La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) met un terme, ce lundi 23 février 2026, à l’opération de réception des candidatures pour les postes de gouverneur et vice-gouverneur de la province du Sankuru. Cette étape cruciale du processus électoral, ouverte depuis le 4 février, s’achève au Bureau de réception et de traitement des candidatures (BRTC) de Lusambo, marquant le début d’une nouvelle phase dans la course à la gouvernance de cette entité du centre de la République Démocratique du Congo.
Selon les données officielles communiquées par le secrétariat exécutif provincial de la CENI Sankuru, dix dossiers de candidature ont été enregistrés au terme de cette période. Ce chiffre, bien que modeste, reflète une dynamique politique locale où se mêlent retours d’anciennes figures et émergence de nouvelles ambitions. La qualité des candidats enregistrés suscite d’ores et déjà un vif débat public quant à l’avenir de la province.
Parmi les candidatures notables figurent celles de deux anciens gouverneurs de la province. Leur retour dans l’arène politique interroge : que comptent-ils proposer de nouveau pour répondre aux défis accumulés ? Leur expérience passée, perçue tantôt comme un atout, tantôt comme un handicap, constitue un argument central de la pré-campagne qui s’esquisse déjà dans les cercles politiques et la société civile. Parallèlement, quatre députés provinciaux ont également déposé leur dossier, l’un visant le poste de gouverneur titulaire et les trois autres celui de vice-gouverneur. Cette mobilité des élus provinciaux illustre les recompositions en cours au sein de la classe politique locale.
Un autre aspect significatif de cette réception des candidatures est la participation féminine. Trois femmes ont en effet soumis leur dossier, dont une ancienne ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant. Si leur nombre reste limité, leur présence symbolise une timide ouverture dans un paysage politique provincial encore largement dominé par les hommes. Cette participation, bien qu’encore minoritaire, représente-t-elle une réelle avancée ou un simple affichage ? La question mérite d’être posée alors que les débats sur la parité en politique restent d’actualité en RDC.
Conformément au calendrier électoral réaménagé par la CENI, la phase qui suit la clôture des dépôts prévoit une période d’ajustements. Les candidats auront ainsi la possibilité de procéder à l’ajout, au retrait ou à la substitution de pièces within leurs dossiers. Cette étape de vérification et de régularisation administrative est primordiale pour assurer la transparence et la crédibilité du processus. La CENI publiera ensuite la liste provisoire des candidats le 4 mars prochain, ouvrant la voie aux éventuels recours et contentieux.
Initialement programmées pour le 24 mars 2026, les élections du gouverneur et du vice-gouverneur du Sankuru se tiendront finalement le 7 avril prochain. Ce réaménagement calendaire, intervenu à la suite de consultations, vise à garantir la bonne organisation technique du scrutin. Cette élection provinciale revêt une importance capitale pour le Sankuru, une province riche en potentialités mais confrontée à d’importants défis en matière de développement infrastructurel, de sécurité et de services sociaux de base.
Au-delà des simples chiffres, cette échéance électorale cristallise des enjeux politiques locaux profonds. Elle met en lumière les luttes d’influence, les alliances en gestation et les projets de société concurrents. Le retour d’anciens dirigeants côtoie l’ambition de nouvelles figures, créant un mélange des genres qui pourrait soit innover, soit reproduire les schémas du passé. La population du Sankuru, forte d’attentes légitimes en matière de gouvernance, d’emploi et de développement, observe ces manœuvres avec un intérêt mêlé de prudence.
Les députés provinciaux, qui formeront le collège électeur chargé de désigner le futur gouverneur, portent une lourde responsabilité. Leur vote déterminera la trajectoire de la province pour les années à venir. Leur choix devra-t-il privilégier l’expérience ou le renouveau ? La réponse à cette question rhétorique engage l’avenir de toute une collectivité. La crédibilité des élections provinciales RDC en général, et de ce scrutin en particulier, dépendra de la capacité de la CENI Sankuru à conduire un processus transparent, apaisé et accepté par tous.
En définitive, la clôture des candidatures gouverneur marque le vrai coup d’envoi de la bataille politique pour le Sankuru. Les semaines à venir, ponctuées par la publication des listes et la campagne officielle, seront décisives. Elles permettront de jauger la solidité des candidatures, la pertinence des programmes et la maturité démocratique des acteurs. Tous les regards sont désormais tournés vers Lusambo et vers les députés qui auront à trancher. L’issue des élections gouverneur Sankuru 2026 façonnera incontestablement le paysage de la politique Sankuru pour la prochaine mandature, dans un contexte national où la décentralisation effective reste un défi majeur.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
