Près de trois ans après son lancement officiel, le Programme de la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né en République démocratique du Congo se trouve à un tournant crucial. Le Président Félix Tshisekedi vient d’exhorter son gouvernement à sécuriser son financement, une étape vitale pour transformer cette mesure emblématique en réalité durable pour toutes les Congolaises.
Lors du récent Conseil des ministres, le Chef de l’État a donné une instruction claire : trouver sans délai des mesures urgentes et pérennes de financement. Pourquoi cette urgence ? Parce que derrière ce programme se cache un enjeu de santé publique majeur : la réduction significative de la mortalité maternelle et néonatale. En RDC, où l’accès aux soins reste un parcours du combattant pour beaucoup, la gratuité de la maternité constitue une bouée de sauvetage. Imaginez une jeune mère qui ne doit plus choisir entre payer les frais d’accouchement et nourrir sa famille. C’est cette réalité que le programme cherche à instaurer.
Le mécanisme actuel, un savant mélange entre le Trésor public et des financements externes comme le Programme multisectoriel de nutrition et de santé (PNMS) de la Banque mondiale, a déjà porté ses fruits. Plusieurs millions d’accouchements ont été assurés gratuitement et de nombreux nouveau-nés, malades ou prématurés, ont reçu des soins spécialisés. Des chiffres qui ne sont pas de simples statistiques, mais représentent des vies sauvées et des familles préservées. Cependant, comme tout traitement médical qui fonctionne, la question de la continuité du traitement se pose. Le Président Tshisekedi l’a souligné : il faut éviter à tout prix l’accumulation d’arriérés de paiement aux hôpitaux, un virus qui pourrait anéantir tous les progrès accomplis.
Mais comment garantir sa pérennité ? La tâche a été confiée en priorité à la Première Ministre, en concertation avec les ministres clés du Budget, des Finances et de la Santé Publique. Leur mission : identifier des solutions rapides et construire un modèle financier solide. Cela pourrait passer par une implication accrue des partenaires techniques et financiers, dans le strict respect des lois congolaises. C’est un peu comme renforcer les défenses immunitaires d’un organisme : il faut diversifier les sources de nutriments pour qu’il résiste aux chocs.
Ce programme est bien plus qu’une mesure sociale ; c’est la première pierre de l’édifice de la Couverture Santé Universelle (CSU) en RDC, une vision portée dès le premier mandat du Président Tshisekedi. Son extension aux 26 provinces du pays est l’un des six engagements phares de son second quinquennat. L’objectif est clair : garantir un meilleur accès aux services sociaux de base, avec la santé en fer de lance. La logique est implacable : une mère en bonne santé et un nouveau-né bien soigné sont le fondement d’une famille et, in fine, d’une nation en bonne santé.
Alors, quel est le pronostic ? L’instruction présidentielle agit comme un électrochoc nécessaire. Elle rappelle que la volonté politique est le premier médicament pour guérir un système de santé fragile. La suite dépendra de la capacité à traduire cette volonté en flux financiers stables. Si ce financement du programme santé RDC est assuré, la gratuité pourra passer du stade de « projet pilote réussi » à celui de « politique d’État ancrée ». Pour des millions de Congolaises en âge de procréer, l’espoir d’accoucher dans la dignité et la sécurité, sans la peur de la facture, est à portée de main. Le défi est de taille, mais l’enjeu – la vie des mères et de leurs enfants – est sans prix.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
