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Édito de la semaine du 16 au 22 février 2026 — L’Est congolais au bord de la rupture : urgence humanitaire, blocage politique

Derrière les chiffres vertigineux et les communiqués diplomatiques, un cri sourd monte de l’Est de notre pays. Cette semaine, encore, les espoirs de paix se sont heurtés à la réalité d’une guerre qui s’étend, d’épidémies meurtrières et d’un engrenage humanitaire qui semble sans fin. Face à l’indifférence ou l’impuissance politique, la RDC vacille à la frontière du chaos social et moral. Notre échec collectif à protéger l’essentiel : la vie, la dignité, l’avenir de millions de compatriotes, exige un sursaut de tous les Congolais.

Le fil conducteur de ces derniers jours, à travers la multiplicité des titres comme des témoignages, reste inlassablement celui de la guerre à l’Est. Malgré les annonces de cessez-le-feu sous l’égide de la CIRGL ou de l’Union africaine et l’activisme diplomatique intense (Doha, Washington, Addis-Abeba), la région du Nord et Sud-Kivu s’enlise dans la violence. Affrontements éclatent chaque jour entre M23/FARDC, groupes Wazalendo, et milices ADF, entraînant de nouveaux déplacements massifs. Selon le dernier rapport gouvernemental, 17 000 atteintes à l’intégrité physique y ont été recensées en une année, et le nombre de déplacés internes explose au-dessus de 7,4 millions. Les populations de Kalehe, Walungu, ou Rutshuru fuient par dizaines de milliers, tombant dans une précarité extrême, souvent sans aucune protection ni perspective de retour.

À l’urgence sécuritaire s’ajoute l’impasse humanitaire : triple épidémie (choléra, mpox, rougeole) au Sud-Kivu, hôpitaux saturés, écoles paralysées ou détruites, plus de 688 000 enfants privés d’accès à l’éducation dans la région. Les intervenants d’urgence, à l’image de la MONUSCO ou de MSF, dénoncent l’insécurité chronique sur les axes humanitaires et la faiblesse des réponses. L’État peine à répondre, entre grèves de médecins, pénuries, arriérés de salaires, et infrastructures délabrées. Le Sud-Kivu illustre cruellement cette double peine : la guerre vole l’avenir de toute une génération, la maladie frappe là où l’espoir aurait besoin d’être ravivé.

Le décor politique n’est pas moins alarmant. La critique de l’état de siège dans l’Ituri et le Nord-Kivu prend de l’ampleur, tant dans la société civile que parmi la classe politique elle-même. Les appels à un dialogue national inclusif, portés par la jeunesse, les confessions religieuses, la diaspora ou certains opposants, sont confrontés à l’usure des débats institutionnels et à l’irrésolution du gouvernement. La question de la gouvernance sécuritaire et sociale, du rôle et des limites de la MONUSCO, des réponses ministérielles, fuse en même temps que nos concitoyens réclament concret et changement.

Rien n’est isolé : la sécurité, la santé, l’école, la confiance institutionnelle, tout est lié. L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux dialogues de façade. Nous devons repenser l’action publique sur des bases de protection des civils, d’accès aux droits fondamentaux et de gestion intègre des ressources. Cela suppose de sortir des postures, d’ouvrir vraiment la table à la société civile, d’oser la transparence et de porter la voix des oubliés de Goma, Beni, Bukavu, Uvira ou Walikale jusque dans les centres du pouvoir.

Nous l’affirmons : chaque minute de passivité coûte des vies et détruit l’âme de la République. Nous lançons un appel clair au gouvernement, à tous les partenaires, à la société congolaise : refusez la banalisation du drame à l’Est, reconnaissez que la sécurité sans la dignité et sans l’accès aux soins n’est que façade. Il est urgent de bâtir une gouvernance qui protège, qui écoute, qui agit au-delà des clivages partisans et de l’orgueil institutionnel. Sortir de l’exception sécuritaire ne signifie pas abandonner la cause de la paix, mais rendre à la loi et aux citoyens leur force principale : la justice, la solidarité, la lucidité. Que chacun, à son échelle, s’engage. La RDC ne pourra survivre et grandir sans ce sursaut national et humaniste.

— La Rédaction de CongoQuotidien

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