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Corruption universitaire à Kongo : un professeur suspendu pour travaux pratiques payants

Dans un secteur éducatif congolais souvent ébranlé par des pratiques douteuses, l’Université Kongo, située à Mbanza-Ngungu dans le Kongo-Central, vient de prendre une décision ferme qui fait parler. Un enseignant a été suspendu après avoir exigé des étudiants le paiement de 15 000 francs congolais pour la simple remise de leurs travaux pratiques. Cette affaire, révélée par un communiqué du rectorat, soulève une question fondamentale : jusqu’où peut aller la marchandisation de l’éducation en République Démocratique du Congo ?

L’enseignant en question, responsable du cours de Médecine traditionnelle en troisième année de doctorat de Médecine, aurait systématiquement conditionné l’accès à l’évaluation pratique à une contribution financière de chaque étudiant. Une somme qui, pour beaucoup de jeunes Congolais, représente une part significative de leurs ressources mensuelles. Comment, dans un tel contexte, prétendre garantir l’égalité des chances et l’intégrité académique, valeurs pourtant chères aux institutions d’enseignement supérieur ?

Face à ces faits vérifiés, le comité de gestion de l’Université Kongo n’a pas tergiversé. La sanction a été immédiate et sans appel : suspension de toute activité académique pour l’enseignant mis en cause, avec obligation de libérer le logement de fonction qui lui était attribué. Cette mesure radicale envoie un signal fort contre la corruption universitaire en RDC, un fléau qui mine la crédibilité de nombreuses institutions. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le chef de promotion et son adjoint, accusés d’avoir servi d’intermédiaires dans la collecte des fonds, écopent également de suspensions. Le message du rectorat est clair : toute complicité dans des pratiques illicites sera sévèrement réprimée.

« Cette décision vise à préserver la crédibilité de l’institution et à garantir une formation basée sur l’intégrité et l’égalité de traitement », peut-on lire dans le communiqué. Un langage administratif qui cache une réalité plus sombre. De nombreux étudiants, sous couvert d’anonymat, confient que de telles pratiques ne sont malheureusement pas isolées. « On nous demande souvent de l’argent pour des polycopiés, pour avoir accès aux salles de TP, ou même pour que nos copies soient corrigées », témoigne l’un d’eux. Cette suspension d’un enseignant à Kongo serait-elle donc la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste ?

Le scandale de l’Université Kongo intervient dans un contexte national où la lutte contre la corruption dans l’enseignement supérieur peine à produire des résultats tangibles. Les travaux pratiques payants ne sont souvent que la face visible d’un système de prélèvements informels qui alourdit considérablement le fardeau financier des familles. Pourtant, l’éducation est un droit, non un privilège monnayable. En prenant cette sanction exemplaire, l’Université Kongo tente de réaffirmer son attachement aux valeurs de probité et d’excellence. Mais une question demeure : une suspension suffit-elle à éradiquer des pratiques si profondément enracinées dans certains milieux universitaires ?

Le rectorat a profité de cette affaire pour lancer un appel solennel à la vigilance à toute la communauté universitaire. Tout monnayage des enseignements, des supports de cours ou des évaluations est strictement interdit. Les étudiants et le personnel sont incités à dénoncer sans délai tout comportement similaire. Cette démarche proactive est essentielle pour recréer un climat de confiance. L’intégrité académique n’est pas une option décorative ; elle est le socle sans lequel aucun diplôme n’a de valeur. Peut-on former les médecins de demain, ceux qui auront la vie de nos concitoyens entre les mains, sur un fondement aussi corrompu ?

L’enjeu, finalement, dépasse le simple cas disciplinaire. Il touche à l’avenir même de la nation. Une université où le savoir se négocie au prix fort est une université qui trahit sa mission. Les mesures prises par l’Université Kongo sont un premier pas nécessaire, mais elles doivent s’inscrire dans une politique de transparence et de contrôle renforcé à long terme. La bataille pour assainir le milieu éducatif congolais est loin d’être gagnée, mais chaque action ferme constitue un pavé sur le chemin de la réforme. La communauté estudiantine, elle, observe et attend des actes concrets qui protègent enfin son droit à apprendre dans la dignité et l’équité.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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