29.2 C
Kinshasa
lundi, mars 2, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSociétéKinshasa marche pour les femmes et l'Est : une solidarité en actes...

Kinshasa marche pour les femmes et l’Est : une solidarité en actes pour la paix

Dès l’aube, une foule bigarrée commence à converger vers la Place des Évolués. Dans l’air matinal de Kinshasa, on sent une détermination particulière, un mélange de solennité et d’espoir. Des femmes de tous âges, des jeunes aux t-shirts portant des messages de paix, et aussi des hommes, marchent côte à côte. Leur objectif est double : ouvrir avec force le Mois de la Femme en RDC et tendre la main, symboliquement, vers les provinces déchirées de l’Est. Cette marche de santé et de solidarité, intitulée « Marchons pour Elles, Marchons pour l’Est », est bien plus qu’un simple événement protocolaire. Elle est un cri du cœur, un geste collectif qui traverse la capitale pour rappeler que, malgré la distance, les Kinois ne sont pas insensibles à la souffrance de leurs compatriotes.

Comment exprimer sa solidarité lorsque l’on vit dans la capitale, relativement épargnée par les violences, envers ceux qui subissent au quotidien l’horreur des conflits dans l’Est du Congo ? C’est précisément la question à laquelle cette mobilisation a tenté de répondre. Le cortège, mené par la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a parcouru les artères de la ville. Le trajet, de la Place des Évolués au mémorial du génocost, n’a pas été choisi au hasard. Il matérialise un cheminement, du point de ralliement vers un lieu de mémoire, invitant à la réflexion sur les cycles de violence et le nécessaire devoir de souvenir. La présence de la ministre, au milieu des citoyens, et non en retrait, a envoyé un signal fort. Elle incarne cette volonté politique affichée de placer les droits des femmes et la recherche de la paix au cœur de l’action publique.

Dans son allocution, la Ministre Ombae Kalama a ancré cette marche dans une double symbolique. « Ce premier jour marque l’ouverture du Mois dédié aux droits des femmes », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi que la célébration des femmes ne peut être dissociée de la lutte pour la sécurité de toutes et tous. Le choix d’associer le lancement du Mois de la Femme RDC à une action de solidarité pour l’Est est significatif. Ne serait-ce pas reconnaître que l’émancipation et la protection des femmes passent aussi par la pacification du pays tout entier ? La ministre a ensuite relié ce geste citoyen à un soutien plus large aux institutions et à la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Un appel à la responsabilité collective, où chaque message de paix relayé devient une pierre à l’édifice de la stabilité nationale.

Mais au-delà des discours, que représente une telle marche pour les participants ? Pour beaucoup, c’est un exutoire, une manière concrète de briser le sentiment d’impuissance. « Rester chez soi à regarder les informations sur les atrocités à l’Est, c’est insupportable. Marcher aujourd’hui, c’est au moins faire quelque chose, montrer qu’on pense à eux », confie une jeune étudiante, le visage grave. Cette dimension thérapeutique de l’action collective est cruciale dans un contexte national souvent marqué par la fatalité. L’autre pilier de l’événement était la promotion d’une masculinité positive. La présence visible d’hommes aux côtés des femmes n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une redéfinition nécessaire du rôle des hommes congolais, non plus comme spectateurs ou pire, comme acteurs des violences, mais comme partenaires actifs dans la construction de l’égalité et de la paix. Un Kinshasa événement social de cette ampleur sert aussi de modèle, montrant que la lutte pour les droits des femmes et la fin des conflits est l’affaire de toute la société.

La marche s’est achevée dans le recueillement au mémorial, un silence lourd de sens succédant à l’énergie du défilé. Cet élan humain, cette volonté de « marcher ensemble » comme l’a souligné la ministre, dessine-t-il une voie pour l’avenir ? L’initiative, aussi louable soit-elle, ne fait que mettre en lumière l’immensité du défi. Les conflits dans l’Est du Congo nécessitent des solutions politiques, sécuritaires et économiques bien plus profondes qu’une manifestation, aussi symbolique soit-elle. Cependant, elle rappelle une vérité essentielle : la paix ne se décrète pas uniquement dans les palais, elle se construit aussi dans les cœurs et dans la rue. En faisant de la solidarité un acte physique et public, les organisateurs de cette marche ont peut-être planté une petite graine. Celle d’une conscience nationale plus unie, où la souffrance des uns devient réellement l’affaire de tous, et où célébrer la femme congolaise signifie aussi lutter pour le pays dans son entier, un pas après l’autre.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 01 Mars 2026

Découvrez l’essentiel de l’actualité du 1er mars 2026 en RDC : tensions sécuritaires au Nord-Kivu, condamnations exemplaires pour violences graves en Ituri et Kananga, polémiques syndicales à Bunia, nouvelles demandes pour lutter contre les violences de genre au Kasaï, et une mise au point sur la domination persistante du dollar malgré les progrès du franc congolais. Une synthèse dynamique de 7 faits majeurs pour comprendre la journée en moins de trois minutes.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques