Une situation de crise inédite frappe de plein fouet des ressortissants congolais séjournant aux Émirats arabes unis. La fermeture soudaine de l’espace aérien de Dubaï et de Doha, décidée en réaction aux récentes frappes de missiles et de drones lancées par l’Iran, a créé un chaos logistique, laissant plusieurs voyageurs dans l’impasse. Parmi eux, un touriste originaire de la République Démocratique du Congo livre un témoignage poignant sur un calvaire qui dure depuis le 28 février, date à laquelle son vol retour avec Qatar Airways a été purement et simplement annulé.
Le scénario est identique pour de nombreux voyageurs congolais bloqués à Dubaï : un courriel officiel de la compagnie aérienne annonce l’annulation du vol, suivi de près par les confirmations médiatiques de la fermeture de l’espace aérien de Dubaï et de l’Iran. Les portes de sortie se referment les unes après les autres. « J’avais tout préparé pour rentrer… Et voilà que l’hôtel nous annonce qu’il y a eu des frappes, des drones ici à Dubaï », rapporte le touriste, dont l’histoire illustre la vulnérabilité des touristes pris au piège d’une crise géopolitique majeure.
Commence alors un parcours du combattant. Contraint de prolonger son séjour à ses frais, l’individu épuise rapidement ses ressources. Après avoir payé deux nuits supplémentaires, il se retrouve sans liquidités, sans crédit de communication et dépendant du Wi-Fi de l’établissement. À l’expiration de son séjour payé, l’ultimatum tombe : quitter la chambre. « J’ai été mis dehors pendant quatre, cinq heures. Je n’avais rien », confie-t-il, évoquant des heures de détresse absolue. Une fouille minutieuse de ses affaires lui permet de découvrir quelques dollars, avec lesquels il arpente la ville à la recherche d’un hébergement minimaliste. « J’ai couru d’hôtel en hôtel pour trouver le moins cher possible, juste pour une nuit, en attendant qu’on m’envoie de l’argent », explique-t-il. Un virement depuis Kinshasa lui offre un répit de cinq nuits, mais l’incertitude demeure entière quant à la suite.
Face à cette impasse, le recours à l’Ambassade de la RDC semble la seule planche de salut. Le touriste affirme avoir contacté la représentation diplomatique, qui lui a transmis des formulaires de recensement en ligne. D’autres Congolais se seraient rendus sur place, sans pour autant obtenir une solution concrète à leur problème immédiat : un rapatriement ou une aide financière d’urgence. « Jusqu’à présent, il n’y a aucune solution. On est là, on attend », résume-t-il, lassé par ces jours d’angoisse. Comment une telle situation peut-elle perdurer pour des citoyens à l’étranger ? La réponse semble liée à l’ampleur et à la soudaineté de la crise aérienne, qui dépasse les capacités d’intervention immédiate des consulats.
Consciente de la gravité de la situation, l’Ambassade de la RDC aux Émirats arabes unis a publié une note officielle le 3 mars. Le document reconnaît les « menaces potentielles de missiles » et appelle les ressortissants à une extrême prudence. Les consignes sont strictes : se mettre à l’abri dans des bâtiments sécurisés, s’éloigner des ouvertures et garder son calme. Pour les personnes en difficulté, l’ambassade renvoie vers les compagnies aériennes, les agences de voyage et les assureurs, acteurs privés jugés premiers responsables de la gestion des passagers. Elle a également mis en place un formulaire de recensement en ligne (https://forms.ambardc-abudhabi.org/recensement) destiné à établir une liste des Congolais présents sur le territoire, afin de pouvoir leur porter assistance si la situation venait à évoluer.
Cette crise met en lumière la précarité dans laquelle peuvent se retrouver les voyageurs internationaux lorsque des conflits régionaux viennent perturber les liaisons aériennes mondiales. Pour les touristes congolais, l’attente se poursuit dans un contexte de coût de la vie très élevé à Dubaï. Chaque jour supplémentaire représente une charge financière lourde. La réouverture de l’espace aérien, condition sine qua non à un retour à la normale, dépend désormais de l’apaisement des tensions dans la région du Golfe. En attendant, les voyageurs bloqués doivent composer avec l’incertitude, espérant une issue rapide à cette épreuve qui transforme le rêve de voyage en un véritable cauchemar logistique et financier.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
