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Kolwezi : neuf condamnés à mort pour un viol collectif filmé au Golf ISTM

Le tribunal de grande instance de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a rendu un verdict historique ce lundi 23 février, en prononçant la peine capitale à l’encontre de neuf des dix individus impliqués dans un viol collectif qui avait profondément ébranlé l’opinion publique nationale au mois de janvier dernier. Ce jugement, intervenu à l’issue d’un procès en flagrance, marque un tournant judiciaire dans la lutte contre les violences sexuelles extrêmes qui minent la région minière du Lualaba. La sévérité des peines, alignée sur les réquisitions du ministère public, est perçue comme une réponse sans équivoque à la barbarie de l’agression et à sa diffusion massive sur les réseaux sociaux.

Les neuf condamnés ont été reconnus coupables des chefs d’association de malfaiteurs et de viol. Conformément au code pénal congolais, le tribunal a retenu la peine la plus lourde pour le premier chef d’accusation. Ainsi, la peine principale prononcée est celle de la mort. En sus de cette condamnation à la peine de mort en RDC, chaque prévenu a écopé de vingt ans de servitude pénale principale spécifiquement pour le crime de viol. Le verdict inclut également des sanctions pécuniaires significatives : une amende d’un million de francs congolais par individu, ainsi que le paiement solidaire de dommages et intérêts s’élevant à vingt mille dollars américains au profit de la victime, en réparation des préjudices physiques et psychologiques subis.

Le délibéré du tribunal Kolwezi a cependant opéré une distinction concernant le dixième individu initialement poursuivi. Le prévenu Zéphirin Ngoy Kalenga s’est vu reconnaître le statut de mineur au moment de la commission des faits. En conséquence, la juridiction s’est déclarée incompétente pour le juger, ordonnant le disjoignement de son dossier. Celui-ci sera renvoyé devant une juridiction pour enfants, comme le prévoit la législation congolaise en matière de justice des mineurs. Cette décision technique rappelle les procédures distinctes applicables, même dans les affaires les plus graves.

Les faits à l’origine de ce retentissant verdict viol Lualaba remontent à la fin du mois de janvier. Une jeune fille avait été attirée puis sauvagement agressée par un groupe de jeunes hommes dans le quartier Golf ISTM de Kolwezi, une zone résidentielle de la ville. L’horreur de l’agression a été démultipliée par le comportement des agresseurs qui ont filmé la scène, avant de volontairement la diffuser sur les plateformes sociales. Cette vidéo, devenue virale, a provoqué une vague d’indignation et de colère à travers le pays, mais a également fourni aux forces de l’ordre des éléments probants cruciaux. L’identification et l’interpellation rapide des suspects ont été largement facilitées par cet enregistrement, démontrant comment la préméditation et la recherche de notoriété peuvent se retourner contre leurs auteurs.

L’audience, suivie avec une attention particulière par la société civile et les médias, a vu le ministère public requérir avec fermeté l’application de la peine maximale. Les avocats de la défense, quant à eux, ont plaidé les circonstances atténuantes et la jeunesse de certains accusés, arguments qui n’ont pas été retenus par le collège de juges face à la gravité et à la nature collective des actes. Comment, en effet, justifier l’indicible ? La question, rhétorique, hante les débats sur l’insécurité et la protection des femmes en RDC.

Ce verdict dans l’affaire viol Golf ISTM est largement interprété comme un signal judiciaire fort adressé aux potentiels auteurs de violences sexuelles dans une province où l’exploitation minière s’accompagne parfois d’une forte précarité et d’une montée de la criminalité. Il répond à une demande croissante de la population et des organisations de défense des droits humains pour une justice plus répressive face à des crimes qui restent trop souvent impunis. La condamnation à la peine capitale, bien que sujet à débat sur le plan des droits fondamentaux, est ici présentée par les observateurs comme une mesure exceptionnelle pour un crime exceptionnellement cruel et médiatisé.

Les condamnés disposent désormais des voies de recours légales, notamment l’appel devant une juridiction supérieure. L’exécution de la peine de mort, en cas de confirmation du verdict, suivrait les procédures en vigueur. Parallèlement, la victime, dont l’identité a été préservée, devra entamer un long processus de reconstruction, soutenue par l’indemnisation ordonnée par le tribunal. Les regards se tournent maintenant vers la justice pour mineurs pour le cas du dixième individu, et vers l’effet dissuasif que ce jugement pourrait avoir sur des crimes similaires dans la région du Lualaba et au-delà.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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