Le coup d’envoi des élections tant attendues des ligues de football congolaises vient d’être une nouvelle fois différé. Alors que le paysage footballistique national retenait son souffle pour les scrutins de la LIFNAJ, de la LINAFF et de la LINAFOOT initialement programmés du 9 au 11 mars 2026, le Comité de normalisation (CONOR) de la FECOFA a officiellement annoncé un report aux 6, 7 et 8 avril prochain. Une décision qui ressemble à un coup de pied de coin dans les arrêts de jeu, plongeant le processus électoral dans une zone d’incertitude aussi vaste que le territoire national.
Ce report élections ligues football RDC n’est malheureusement pas une première. Depuis plus d’une année, le calendrier électoral du football congolais subit des contretemps, des ajournements et des reports successifs qui érodent la confiance des acteurs et des supporters. Cette fois, l’arbitre a sifflé la faute. Dans une correspondance cinglante datée du 6 mars, le CONOR FECOFA a saisi les commissions électorales pour exiger un réaménagement impératif du calendrier électoral football congolais. Le motif ? Une absence criarde de moyens financiers et logistiques qui empêche matériellement la tenue d’un scrutin crédible et transparent.
« Force est cependant de constater qu’à 72 heures de la tenue des élections prévues à partir du 9, les délégués de toutes ces ligues ne sont pas encore à Kinshasa faute de moyens financiers », peut-on lire dans la missive du CONOR. Une situation surréaliste qui illustre les profonds dysfonctionnements qui minent l’organisation. Comment imaginer un match décisif sans que les équipes ne puissent se rendre sur le terrain ? C’est pourtant le scénario absurde auquel est confronté le football congolais. Les états-majors des candidats, déjà lancés dans une campagne électorale fébrile, se retrouvent stoppés net dans leur élan, contraints de patienter devant un but vide.
La racine du problème est financière, et elle porte un nom : la FIFA. Le CONOR l’affirme sans détour : « Le compte bancaire devant recevoir les fonds provenant de la FIFA, destinés à l’organisation logistique, matérielle et financière des élections, n’est pas encore ouvert et les ressources nécessaires à la prise en charge des dépenses liées à cette organisation ne sont pas disponibles. » Ce point crucial du financement FIFA élections RDC devient ainsi le principal obstacle. Sans ces fonds, pas de logistique, pas de prise en charge des délégués, pas d’élections. Un véritable cas de force majeure, indépendant de la volonté du comité de normalisation, mais qui frappe de plein fouet la crédibilité de l’instance dirigeante.
Ce nouveau LIFNAJ LINAFF LINAFOOT report pose une question fondamentale : le football congolais est-il capable de se doter d’institutions légitimes dans un cadre serein ? Les retards à répétition créent un climat de défiance et d’instabilité préjudiciable au développement du sport-roi. Les ligues, piliers de la structuration du football national, restent en stand-by, attendant des dirigeants légitimes pour impulser une nouvelle dynamique. Chaque report est une occasion perdue pour réformer, innover et relancer des compétitions qui passionnent des millions de Congolais.
Sur le terrain politique du ballon rond, l’attente se transforme en frustration. Les candidats, qui avaient déjà aligné leurs tactiques et mobilisé leurs supporters, doivent maintenant gérer un temps additionnel incertain. Cette pause forcée dans la campagne électorale risque de voir se développer les tractations en coulisses, les alliances de circonstance et un sentiment de lassitude général. Le public, lui, observe ces péripéties d’un œil de plus en plus critique. Jusqu’à quand cette partie d’échecs administrative va-t-elle durer ?
L’enjeu, pourtant, est colossal. Les élections des ligues sont une étape décisive vers la normalisation complète de la FECOFA. Elles doivent permettre d’installer des dirigeants élus, représentatifs et porteurs de projets pour le football de base, féminin et amateur. Un calendrier électoral football congolais respecté est le premier gage de cette normalisation. Le report actuel, bien que justifié par des contraintes matérielles, rappelle cruellement les vulnérabilités structurelles du système. La balle est désormais dans le camp des autorités footballistiques et de la FIFA pour débloquer rapidement les fonds et permettre enfin le démarrage effectif de la procédure. L’avenir du football congolais se joue peut-être dans ces quelques semaines de délai supplémentaire. Espérons que ce temps sera mis à profit pour construire les bases solides d’un scrutin irréprochable.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
