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Édito de la semaine du 24 février au 1er mars 2026 — RDC : L’Est déchiré, les civils oubliés au cœur du chaos

Nord-Kivu en flammes, villages vidés, civils en errance sous les bombes : la semaine écoulée a cristallisé la tragédie congolaise. Pendant que la diplomatie vante de nouveaux panels et mécanismes à Genève et Kinshasa, sur le terrain, des milliers de familles fuient, sans protection ni espoir. Face à cette réalité implacable, le pouvoir politique vacille et la société civile s’épuise, creusant le fossé entre discours officiels et urgence populaire.

L’Est du Congo, principalement le Nord-Kivu et l’Ituri, vient de traverser sept jours d’une intensité dramatique inédite, confirmant l’escalade d’une guerre qui broie tout : villages incendiés, offensives sanglantes du M23, frappes aériennes, contre-offensives des Wazalendo, et un exode massif vers Goma, Sake et la brousse. Les récits récurrents d’enlèvements, de disparitions forcées et d’exactions contre les civils se multiplient à Rubaya, Bwito, Masisi et Rutshuru, plongés au gré des combats dans la terreur et la famine.

Cette flambée dévastatrice se double d’un coût humain colossal : des centaines de milliers de déplacés, une crise humanitaire qui s’étend chaque jour, des enfants privés d’école, des femmes et des vieillards errant dans la précarité. Au Nord-Kivu, l’ouverture des charniers et l’exode de rubaya révèlent l’ampleur d’un effondrement social qui s’aggrave semaine après semaine, alors que l’accès humanitaire reste souvent conditionné par le bon vouloir des groupes armés ou de négociations internationales qui n’aboutissent pas.

Etranglement social, vie chère, insécurité alimentaire et coupures de télécommunications se conjuguent dans les grands centres urbains et les campagnes. Kisangani suffoque sous une inflation redoutable, la pauvreté frappe les villes, la déscolarisation atteint des records à Goma, Sake ou Bukavu. Le sentiment d’abandon est partout, y compris dans la capitale Kinshasa, où l’on assiste au même temps à une contestation sur la gouvernance, sur fond de nouveaux plans de lutte contre la corruption et d’annonces de réformes qui tardent à provoquer un vrai sursaut de l’État.

La sphère politique, elle, multiplie panels, commissions et sommets. Au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la ministre Wagner réclame une en quête et des financements, tandis que Kinshasa institue un panel stratégique pour piloter la présidence congolaise de la CIRGL. Les dialogues nationaux s’enlisent dans la méfiance, les accusations d’intolérance politique et les bras de fer institutionnels. Pourtant, rien ne semble enrayer la dynamique mortifère à l’Est.

Or la lassitude citoyenne se lit partout. Les appels à l’action fusent, qu’ils viennent de l’Église, de la société civile ou même de la diaspora, qui crée une « ligue patriotique » en Europe pour défendre la souveraineté nationale et dénoncer la désinformation. Mais l’impression dominante est celle d’un fossé grandissant entre la détresse du terrain et les logiques politiciennes, symptomatiques d’une gouvernance encore trop déconnectée du sort de la majorité.

L’heure n’est plus aux déclarations, mais aux actes. Si l’unité de la nation doit encore signifier quelque chose, elle doit se mesurer à la capacité de l’État à protéger chaque citoyen, à écouter la douleur de l’Est, à fournir une aide immédiate aux populations déplacées et à mettre un terme à l’impunité qui nourrit le cycle des violences. Face à l’extrémité de la situation, c’est la crédibilité même de la gouvernance congolaise qui se joue, tout comme l’avenir d’une jeunesse sacrifiée par la guerre, l’inégalité et l’abandon. Il nous appartient, acteurs politiques, société civile et citoyens, de refuser la fatalité et d’exiger un État qui protège, nourrit et soigne, plutôt qu’un pouvoir uniquement préoccupé de son image au dehors. Tirons la leçon de cette semaine : le destin du Congo se joue dans l’écoute et la réponse à l’urgence sociale et sécuritaire — pas dans les salons feutrés des négociations lointaines.

— La Rédaction de CongoQuotidien

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