Dans un contexte économique mondial marqué par l’incertitude, la République Démocratique du Congo affiche une détermination sans faille à consolider ses fondamentaux macroéconomiques. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a réaffirmé avec force, ce mercredi 25 février, l’engagement inébranlable du gouvernement à honorer ses obligations vis-à-vis des institutions de Bretton Woods. Cette déclaration, prononcée lors d’une réunion stratégique de la Troïka politique avec la mission technique du Fonds Monétaire International (FMI), dessine les contours d’une collaboration cruciale pour l’avenir économique du pays. Cette rencontre, pierre angulaire des préparatifs de la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), vise précisément à collecter les données des repères structurels, véritables baromètres de la santé financière nationale.
Quels sont les piliers de cette feuille de route économique ? La Troïka a détaillé des avancées concrètes dans la mise en œuvre du Mémorandum sur les politiques économiques et financières (MPEF). Parmi les réformes phares, l’opérationnalisation de la facture normalisée de la TVA constitue un pas de géant vers une fiscalité plus transparente et efficace. Parallèlement, la modernisation des régies financières, notamment la Direction Générale des Impôts (DGI) et la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), vise à renforcer les capacités de recouvrement, véritable sang économique de l’État. Enfin, la mise en place tant attendue de la Commission nationale de médiation fiscale apporte un cadre institutionnel pour apaiser les tensions entre l’administration et les contribuables, favorisant un climat des affaires plus serein.
Mais la vision portée par Doudou Fwamba va au-delà des ajustements techniques. L’argentier national a mis en avant deux leviers stratégiques de grande envergure pour dynamiser l’économie congolaise. D’une part, l’émission d’un Eurobond est envisagée pour financer des projets structurants, une manœuvre qui permettrait d’injecter des capitaux frais tout en testant la confiance des marchés internationaux envers la RDC. D’autre part, l’intégration des ressources issues de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) doit servir de tampon contre les chocs externes et soutenir une croissance inclusive. Ces initiatives démontrent une ambition claire : transformer la richesse potentielle du pays en développement tangible.
Le ministre a, par ailleurs, souligné la résilience remarquable de l’économie congolaise. Malgré les pressions persistantes liées aux contraintes sécuritaires dans l’Est du pays et à l’importante masse salariale pesant sur le budget de l’État, les équilibres macroéconomiques sont maintenus. Cette stabilité relative n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat de politiques volontaristes. Pour corriger les dérives, des mesures correctives sont activement déployées, notamment un audit rigoureux des états liquidatifs supervisé par l’Inspection générale des finances, suivant scrupuleusement les orientations du Chef de l’État. Cette rigueur dans la gestion des deniers publics est un signal fort envoyé aux partenaires techniques et financiers.
Félicien Mulenda, coordonnateur du Comité technique de suivi et d’évaluation des réformes (CTR), a apporté une note d’optimisme mesuré. « Les discussions se poursuivront au niveau technique pour affiner les données. Les signaux sont au vert pour préparer sereinement la troisième revue du programme », a-t-il conclu. Cet optimisme est partagé par l’équipe du FMI, qui a salué deux réalisations majeures : la mise en œuvre effective de la réforme de la déconcentration de l’ordonnancement et, surtout, l’opérationnalisation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP). Cette dernière, attendue depuis quatorze ans, représente une avancée institutionnelle historique pour la gouvernance financière en RDC.
La mission technique du FMI, qui séjourne à Kinshasa du 25 février au 4 mars 2026, a donc entamé son travail d’évaluation sur des bases encourageantes. Les nombreuses séances de travail prévues avec les entités étatiques concernées auront pour mission d’évaluer les repères structurels, de consolider les données techniques et, in fine, de baliser la voie vers la troisième revue du programme. L’exécution budgétaire arrêtée au 31 décembre 2025, bien que mise à l’épreuve par les dépenses sécuritaires, n’a pas entamé les grands équilibres. Cette solidité offre une marge de manœuvre précieuse pour les mois à venir.
En définitive, cet engagement renouvelé de la RDC envers le FMI, orchestré par Doudou Fwamba, dépasse le simple cadre d’un examen technique. Il s’agit d’un choix de société, celui d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques, condition sine qua non pour attirer les investissements et assurer une croissance durable. Les réformes économiques au Congo, bien qu’exigeantes, sont les fondations indispensables pour construire un avenir prospère. La troisième revue du programme FMI constitue donc une étape décisive, un test de crédibilité dont les résultats impacteront directement la capacité du pays à financer son développement. Le cap est fixé, les réformes sont en marche ; reste maintenant à concrétiser cette ambition par des résultats tangibles pour la population congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
