Dans un élan de réalisation qui tranche avec les lenteurs souvent dénoncées dans les chantiers d’infrastructures, l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) rapporte une progression significative du projet transfrontalier reliant la République Démocratique du Congo à la Zambie. Les travaux de la route Kasomeno-Kasenga-Chalwe franchissent des étapes décisives, signalant une avancée tangible pour cette artère économique cruciale de la province du Haut-Katanga.
À la sortie de la cité de Kasenga, l’ossature de la route est désormais visible. Les équipes ont achevé la couche de base, une étape fondamentale qui précède la pose de la couche de roulement finale. Cette phase, observée légèrement après l’Université Agustin Katumba Mwanke, illustre la méthode appliquée : un avancement par tronçons, consolidant progressivement le tracé. L’approvisionnement en matériaux, pierre angulaire de toute construction routière, est assuré localement par la firme China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) à partir de deux carrières situées près du village de Makungu, réduisant ainsi les coûts logistiques et dynamisant l’économie de proximité.
Sur l’axe spécifique Makungu-Chalwe, long de 19 kilomètres, la plate-forme héritée des travaux préparatoires a été entièrement rehaussée et stabilisée. Elle est désormais prête à accueillir sa couche de base, préparant le terrain pour un revêtement durable. La gestion hydraulique, élément critique pour la longévité de l’infrastructure, a fait l’objet d’une attention particulière. Plusieurs ouvrages de franchissement, dont trois dalots et de nombreuses buses, ont été implantés selon les recommandations des études techniques pour assurer un drainage optimal des eaux de pluie, véritable fléau pour les routes de la région.
Le projet, d’envergure, a également nécessité des ajustements fonciers. Pour obtenir une emprise suffisante, des expropriations ont été réalisées. Toutefois, l’ACGT travaux routiers souligne une approche sociale structurée : au-delà d’une compensation financière, une relocalisation a été proposée aux habitants concernés dans des habitations neuves et durables, construites à proximité de leurs villages d’origine. Cette mesure vise à atténuer l’impact social tout en sécurisant le tracé définitif.
Les défis topographiques n’ont pas été éludés. Dans les zones escarpées, les ingénieurs ont eu recours au dynamitage pour attaquer la roche mère. Cette opération, suivie de l’évacuation méticuleuse des déblais, permet d’aplanir le terrain et d’atteindre une côte géométrique compatible avec le passage futur des poids lourds. Ces camions, destinés à devenir les principaux usagers de cette voie, symbolisent l’objectif premier du chantier : faciliter le transport des marchandises et des minerais, fluidifier les échanges et désenclaver une région au potentiel économique immense.
Parallèlement aux travaux terrestres, le pont Luapula, pièce maîtresse de ce projet transfrontalier RDC Zambie, connaît une évolution spectaculaire. L’ACGT annonce un calendrier ambitieux mais crédible : la livraison de cet ouvrage d’art est prévue pour juillet 2026. Les fondations de ce géant de 310 mètres de portée, qui enjambera la rivière Luapula pour connecter Chalwe Kabila (Zambie) à Chalwe (RDC), sont en cours de finalisation. Les quatre assises, incluant deux piles et deux culées, ont été enfoncées à plus de dix mètres de profondeur pour garantir une stabilité à toute épreuve. La logistique est à la hauteur du défi : une barge spécialement construite assure la navette du matériel entre les deux rives, depuis la base-vie établie côté zambien.
Quel sera l’impact réel de cette infrastructure sur le tissu économique du Haut-Katanga et au-delà ? La réponse se dessine dans les chiffres : ce projet de concession accordé à GED Africa comprend 98 kilomètres de route en RDC et 90 km en Zambie. Il ne s’agit pas seulement de bitume et de béton, mais d’un corridor de développement. En réduisant considérablement les temps de trajet et les coûts de transport, il vise à booster la compétitivité des exportations congolaises, à attirer de nouveaux investissements et à stimuler les é commerciaux intra-régionaux au sein de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC).
L’avancement chantier Haut-Katanga démontre qu’une exécution rigoureuse et planifiée est possible. La synchronisation entre les travaux routiers et la construction du pont est essentielle pour maximiser les retombées. Si le rythme actuel est maintenu, ce corridor Kasomeno-Kasenga-Chalwe pourrait bien devenir, d’ici la fin de la décennie, l’une des artères vitales de l’intégration économique centre-africaine, transformant une frontière en un point de passage et de prospérité partagée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
