L’ambiance était électrique ce 27 février 2026 à l’auditorium du Fleuve Congo Hôtel. Kinshasa vibrait au rythme d’une annonce attendue : le maestro Félix Wazekwa dévoilait son nouveau joyau, « Boss Ibra ». La salle, comble de mécènes, de partenaires et de passionnés, retenait son souffle devant l’incarnation même d’une carrière qui, depuis 1982, ne cesse de sculpter le paysage musical congolais. Ce lancement n’était pas qu’une simple présentation ; c’était un événement, une célébration de la rumba congolaise réinventée par une légende vivante.
Et quel chantier que cette nouvelle œuvre ! « Boss Ibra » se dévoile comme une mélodie enivrante, un hymne contemporain à l’amour sincère qui transcende les clichés. La voix de velours de Wazekwa, toujours aussi reconnaissable, y tisse une narration profonde. Le titre, porté par le groupe Cultur’A Pays-Vie, opère une déconstruction salutaire : loin d’être une prison, l’amour conjugal y est peint comme l’ultime liberté. Le personnage évoqué choisit son attachement avec une telle ferveur que les clés de cette prétendue geôle en deviennent obsolètes. N’est-ce pas là le portrait d’un équilibre parfait ?
Derrière cette philosophie se cache aussi une volonté forte de transmission. Ce nouveau single congolais 2026 sert de tremplin éclatant pour les nouvelles recrues de l’orchestre. Félix Wazekwa, en véritable chef d’orchestre visionnaire, offre une tribune en or à la relève. Sous la direction musicale de Si Bémol et la direction artistique de Kévin Lofombo, les 23 musiciens et les cinq danseuses de Cultur’A Pays-Vie ont pu exprimer tout leur talent, tant dans l’enregistrement au studio DM Records que dans le clip réalisé par Achille Balume. Le message est clair : la musique rumba amour conjugal a un avenir, et il est entre de bonnes mains, jeunes et dynamiques.
Le lancement single Kinshasa a également été l’occasion pour l’artiste, souvent surnommé Monsieur Google pour sa sagesse, de lancer un plaidoyer percutant. Devant un parterre de journalistes, il a interpellé les autorités d’une voix ferme et passionnée : « Tokoki kosala ba plateformes na biso moko té ? » (« Ne pouvons-nous pas créer nos propres plateformes ? »). Cet appel vibrant pour la souveraineté culturelle et numérique résonne comme un coup de tonnerre. Félix Wazekwa défend l’idée d’outils nationaux pour promouvoir et monétiser la création locale, une réflexion cruciale pour l’industrie musicale congolaise.
Visuellement, le clip de « Boss Ibra » est une déclaration d’identité. Les tenues, résolument ancrées dans le patrimoine congolais, dialoguent avec une modernité assumée. C’est toute la philosophie de Wazekwa qui ressort : être profondément enraciné pour mieux rayonner. Ce single n’est donc pas qu’une chanson ; c’est un projet global, un écosystème où se mêlent création artistique, mentoring et activisme culturel. La performance scénique promet d’être tout aussi captivante, portée par l’énergie contagieuse des danseuses guidées par Kévine Massamba.
En définitive, « Boss Ibra » est bien plus qu’un simple titre. C’est un manifeste. Un manifeste pour un amour authentique et libérateur, pour une relève artistique audacieuse, et pour une industrie musicale congolaise fière et autonome. Félix Wazekwa prouve, une fois de plus, que son génie ne réside pas seulement dans sa capacité à composer des mélodies qui traversent les décennies, mais aussi dans son rôle de phare, guidant à la fois le cœur de son public et l’avenir de tout un secteur. La rumba a trouvé son boss, et son nom est Ibra.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
