Une population qui explose, des rues submergées à chaque saison des pluies, des montagnes de déchets qui asphyxient les quartiers : Kinshasa, mégalopole de plus de 15 millions d’habitants, est au bord de la rupture écologique. D’une modeste cité de 400 000 âmes il y a six décennies, la capitale congolaise a connu une croissance démographique vertigineuse, générant des défis urbains d’une ampleur titanesque. Dans ce contexte d’urgence, une lueur d’espoir émerge avec le lancement du programme GCIEP Kinshasa, fruit d’une coopération britannique RDC environnement déterminée à éviter l’effondrement.
Présenté comme un projet pilote résolument opérationnel, le Green City Integrated Empowerment Program (GCIEP) rompt avec la tradition des études théoriques sans suite. Son ambition ? Transformer Kinshasa en une ville résiliente, en s’attaquant de front à trois fléaux qui empoisonnent le quotidien des Kinois : la gestion déchets Kinshasa, la mobilité urbaine Kinshasa chaotique, et la lutte contre inondations RDC devenue une question de survie. L’approche, qualifiée de « Quick Wins » par les porteurs du projet, privilégie des solutions rapides mais durables, testées dans des quartiers cibles avant un déploiement à grande échelle.
Mais comment une ville qui a grandi sans plan d’urbanisme cohérent peut-elle espérer inverser la tendance ? La réponse du GCIEP repose sur un pilier central : la collaboration avec les institutions locales. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle étranger, mais de s’appuyer sur une expertise congolaise pour répondre aux besoins réels du terrain. Cette appropriation par les autorités locales est jugée essentielle, non seulement pour l’efficacité des actions, mais aussi pour instaurer la confiance nécessaire afin d’attirer de futurs investisseurs dans la ville verte de demain.
Le défi est immense. La gestion déchets Kinshasa relève aujourd’hui du parcours du combattant, avec des systèmes de collecte défaillants et des dépotoirs sauvages qui deviennent des bombes sanitaires et environnementales. La mobilité urbaine Kinshasa est un cauchemar quotidien, où les embouteillages monstres transforment les artères de la ville en parking à ciel ouvert, augmentant la pollution de l’air. Quant à la lutte contre inondations RDC, elle est une bataille perdue d’avance à chaque pluie diluvienne, faute de systèmes de drainage fonctionnels, transformant des quartiers entiers en marécages insalubres.
Tom Kisenda, coordonnateur de la Cellule de Développement Urbain de Kinshasa (CDUK), souligne l’importance cruciale d’une phase de planification minutieuse. « Gérer les déchets, la mobilité et le drainage demande un grand travail en amont. Sans cette planification, on ne saura pas trouver de solutions durables », explique-t-il. Cette mise en garde rappelle que les « Quick Wins » ne doivent pas masquer la nécessité de s’attaquer aux causes structurelles profondes de la crise.
La réussite de ce programme GCIEP Kinshasa pourrait tracer la voie pour l’ensemble du pays. Si le modèle fait ses preuves dans la capitale, il est conçu pour être répliqué dans d’autres grandes villes congolaises confrontées aux mêmes maux. Cette initiative de coopération britannique RDC environnement représente donc bien plus qu’un simple projet ; c’est un laboratoire pour l’avenir urbain de toute la nation.
Les Kinois pourront-ils bientôt respirer un air moins pollué, circuler dans des rues assainies et voir leurs quartiers protégés des eaux destructrices ? Le temps presse. La transformation de Kinshasa en une cité verte et viable n’est plus une option esthétique, mais une condition sine qua non pour la santé publique et la stabilité sociale. Le partenariat avec le Royaume-Uni offre un cadre et des moyens, mais l’appropriation collective de cet enjeu par les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics reste l’ingrédient ultime du succès. L’urgence écologique kinoise a enfin trouvé un plan de bataille. Reste à présent à le mener, avec la détermination que mérite cette ville en détresse.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
