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Idiofa : sept évadés révèlent le délabrement de la prison centrale du Kwilu

La prison centrale d’Idiofa, dans la province du Kwilu, a été le théâtre d’une nouvelle évasion spectaculaire ce lundi 23 février. Sept détenus sont parvenus à s’extraire de l’établissement pénitentiaire en forçant un mur fabriqué en tôle, une paroi qui en dit long sur l’état de délabrement avancé des infrastructures. L’incident, survenu alors qu’un seul policier assurait la garde, a conduit à l’interpellation d’un des évadés dans les heures qui ont suivi, mais jette une lumière crue sur les conditions de détention alarmantes qui prévalent dans cette région du Grand Bandundu.

L’évasion de la prison d’Idiofa n’est malheureusement pas un fait isolé, mais elle agit comme un révélateur des défaillances systémiques qui minent l’administration pénitentiaire. Arsène Kasiama, coordonnateur de la nouvelle société civile locale, dresse un constat sans appel. « Il y en a un qui est là-bas mourant. Il a une paralysie du côté gauche et souffre de la malaria cérébrale. On a essayé de l’amener à l’hôpital, le médecin exige l’argent. Nous nous posons la question, c’est une prison ou c’est quoi au juste ? » s’interroge-t-il, pointant du doigt l’abandon des détenus malades. La faiblesse du dispositif sécuritaire, illustrée par la présence d’un unique gardien, et la vétusté des installations, où des murs en briques adobes ont cédé la place à des tôles, constituent des facteurs qui, selon lui, favoriseraient régulièrement de tels incidents.

La situation à l’intérieur de l’enceinte carcérale est tout aussi préoccupante. Sur les soixante-huit détenus toujours incarcérés, un prisonnier souffre d’un cas grave de paralysie et de malaria cérébrale, sans avoir eu accès aux soins médicaux depuis plusieurs semaines. Cet état de fait soulève des questions fondamentales sur l’humanisation des conditions de détention. Comment un État de droit peut-il tolérer que des personnes placées sous sa garde soient privées du droit fondamental aux soins ? L’appel lancé par la société civile d’Idiofa pour une prise en charge médicale et une sécurisation des lieux trouve ici toute sa justification.

L’état piteux de la prison centrale d’Idiofa est symptomatique d’un problème plus large qui frappe le Grand Bandundu. Des établissements pénitentiaires construits à l’époque coloniale, notamment à Bulungu, Bagata, Gungu, Kenge et Inongo, se trouvent aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Cette dégradation généralisée des infrastructures n’est pas seulement une question de budget ; elle interroge la priorité accordée à la justice et à la réinsertion dans ces territoires. Le délabrement des prisons du Bandundu n’est plus une simple défaillance logistique, mais une crise humanitaire et sécuritaire latente.

La récurrence des évasions dans la province du Kwilu, facilitée par des murs improvisés et une surveillance minimale, pose un sérieux problème de sécurité publique. Si les détenus peuvent quitter aussi facilement leur lieu de détention, quelle garantie offre-t-on aux citoyens quant à l’exécution des peines prononcées par la justice ? La crédibilité même du système judiciaire est en jeu lorsque ses verdicts ne peuvent être appliqués dans des conditions dignes et sécurisées. Les autorités compétentes sont-elles conscientes de l’urgence à agir pour rénover la prison centrale d’Idiofa et ses homologues de la région ?

Au-delà des murs qui s’effritent, c’est tout un système qui montre des signes de faiblesse. La gestion des détenus, leur santé, leur sécurité et celle du personnel de garde nécessitent une refonte en profondeur. L’évasion de ce lundi 23 février doit servir de signal d’alarme. Elle n’est pas seulement le récit de sept hommes qui ont forcé une tôle ; elle est le symptôme d’un abandon plus profond des conditions carcérales en République Démocratique du Congo, particulièrement dans des provinces comme le Kwilu. La nouvelle société civile d’Idiofa, par la voix d’Arsène Kasiama, ne se contente pas de dénoncer ; elle appelle à une action concertée et immédiate. Sans une intervention rapide pour sécuriser les bâtiments, améliorer les conditions de vie et assurer une présence policière adéquate, d’autres évasions sont à craindre, et avec elles, une érosion continue de la confiance dans les institutions.

L’affaire de la prison d’Idiofa rappelle avec force que la dignité humaine ne s’arrête pas aux portes d’une cellule. La manière dont une société traite ses prisonniers est le miroir de son engagement envers l’État de droit. En attendant des mesures concrètes, les soixante-huit détenus restants, dont un homme gravement malade, continuent de vivre dans des conditions qui frisent l’inhumain, derrière des murs qui ne protègent plus personne.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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