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Dialogue national en RDC : Fayulu pose ses conditions, Tshisekedi résiste

La scène politique congolaise est à nouveau secouée par les débats autour du dialogue national inclusif, alors que l’opposant Martin Fayulu réaffirme son soutien à cette initiative, tout en y apposant des conditions substantielles. Dans un communiqué publié ce jeudi 26 février, le leader de la coalition Lamuka détaille sa vision d’un processus élargi, tandis que le président Félix Tshisekedi campe sur des positions strictes. Ce face-à-face révèle les fractures profondes qui traversent la classe politique et questionne la crédibilité d’un tel exercice dans un contexte de méfiance généralisée.

Martin Fayulu, figure de proue de l’opposition congolaise, plaide pour un dialogue inclusif RDC véritablement représentatif. Il estime que la participation doit s’étendre au-delà des acteurs politiques traditionnels pour inclure la société civile, les autorités religieuses et coutumières, ainsi que – point sensible – certains groupes armés, sans toutefois les nommer. Cette proposition audacieuse, teintée d’un réalisme politique certain, cherche à corriger les erreurs du passé. En effet, l’opposant ne manque pas de rappeler amèrement que les dialogues antérieurs ont trop souvent accouché de résolutions non appliquées, nourrissant ainsi le cynisme des citoyens. « Pour restaurer la confiance, nous devons garantir la transparence du processus, la clarté des critères de participation et, surtout, l’engagement ferme d’appliquer les décisions », insiste-t-il, dans une critique à peine voilée des gouvernements successifs.

De l’autre côté, le président Félix Tshisekedi a accepté le principe d’un dialogue national Congo, mais en posant des garde-fous institutionnels. Il exige que les discussions se tiennent sur le sol national et soient chapeautées par les structures issues du suffrage universel, une manière d’affirmer la primauté de l’État. Surtout, il a fermement exclu la participation du mouvement rebelle AFC/M23, une ligne rouge qui suscite des remous au sein de l’opposition et pourrait, selon certains observateurs, vider de sa substance le concept même d’inclusivité. Le président joue-t-il un jeu dangereux en cherchant à contrôler un processus qui, par essence, devrait échapper à son emprise exclusive ?

L’agenda proposé par Martin Fayulu est des plus ambitieux. Il englobe des thèmes aussi cruciaux que la souveraineté nationale, la réforme des armées, la gouvernance économique, la justice, les droits humains et les préparatifs des élections de 2028. Cette liste exhaustive reflète l’ampleur des défis structurels auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. Cependant, le véritable enjeu réside moins dans l’établissement d’un ordre du jour que dans la capacité à transformer les paroles en actes. Les expériences passées ne nous enseignent-elles pas que l’échec de la mise en œuvre est le talon d’Achille de tels exercices ?

Le contexte régional ajoute une couche de complexité diplomatique. La réunion de Luanda du 9 février, ayant réuni les présidents angolais, congolais et togolais ainsi que l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a confié à l’Angola le rôle de facilitateur des consultations préalables. Cette médiation africaine, bien que légitime, introduit une variable externe dans une équation déjà difficile. Le dialogue national pourra-t-il préserver son caractère endogène face à ces influences internationales, souvent perçues avec suspicion par une partie de la population ?

Au final, la réussite de ce dialogue inclusif RDC se jouera sur la volonté politique réelle des principaux acteurs. L’opposition congolaise, incarnée par Martin Fayulu, devra surmonter ses divisions internes pour présenter un front uni et crédible. De son côté, le président Tshisekedi devra faire preuve d’une ouverture véritable, au risque de voir le processus se transformer en simple monologue présidentiel. Les citoyens, quant à eux, observent avec une lassitude mêlée d’espoir, se demandant si cette fois-ci, les promesses seront tenues. Le dialogue national est-il la clé de la stabilisation ou un nouvel écran de fumée dans le paysage politique congolais ? L’avenir proche nous le dira, mais une chose est certaine : les enjeux sont trop grands pour se permettre un nouvel échec.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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