La santé des mères et des enfants dans l’Est de la République Démocratique du Congo enregistre une avancée significative. L’ONG internationale Action contre la Faim RDC a achevé la réhabilitation et l’équipement de seize structures sanitaires cruciales, offrant une bouffée d’oxygène à des milliers de familles vulnérables. Cette action concrète, rendue possible par un financement de la communauté d’affaires, illustre l’impact décisif que peuvent avoir les partenariats stratégiques sur le terrain humanitaire.
Neuf centres de santé et sept maternités ont été remis à niveau dans les zones de Drodro, en Ituri, et de Bambo, au Nord-Kivu. Ces régions, marquées par des années d’instabilité, souffraient d’un accès très limité à des soins de qualité, particulièrement pour la santé maternelle et infantile. La réhabilitation de ces infrastructures va bien au-delà d’un simple ravalement de façade. Il s’agit de restaurer la dignité et la sécurité des soins pour des populations qui en étaient souvent privées.
« Concrètement, réhabiliter les centres de santé et les maternités permet d’assurer un accès plus sûr et plus digne aux soins », a souligné Julie Drouet, directrice pays d’Action contre la Faim. L’impact se mesure déjà en chiffres : ces structures permettront désormais d’assurer au moins 13 000 consultations mensuelles pour les mères et les enfants de la zone de Bambo. Imaginez l’effet domino : une mère qui peut accoucher dans des conditions hygiéniques, un nouveau-né qui reçoit ses premiers vaccins, un enfant soigné à temps pour une simple infection qui ne dégénère pas en pneumonie. C’est toute une chaîne de survie et de bien-être qui se renforce.
Mais d’où viennent les ressources pour un tel projet humanitaire Congo ? L’initiative a été financée à hauteur de 25 810 dollars américains, une somme mobilisée de manière innovante. La Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise a joué un rôle de catalyseur, organisant un dîner de gala à Kinshasa pour réunir sponsors et donateurs autour de cette cause. Hélène Duffar Champredon, sa directrice générale, insiste sur ce double objectif : « Nous avons mobilisé pour une association qui œuvre dans la lutte contre la faim dans l’Est (…) Nous mobilisons aussi les entreprises pour que les fonds soient affectés à une vraie cause. » Ce modèle de financement privé au service de l’action humanitaire publique montre une voie prometteuse pour pallier les carences chroniques du système.
Pourquoi cet accent sur la santé maternelle infantile RDC est-il si critique ? Le pays affiche encore l’un des taux de mortalité maternelle et infantile parmi les plus élevés au monde. Dans des zones reculées et affectées par les conflits comme l’Ituri et le Nord-Kivu, une femme enceinte ou un enfant malade doit parfois parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver une structure de soins opérationnelle, un voyage souvent impossible. La réhabilitation de centres de proximité comme ceux de Drodro et de Bambo brise cette barrière géographique et sauve des vies directement.
L’action ne se limite pas aux murs. Équiper une maternité, c’est fournir du matériel stérile pour les accouchements, des lits en état, une source d’eau propre et de l’électricité. Réhabiliter un centre de santé, c’est garantir la chaîne du froid pour les vaccins et mettre à disposition des médicaments essentiels. Ces détails, techniques en apparence, font toute la différence entre un soin efficace et un risque majeur d’infection ou d’échec thérapeutique.
Cette initiative pose une question essentielle : comment pérenniser de tels efforts ? La réhabilitation est une première étape vitale, mais le défi suivant est celui du fonctionnement au quotidien – salaires du personnel, approvisionnement en médicaments, maintenance des équipements. Le succès de ce projet humanitaire Congo pourrait servir de modèle et inspirer d’autres partenariats similaires. Il démontre que des investissements ciblés et de taille raisonnable peuvent avoir un effet transformateur sur la santé publique dans les provinces les plus fragiles.
La leçon à retenir est claire. Améliorer la santé en RDC passe par un maillage territorial solide de structures de soins de base accessibles à tous. Le travail de réhabilitation des centres de santé Ituri et du Nord-Kivu par Action contre la Faim, soutenu par le secteur privé, est un pas concret dans cette direction. Il offre une perspective tangible d’amélioration pour des milliers de Congolais et rappelle que la solidarité, lorsqu’elle est bien canalisée, constitue un rempart indispensable contre la vulnérabilité et la maladie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
