La situation sécuritaire dans le sud du territoire d’Irumu, en Ituri, demeure extrêmement préoccupante. Les attaques répétées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) frappent de plein fouet l’économie locale. L’agriculture est à l’arrêt, les échanges commerciaux sont paralysés et le spectre d’une crise alimentaire plane sur la région. Cette insécurité persistante à Irumu crée un cercle vicieux de pauvreté et de peur.
Dans la zone de Bandavilemba, cœur économique de la région, l’agriculture est quasiment à l’arrêt. De nombreux paysans, craignant pour leur vie, ont abandonné leurs terres. Ceux qui persistent font face à un double défi : produire sans se faire tuer, puis écouler leurs récoltes. Comment cultiver lorsque chaque sortie aux champs peut être fatale ? Où vendre ses récoltes lorsque les circuits commerciaux sont brisés ? Un habitant de la zone souligne la difficulté de produire des haricots en quantité suffisante. Même lorsque des récoltes sont possibles, la commercialisation devient un casse-tête.
Le commerce n’est pas épargné par cette insécurité généralisée. Le climat de terreur est entretenu par des incursions sanglantes. L’attaque récente du village de Butani a entraîné l’incendie de trois motos et des violences contre des civils. Cette insécurité chronique décourage tout investissement, même modeste. Les boutiques et kiosques fonctionnent au ralenti, faute de clients. Le pouvoir d’achat a considérablement baissé, les agriculteurs ne trouvant plus preneurs pour leurs produits. La peur d’un pillage ou d’une attaque surprise paralyse les opérateurs économiques. L’économie de l’Ituri est ainsi asphyxiée, plongeant les populations dans une précarité alarmante.
Selon des observateurs locaux, les points de vente sont fermés ou presque. Christophe Munyanderu, activiste des droits de l’homme, confirme cette paralysie. Les opérateurs hésitent à injecter du capital, redoutant une offensive des assaillants. Cette situation aggrave les conditions de vie, avec une baisse drastique des revenus. Les attaques rebelles dans le sud d’Irumu ont donc des conséquences directes sur la survie des communautés. L’économie paralysée en Ituri est un symptôme d’une crise plus profonde, liée à l’absence de sécurité.
La menace d’une crise alimentaire en Ituri devient de plus en plus tangible. Les réserves s’amenuisent, l’accès aux marchés étant compromis. Les populations rurales sont prises au piège entre la violence des armes et la faim. Les organisations humanitaires peinent à intervenir dans ces zones à haut risque. L’urgence d’une réponse coordonnée se fait criante. Comment éviter une catastrophe humanitaire lorsque les bases de la subsistance sont détruites ? La crise alimentaire menace de s’étendre si rien n’est fait pour rétablir la sécurité.
Face à cette situation, les autorités sont interpellées. Une action sécuritaire robuste s’impose pour neutraliser la menace des ADF dans la région. Sans un retour à la paix, l’économie locale ne pourra se relever. La communauté internationale suit de près l’évolution de la crise. En attendant, les habitants du sud d’Irumu continuent de vivre dans l’angoisse, espérant des jours meilleurs. Le bilan est lourd : une région entière prise en otage par la violence, avec des perspectives économiques sombres. Seule une intervention déterminée pourra briser ce cycle infernal.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
