Le soleil de Hammamet caresse les terrains d’entraînement où, depuis le 1er mars, les Léopards handball dames de la République Démocratique du Congo mènent un stage de préparation intensif. Objectif avoué ? Se forger pour la conquête de la 27e Coupe d’Afrique des Nations, qui se déroulera du 2 au 12 décembre prochain à Tunis. Cette concentration tunisienne, loin des regards mais au cœur de l’action, marque le premier acte d’une ambitieuse campagne visant à redorer le blason d’une sélection qui ne veut plus être la belle perdante.
À la manœuvre, un homme nouveau. Le Portugais Luis Monteiro, fraîchement débarqué du SL Benfica Féminino, a pris les rênes de la sélection nationale congolaise, succédant à Clément Mashi. Sa mission est claire : insuffler une nouvelle dynamique et ciseler un collectif capable de briller sur la scène continentale. Ce stage rassemble 22 joueuses, un mélange d’expérience et de sang neuf, avec trois talents évoluant à Kinshasa et une autre dans le championnat angolais, promesse d’un brassage bénéfique. Le sélectionneur portugais de la RDC handball dispose ainsi de sa première matière première pour construire son projet.
Mais quel est l’état d’esprit de ce groupe ? La déception de la dernière CAN handball dames, organisée à domicile, est encore vive dans les mémoires. Après avoir décroché une médaille d’argent en mars 2024 lors d’un tournoi qualificatif, les Léopards avaient vu leur rêve s’évanouir en quarts de finale, battues d’un petit but par l’Égypte (22-23), pour finalement terminer à une décevante 5e place. Cette élimination a servi de électrochoc. Aujourd’hui, la page est tournée, mais la leçon est assimilée : il faut être plus fort, plus lucide, plus implacable.
La préparation CAN Tunisie orchestrée par Monteiro ne se résume donc pas à des exercices techniques. Il s’agit de forger un mental de gagnantes, d’instaurer une culture tactique moderne et de créer une cohésion à toute épreuve. Le coach portugais, habitué aux exigences du haut niveau en Europe, apporte avec lui une méthodologie et une exigence nouvelles pour les Léopards handball dames. Son défi est de taille : fusionner les individualités en une machine collective redoutable en moins d’un an.
La route vers le podium est semée d’embûches, et la compétition africaine est de plus en plus relevée. Les nations du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest ont considérablement progressé. Les Congolaises en sont-elles conscientes ? Sans aucun doute. Ce stage à Hammamet est la première pierre d’un édifice qui doit être solide. Chaque passe, chaque replacement défensif, chaque tir sont passés au crible. L’ambition est de ne plus laisser filer les matchs serrés, comme celui contre l’Égypte, et de devenir une équipe capable de maîtriser son destin jusqu’au bout du tournoi.
Les supporters congolais, passionnés et exigeants, attendent beaucoup de cette nouvelle ère inaugurée par un sélectionneur portugais RDC handball. Le handball féminin congolais possède un réservoir de talent indéniable. La clé réside désormais dans l’encadrement, la structure et la planification. Ce stage en terre tunisienne, où se jouera justement la CAN en fin d’année, est un atout précieux pour s’acclimater aux conditions et envoyer un message à l’adversaire : les Léopards sont en chasse et ne comptent pas faire de la figuration.
La question qui brûle toutes les lèvres est simple : cette génération peut-elle enfin décrocher le titre suprême, plus de vingt ans après le dernier sacre continental des Léopards ? La réponse se construit jour après jour sur les terrains d’entraînement de Hammamet. Avec un mélange de jeunes pousses avides de gloire et de cadres assoiffées de revanche, dirigées par un technicien européen, l’alchimie pourrait bien opérer. L’histoire du handball féminin RDC est en train de s’écrire, un entraînement à la fois. Le compte à rebours vers Tunis est lancé.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
