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RDC à l’ONU : Kayikwamba Wagner exige des moyens pour la commission d’enquête sur l’Est

Lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, la voix de la République démocratique du Congo s’est fait entendre avec force et clarté. Représentée par la Ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, la RDC a lancé un plaidoyer urgent pour que les mécanismes internationaux de protection des droits humains passent enfin des résolutions à l’action concrète, particulièrement dans l’Est du pays en proie à une violence persistante.

Le cœur de l’intervention congolaise a porté sur la nécessité de doter le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des moyens financiers nécessaires à l’opérationnalisation de la commission d’enquête indépendante créée par la résolution S-37/1. Cette demande s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution A/HRC/60/L.32, spécifiquement consacrée à la situation des droits de l’homme dans l’Est de la RDC. Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, il y a une urgence : retarder l’action, c’est fragiliser l’autorité même du système onusien. « Le système des droits de l’homme, indissociable de la paix et de la stabilité, ne doit pas être affaibli », a-t-elle martelé, mettant en garde contre les conséquences d’un affaiblissement des mécanismes de protection.

Le contexte de cet appel est lourd. La région de l’Est congolais reste un théâtre de conflits complexes où les violations des droits de l’homme sont documentées mais trop souvent impunies. La ministre a tiré les leçons de cette expérience douloureuse pour formuler une exigence fondamentale à l’égard de la communauté internationale : « Sans responsabilité, il ne saurait y avoir ni justice ni paix durables. » Ce constat implique une mise à l’épreuve de la crédibilité du Conseil des droits de l’homme. Son principe d’universalité peut-il survivre si les mécanismes qu’il crée restent lettre morte face à des situations d’urgence ?

L’année 2025 avait pourtant vu des avancées institutionnelles significatives. La clôture de la 60ᵉ session du Conseil avait été marquée par l’adoption de deux résolutions cruciales pour la RDC. Outre la résolution A/HRC/60/L.32/Rev.1, la résolution A/HRC/60/L.37 prévoyait la fin du mandat de l’équipe d’experts internationaux et un appui technique pour la politique nationale de justice transitionnelle. La transition vers une commission d’enquête indépendante représentait un changement d’échelle, passant de l’assistance technique à l’investigation approfondie. La nomination des trois experts – Arnauld Akodjenou (Bénin), Maxine Marcus (Allemagne/États-Unis) et Clément Nyaletsossi Voule (Togo) – par le président du Conseil, l’ambassadeur Jürg Lauber, en était la concrétisation.

La mission de cette commission est ambitieuse et ciblée. Elle doit enquêter sur les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains depuis l’escalade des hostilités de janvier 2025, en portant une attention particulière aux violences sexuelles, aux exactions contre les civils les plus vulnérables et aux éventuels crimes internationaux. Son mandat inclut explicitement l’identification des auteurs présumés, visant à briser le cycle de l’impunité. Le calendrier est désormais connu : une première mission sur le terrain d’ici janvier 2026, une mise à jour orale mi-2026, et un rapport complet pour 2027.

Mais un calendrier et un mandat ne suffisent pas. Le plaidoyer financier de la RDC soulève une question centrale de gouvernance mondiale : les États membres sont-ils prêts à financer les instruments qu’ils créent ? La ministre Kayikwamba Wagner a lié ce financement à des défis plus larges, évoquant l’intelligence artificielle et la cyberviolence comme de nouvelles frontières pour la protection des droits. Pour elle, le Haut-Commissariat a besoin de « moyens à la hauteur de ses responsabilités ». L’exécution des mandats, comme celui confié à la commission sur l’Est de la RDC, devient ainsi un « indicateur de notre détermination collective ».

Alors, quelle sera la suite ? L’appel de la RDC place la balle dans le camp des bailleurs de fonds et des États influents au sein du Conseil. L’opérationnalisation de la commission d’enquête sera le premier test tangible. Si elle est effective, elle pourrait marquer un tournant dans la réponse internationale aux crises chroniques, en combinant l’établissement des faits à une pression accrue pour la reddition des comptes. Dans le cas contraire, le risque est de voir s’éroder davantage la confiance dans les institutions multilatérales, perçues comme produisant des rapports sans impact sur le terrain. La crédibilité du système, comme l’a souligné la cheffe de la diplomatie congolaise, dépend de l’application de ses principes « à tous, sans exception ». L’Est de la RDC constitue, à cet égard, une épreuve de vérité.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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