Dans un mouvement stratégique visant à consolider les fondamentaux économiques nationaux, la Banque centrale du Congo (BCC) a franchi une étape décisive ce vendredi 20 février à Kinshasa. Sous la signature de son gouverneur, André Wameso, un contrat a été scellé avec la société DRC Gold Trading. L’objectif affiché est clair et ambitieux : renforcer significativement la constitution de réserves or Banque centrale Congo, transformant ainsi une richesse minière nationale en un véritable levier de stabilité économique RDC.
Concrètement, ce partenariat institue un circuit vertueux. DRC Gold Trading, une entreprise congolaise dont l’État est l’actionnaire majoritaire, aura pour mission d’acheter l’or produit par les artisans et exploitants nationaux. Cet or, une fois acquis, sera ensuite vendu à la BCC. La banque centrale procédera alors à sa transformation en or monétaire RDC, l’intégrant directement à ses réserves internationales. « Ce mécanisme permet de rendre notre monnaie plus forte », a souligné André Wameso, décrivant une boucle économique où la production locale alimente directement la souveraineté financière du pays.
Mais au-delà du mécanisme technique, quelle est la portée réelle de cette initiative ? Il s’agit, selon le gouverneur, d’une prérogative fondamentale de la BCC pour consolider la stabilité macroéconomique et l’indépendance monétaire. Dans un contexte global marqué par l’incertitude, la détention d’or monétaire constitue un actif-refuge de premier ordre, un « bouclier » contre les chocs externes. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux devises étrangères et à offrir au pays une marge de manœuvre pour importer des biens essentiels en cas de nécessité. « C’est pour que le Congolais se rende compte que, par son travail quotidien, il renforce son économie et donne à son pays des réserves sur lesquelles compter », a-t-il expliqué, élargissant la perspective à tous les secteurs productifs.
L’appel lancé par le gouverneur va en effet bien au-delà du seul secteur aurifère. Il s’agit d’une véritable prise de conscience économique nationale. Que l’on soit agriculteur, artisan ou petit entrepreneur, chaque acte de production et d’épargne participe au renforcement de l’édifice économique national. Cet accord avec DRC Gold Trading sert ainsi de modèle et de catalyseur. Il démontre comment la valorisation interne des ressources peut se traduire par un gain de souveraineté et de résilience. La présence de la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, lors de la signature, souligne l’importance gouvernementale accordée à cette politique monétaire congolaise proactive.
Quel impact concret cela aura-t-il sur l’économie congolaise ? À court et moyen terme, l’accroissement des réserves en or devrait contribuer à stabiliser le franc congolais (CDF), en renforçant la confiance des marchés et en limitant la volatilité. Une monnaie plus stable est un carburant essentiel pour les investissements et la planification économique des entreprises. À plus long terme, cette politique pourrait modifier la structure même des réserves internationales de la RDC, aujourd’hui encore largement dépendante d’autres actifs, en y ancrant solidement une part croissante d’or physique national.
Ce contrat représente donc bien plus qu’une simple transaction commerciale. Il incarne une vision stratégique où la richesse du sous-sol congolais cesse d’être uniquement une exportation pour devenir le pilier central de la stabilité économique RDC. Le succès de cette initiative dépendra de sa mise en œuvre effective, notamment de la capacité à drainer l’or produit dans les zones reculées vers le circuit officiel. Si ce défi logistique et institutionnel est relevé, la République Démocratique du Congo se sera dotée d’un outil puissant pour naviguer dans les eaux souvent tumultueuses de l’économie mondiale, en s’appuyant sur la solidité intemporelle de l’or monétaire.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
