L’Examen d’État, ce rituel annuel qui scelle le destin scolaire de centaines de milliers de jeunes Congolais, est sur le point de vivre une métamorphose historique. Alors que les lenteurs administratives et les interrogations sur l’intégrité ont souvent terni cette épreuve, le gouvernement opère un virage stratégique vers le numérique. Du 23 au 26 février, la capitale Kinshasa est le théâtre d’un atelier dédié à la modernisation et à l’optimisation du processus de gestion des données de l’Exetat. Cette initiative n’est pas isolée ; elle s’ancre dans la feuille de route du plan quinquennal du système éducatif 2024-2029, qui fait des technologies de l’information un pilier central de sa refonte.
Cet atelier sur la digitalisation de l’éducation à Kinshasa rassemble les principaux maillons de la chaîne éducative nationale : inspecteurs principaux provinciaux, directeurs des provinces éducatives et divers responsables techniques. Leur mission ? Poser les fondations concrètes d’une transformation numérique complète de l’Examen d’État. Le vice-ministre de l’Éducation nationale, Théo Kazadi, a donné le ton en ouvrant les travaux. Pour lui, la digitalisation de l’Examen d’État en RDC est bien plus qu’une simple modernisation technique ; c’est un « levier incontournable » pour instaurer une ère de transparence, de fiabilité et de célérité dans le traitement des données. Une vision qui, si elle se concrétise, pourrait redonner confiance à toute une nation dans ce diplôme crucial.
Mais pourquoi une telle urgence à digitaliser ? L’inspecteur général de l’Éducation, Hubert Kimboza, apporte des réponses pragmatiques. La modernisation de la gestion des données de l’Examen d’État a un objectif clair : réduire drastiquement les délais, souvent anxiogènes, de traitement et de publication des résultats. Imaginez : finies les attentes interminables pour des centaines de milliers de familles. Un système numérique fluidifierait également la coordination entre les différentes instances, minimiserait les erreurs humaines et renforcerait la traçabilité et la sécurité des informations. Ne serait-ce pas là un progrès tangible pour les élèves et pour l’administration ?
Cette dynamique de modernisation s’inscrit dans un cadre plus large, celui du plan quinquennal éducation 2024-2029. Le gouvernement semble avoir pris acte que l’avenir de l’école congolaise passe par une intégration maîtrisée du numérique. Pourtant, des questions cruciales persistent. Comment garantir que cette transition vers un Examen d’État numérique RDC profite équitablement à tous les élèves, y compris dans les provinces éloignées où la connectivité reste un défi ? L’atelier devra aborder sans détour les sujets de l’infrastructure, de la formation des agents et de l’accessibilité. La réussite de cette digitalisation dépendra de sa capacité à être inclusive.
Les enjeux sont donc colossaux. D’un côté, la promesse d’une gestion plus efficace et transparente, limitant les risques de fraude et d’erreur. De l’autre, le défi de ne laisser personne sur le bord du chemin numérique. Hubert Kimboza le souligne : cet engagement continu du gouvernement vise avant tout à améliorer la crédibilité et l’organisation des épreuves certificatives nationales. Cet atelier de trois jours est donc une étape clé, un laboratoire d’idées où se dessine l’Examen d’État de demain.
Alors que les discussions se poursuivent à Kinshasa, l’espoir est permis. La digitalisation de l’Examen d’État pourrait marquer un tournant décisif pour le système éducatif congolais, démontrant que l’innovation technologique peut être mise au service de l’intérêt général et de la justice sociale. Le chemin sera long et semé d’embûches, mais la direction est tracée. Pour les générations futures de bacheliers, c’est la perspective d’un processus plus équitable, plus rapide et plus fiable qui commence à prendre forme. La RDC parviendra-t-elle à relever ce défi numérique ? La réponse se construit, jour après jour, dans cet atelier et dans les actions qui suivront.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
