’avenir des écoliers congolais ? C’est en tout cas la conviction profonde du gouvernement, qui voit dans l’alimentation scolaire un levier stratégique pour le développement durable. Mais comment transformer cette ambition en réalité tangible sur l’ensemble du territoire ?

Lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a martelé un message clair : investir dans l’alimentation scolaire, c’est investir dans le investissement capital humain RDC. Cette initiative, lancée symboliquement à Kalemie à l’occasion de la Journée africaine de l’alimentation scolaire, ne se veut pas un simple projet pilote. « Le choix de cantines scolaires Kalemie traduit notre conviction que le développement doit s’enraciner dans tous les territoires », a-t-elle affirmé, soulignant ainsi la volonté d’une action décentralisée et inclusive.

Concrètement, ce programme s’articule autour de la stratégie nationale alimentation scolaire 2025-2030, feuille de route destinée à structurer un système pérenne. Les objectifs sont triples : assurer la souveraineté alimentaire via l’agriculture locale, protéger la santé des élèves et garantir la durabilité du dispositif. Pour l’année scolaire 2024-2025, 164 écoles des provinces du Tanganyika, de la Lomami, du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental seront les premières bénéficiaires. Au menu : des céréales, des légumineuses, de l’huile et du sel, complétés par les productions locales.

L’impact potentiel d’une telle politique n’est plus à démontrer. Preuve à l’appui, Judith Suminwa cantines scolaires a cité l’exemple éloquent de l’école Kifungo, où une cantine fonctionne depuis 2009. Les résultats sont sans appel : les effectifs ont plus que doublé, passant de 260 à près de 600 élèves. Le taux de réussite oscille entre 80% et 90%, la rétention scolaire atteint 60% et le taux d’abandon a chuté de 6% à seulement 0,5%. « Ces succès reposent sur une collaboration exemplaire », a-t-elle souligné, mentionnant le rôle crucial du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Agence française de développement (AFD) pour l’acheminement des vivres, ainsi que l’implication active des communautés locales dans la production via des champs communautaires.

Pourtant, le chemin vers une généralisation reste semé d’embûches. La Première ministre elle-même a reconnu les défis persistants, notamment logistiques, et l’ampleur de la tâche alors que la couverture nationale est encore marginale. Comment reproduire le modèle de Kifungo à des milliers d’écoles à travers le pays ? La réponse passe par une coordination renforcée. Judith Suminwa a ainsi instruit les ministres sectoriels, en lien avec les Finances, de travailler en synergie pour élaborer un plan d’opérationnalisation détaillé sous 30 jours. Ce plan devra préciser les mécanismes de mise en œuvre, les modalités de financement et les dispositifs de suivi-évaluation.

L’approche retenue privilégie fortement la dimension communautaire. Chaque école disposera d’un Comité de parents d’élèves (COPA) et d’un comité de gestion mixte (enseignants, parents, élèves). Cette gouvernance partagée vise à favoriser l’appropriation locale et la durabilité du programme. À travers ce projet, le gouvernement central entend honorer le quatrième pilier de son Programme d’action 2024-2028, axé sur le renforcement du capital humain. Après la gratuité de l’enseignement primaire, les cantines scolaires représentent-elles la seconde révolution éducative congolaise ?

En définitive, le lancement du programme national des cantines scolaires incarne une ambition forte : faire du repas à l’école un droit accessible et un outil au service de la réussite. Les enjeux sont immenses, entre la nécessité de mobiliser des financements stables, de maîtriser les chaînes logistiques et d’impliquer toutes les parties prenantes. La réussite de ce projet structurant dépendra de la capacité des autorités à transformer la vision stratégique en actions concrètes sur le terrain. L’horizon 2030, date à laquelle le pays souhaite garantir un accès équitable à l’alimentation scolaire pour tous, paraît encore lointain, mais les premiers pas, à Kalemie et ailleurs, sont désormais engagés.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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