Le football congolais a connu une scène des plus insolites ce samedi 28 février au stade Joseph Kabila de Kindu. Alors que les supporters s’apprêtaient à vibrer pour un match crucial du championnat national d’élite congolais, l’équipe visiteuse, l’OC Renaissance du Congo, brillait par son absence. Face à un terrain vide, l’AS Maniema Union a décroché une victoire par forfait (3-0), une situation qui relève davantage de l’administratif que du sportif pur. Comment une équipe professionnelle peut-elle simplement ne pas se présenter à un match décisif ? La question plane lourdement sur Kinshasa tandis que Kindu célèbre une avancée en trompe-l’œil.
Conformément au Linafoot règlement, les officiels ont scrupuleusement attendu le délai réglementaire avant d’entériner le forfait. Les « Kambelembele » de Maniema Union, pourtant prêts au combat, ont dû se contenter d’un échauffement sans adversaire. L’arbitre central, après consultation avec ses assistants et le délégué de match, n’a eu d’autre choix que de constater l’absence de l’OC Renaissance et d’attribuer les trois points et une victoire de 3-0 aux locaux. Une décision technique, mais qui laisse un goût amer dans une compétition qui se veut le fleuron du football local. Où est passée la passion du jeu ? Où est la respect des engagements envers les supporters et la compétition ?
Ce Maniema Union forfait gagnant propulse mécaniquement le club dans les hautes sphères du classement Linafoot. Avec désormais 30 points en 17 rencontres, les hommes de l’entraîneur Papy Kimoto grimpent et se maintiennent en embuscade derrière les leaders. Ils pointent à une confortable troisième place, bénéficiant d’une meilleure différence de buts que l’AS Dauphin Noir, pourtant à égalité de points. Cette manne inattendue de trois points pourrait s’avérer décisive dans la course au titre ou à la qualification pour les phases finales. Un cadeau empoisonné ? Pas pour le staff technique qui voit là une opportunité en or de consolider ses ambitions.
Du côté des « Oranges » de Kinshasa, le silence est assourdissant. Aucune communication officielle n’est venue, à ce jour, expliquer les raisons de ce OC Renaissance absent aussi retentissant. Les spéculations vont bon train : problèmes logistiques, difficultés financières empêchant le déplacement, ou simple défaillance organisationnelle ? L’opacité totale entretenue par le club kinois jette une ombre sur la crédibilité de la compétition et interroge sur la gestion interne de certaines formations. La Linafoot se doit-elle de sanctionner au-delà de la simple défaite par forfait pour préserver l’intégrité du championnat ?
Pour Maniema Union, l’essentiel est dans le résultat. Ce succès, même acquis sans jouer, injecte une dose de confiance supplémentaire dans le groupe. L’objectif reste clair : rester dans le sillage des meilleurs et saisir chaque opportunité, même si elle surgit sous une forme aussi inhabituelle. La phase retour du championnat est un marathon où chaque point compte, qu’il soit glané dans la douleur sur le terrain ou par décret dans une feuille de match. Les prochaines journées montreront si les Kambelembele ont su transformer cette aubaine en dynamique positive.
Cet incident, cependant, pose de sérieuses questions sur la solidité et le professionnalisme de certaines structures du football congolais. Un championnat national ne peut se construire sur des matchs fantômes. La régularité et la fiabilité des participants sont la base même de toute compétition sportive digne de ce nom. Les instances dirigeantes auront-elles le courage de prendre des mesures pour éviter que de tels scénarios ne se reproduisent ? L’image de la Linafoot et du championnat national d’élite congolais est en jeu.
En attendant des explications, l’AS Maniema Union peut préparer sereinement sa prochaine sortie, avec trois points de plus en poche et une position renforcée. Cette histoire de forfait restera comme une anecdote curieuse de la saison, mais elle doit surtout servir de signal d’alarme. Le football de la RDC mérite des affrontements sur la pelouse, pas des victoires par défaut dans les couloirs de l’administration. La balle est désormais dans le camp de l’OC Renaissance et de la fédération pour rétablir la confiance et garantir que le spectacle se déroule bien là où il doit être : sur le terrain.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
