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Désarmement Mobondo : plus de 500 redditions, la menace tombe à 10%

Le ministre délégué chargé des Anciens Combattants, Éliézer Ntambwe, livre un premier bilan des opérations de désarmement ciblant les miliciens Mobondo. Lancées depuis janvier dans le Grand Bandundu et à Kinshasa, ces actions ont déjà permis la reddition de plus de 500 combattants. Une avancée significative dans la pacification de cette région secouée par des violences communautaires depuis 2022.

Comment un conflit foncier a-t-il pu dégénérer en une crise sécuritaire d’une telle ampleur ? Tout a commencé par des tensions entre les communautés Teke et Yaka. La question de la terre, sensible et complexe, a servi de détonateur à des violences armées, des pillages et des déplacements massifs de population. Le phénomène Mobondo est rapidement né de cette fracture, prenant une dimension militaire inquiétante.

Face à cette menace, le président de la République a confié la supervision du dossier au ministre Éliézer Ntambwe. Sa mission : piloter une stratégie combinant sensibilisation, reddition volontaire et désarmement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 500 miliciens ont déjà répondu à l’appel et déposé les armes. Ils sont désormais orientés vers le Service national, où ils peuvent apprendre un métier dans le cadre de leur réinsertion socioprofessionnelle.

Cette approche privilégie la voie de la pacification plutôt que de l’affrontement militaire pur. Mais elle ne signifie pas l’impunité. Le ministre le rappelle avec fermeté : une phase de justice transitionnelle suivra. Son objectif sera d’établir la vérité, de favoriser la réconciliation et d’obtenir des engagements de non-répétition des violences. Un processus essentiel pour rendre justice aux victimes et tourner la page.

Un conflit interne, loin des agressions extérieures

Éliézer Ntambwe insiste sur une distinction fondamentale. Le phénomène Mobondo n’est en rien comparable à la menace de l’AFC/M23 à l’Est du pays. Le premier est un conflit intercommunautaire, né et nourri par des tensions locales. Le second est qualifié d’agression extérieure, orchestrée et soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises. Cette différence est cruciale pour adapter la réponse de l’État.

Le ministre décrit les Mobondo comme une milice, structurée autour d’un leadership identifié. Son initiateur serait un fermier répondant au nom de Sadam, alias Faux Yaya. Ce dernier, ainsi que plusieurs autres responsables, aurait déjà été « sorti de la brousse » dans le cadre des opérations de sensibilisation. Les enquêtes se poursuivent pour élucider les circuits de financement et d’approvisionnement en armes de ce groupe.

Une menace réduite, mais un travail inachevé

Le bilan sur le terrain est-il pour autant définitif ? La menace n’a pas été éradiquée, mais elle est contenue. Selon le ministre Ntambwe, elle serait réduite à environ 10% de son niveau initial. Les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC) restent déployées pour traquer les récalcitrants et sécuriser les zones concernées.

Le désarmement dans le Grand Bandundu reste une priorité. Cependant, des poches de résistance persistent. Des éléments réfractaires continuent de se cacher dans la brousse. La stratégie actuelle mise sur la persuasion pour les amener à rejoindre le processus de paix. La route vers une stabilité durable est encore longue, mais les premiers pas sont encourageants.

Quel a été le coût humain de cette crise ? Le ministre évoque un « bilan macabre », avec de nombreux décès et des déplacés en grand nombre. Un chiffrage précis sera possible une fois la pacification consolidée et les enquêtes approfondies menées. Pour l’heure, l’accent est mis sur le retour au calme et l’accès humanitaire à des zones coupées depuis près de quatre ans.

Des implications politiques à clarifier

L’ombre de la récupération politique plane sur ce conflit. Le ministre confirme partiellement des informations évoquant un rôle de l’ancien président Joseph Kabila ou de membres de son parti, le PPRD. Il cite des témoignages faisant état de litiges fonciers et d’indemnisations jugées insuffisantes. Les services de sécurité mènent des investigations sur ces allégations. Les conclusions seront rendues publiques en temps voulu.

La capitale, Kinshasa, est-elle désormais à l’abri ? Il n’existe pas d’insécurité zéro, tempère le ministre. La commune de Maluku, précédemment touchée, est plus calme. La menace a été fortement amoindrie, mais la vigilance reste de mise. Le travail de pacification en RDC nécessite une approche multidimensionnelle, mêlant sécurité, dialogue social et développement.

Le processus engagé par Éliézer Ntambwe ouvre donc une fenêtre d’espoir. La combinaison du désarmement, de la réinsertion et de la perspective d’une justice transitionnelle constitue une feuille de route crédible. Elle vise à traiter non seulement les symptômes, mais aussi les racines du conflit Teke-Yaka. L’enjeu est de taille : ramener une paix durable dans le Grand Bandundu et préserver la cohésion nationale.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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