La Route nationale numéro 2 (RN2), artère vitale reliant Goma à Rutshuru, a été le théâtre d’une série de braquages violents mercredi 25 février 2026. Pendant plus de cinq heures, des hommes lourdement armés ont paralysé la circulation et semé la terreur sur le tronçon sensible de Mwaro, situé entre les territoires de Rutshuru et de Nyiragongo. Ces attaques coordonnées illustrent une fois de plus la détérioration alarmante de la sécurité dans le Nord-Kivu.
Selon des sources locales de la société civile, les assaillants ont opéré entre 13h30 et 19h00, ciblant indistinctement motos-taxis et véhicules. « Les motards en provenance de Rutshuru avec leurs clients, ainsi que trois véhicules quittant Goma pour Rutshuru, ont été braqués au niveau de Mwaro », a confirmé un acteur de terrain. Sous la menace directe des armes, les passagers ont été dépouillés de leurs effets personnels et de leurs marchandises. Le bilan matériel et humain précis reste encore à établir, les victimes étant souvent réticentes à porter plainte.
L’axe Rugari-Kibumba, et particulièrement la zone de Mwaro, est depuis longtemps pointé du doigt par les usagers pour son insécurité chronique. Comment de telles opérations peuvent-elles se dérouler en plein jour, sur plusieurs heures, sans intervention des forces de l’ordre ? Cette question hante désormais tous les voyageurs et transporteurs. La recrudescence des incidents armés sur la RN2 braquages ne fait qu’accentuer un climat de peur généralisé, menaçant directement l’activité économique de toute une région.
L’impact de ces braquages RN2 Nord-Kivu dépasse largement le simple fait divers criminel. La RN2 constitue en effet la colonne vertébrale logistique pour l’approvisionnement de la ville de Goma en denrées alimentaires et autres biens de première nécessité. Elle est aussi cruciale pour les échanges commerciaux entre les territoires. Sa paralysie, même temporaire, a des répercussions immédiates sur les prix et la disponibilité des produits dans les marchés de la métropole du Nord-Kivu. Les attaques armées Goma et ses axes d’approvisionnement sont donc une atteinte directe à la stabilité socio-économique.
Face à cette nouvelle vague de violence, la réaction sur le terrain a été immédiate. De nombreux chauffeurs et motards, redoutant de tomber dans un guet-apens, ont tout simplement refusé de prendre la route en fin d’après-midi, isolant davantage certaines localités. Cette psychose collective est le symptôme d’une défiance profonde envers la capacité des autorités à garantir la sécurité des biens et des personnes. L’insécurité Rutshuru et ses environs n’est plus une menace abstraite, mais une réalité quotidienne qui dicte les déplacements et entrave la libre circulation.
Les circonstances exactes de ces braquages, ainsi que l’identité et les motivations des assaillants, demeurent entourées de mystère. S’agit-il de bandits de grand chemin profitant d’un vide sécuritaire, ou d’éléments liés à des groupes armés actifs dans la région ? L’enquête, confiée aux services compétents, devra apporter des réponses claires. Dans l’immédiat, la société civile locale lance un cri d’alarme et exige des mesures concrètes. Elle appelle à un renforcement urgent et visible des patrouilles militaires et policières sur cet axe stratégique.
La sécurité Nord-Kivu passe impérativement par la sécurisation de ses routes principales. Les promesses et les plans de sécurisation ne suffisent plus ; la population et les opérateurs économiques attendent des actes. La répétition de tels incidents sur la RN2, voie de vie pour des centaines de milliers de personnes, n’est pas une fatalité. Elle relève d’un choix politique et sécuritaire. Garantir la fluidité du trafic sur cet axe, c’est assurer la survie économique de Goma et la tranquillité d’esprit de toute une province déjà éprouvée par des décennies de conflits. Le temps des avertissements est révolu, celui de l’action efficace est venu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
