Quatorze ans après son inscription dans la loi des finances, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) a officiellement lancé ses activités à Kinshasa. Cette opérationnalisation, attendue depuis 2008, marque un tournant décisif dans la réforme des finances publiques en République Démocratique du Congo. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, cette institution devient l’épicentre d’une déconcentration de l’ordonnancement, un mécanisme destiné à assurer une gestion plus rigoureuse et traçable de chaque franc congolais.
Le secteur des finances publiques, véritable colonne vertébrale de l’État, enregistre ainsi une avancée structurelle majeure. La mise en service de la DGTCP RDC ne se résume pas à l’inauguration d’un bâtiment moderne ; elle symbolise l’activation d’un levier stratégique pour discipliner l’exécution budgétaire. Comment cette réforme va-t-elle transformer la gestion du Trésor public ? Elle introduit un principe de proximité et de responsabilité, en déléguant l’ordonnancement des dépenses à des comptables publics principaux et secondaires désormais opérationnels au sein des ministères. Cette déconcentration de l’ordonnancement vise à briser les lenteurs bureaucratiques et à améliorer l’efficacité de la dépense publique, au service du développement national.
Concrètement, le ministre des Finances a supervisé l’évaluation des engagements liés à cette transformation. Parmi les réalisations tangibles, on note le déploiement progressif dans les ministères pilotes, l’opérationnalisation de comptables publics recrutés et formés, ainsi que le renforcement des dispositifs de traçabilité des opérations du Trésor. Ces mesures répondent à une exigence de transparence, chère à la vision du Président Félix Tshisekedi. « Nous déclarons de manière effective le début de la déconcentration de l’ordonnancement. Le ministère des Finances doit rester dans son rôle stratégique : mobiliser et structurer les financements nécessaires à l’accélération du développement économique de notre pays », a martelé Doudou Fwamba. Cette déclaration cadre avec l’objectif de redonner au ministère des Finances RDC sa vocation première de stratège, en le déchargeant des tâches purement exécutives.
Sur le plan des engagements internationaux, la réforme finances publiques Congo enregistre un score positif. Dans le cadre du programme avec le Fonds Monétaire International (FEC), huit engagements sur onze ont d’ores et déjà été réalisés. Les actions en cours sont tout aussi structurantes : dotation en matériel des postes comptables dans quatre ministères pilotes, ouverture de comptes d’opération à la Banque Centrale du Congo (BCC), interfacage des modules de trésorerie avec le système d’information de la BCC, et déploiement du logiciel de la chaîne de la dépense dans cinq autres ministères, dont la Défense nationale et l’Agriculture. Cette feuille de route technique démontre une approche méthodique pour ancrer la modernisation.
L’impact économique de cette mue est considérable. En garantissant une meilleure traçabilité des fonds, la DGTCP agit comme un vaccin contre les détournements et les gaspillages. Elle permet d’aligner plus précisément les engagements de dépenses avec la disponibilité réelle des crédits, grâce à un arrêté interministériel portant régulation budgétaire. À plus long terme, une gestion assainie des deniers publics renforcera la crédibilité financière de l’État congolais, condition sine qua non pour attirer les investissements et financer les ambitieux projets d’infrastructures. La mise en place d’un mécanisme de ressources propres, stables et prévisibles pour la Direction générale du Trésor assure également sa pérennité opérationnelle, loin des aléas budgétaires.
Le directeur général a.i. de la DGTCP, Serge Maabe Mwanyimi, a salué l’implication personnelle du ministre dans la concrétisation de ce projet. Pour sécuriser cet acquis, une charte d’utilisation des locaux et un dispositif de contrôle interne ont été instaurés. La réussite de cette réforme finances publiques Congo ne se mesurera pas uniquement à l’aune des procédures mises en place, mais à leur capacité à irriguer efficacement l’économie réelle. La déconcentration de l’ordonnancement représente-t-elle la clé d’une exécution budgétaire plus vertueuse ? Les prochains mois, avec le déploiement complet dans l’ensemble de l’administration, apporteront une réponse concrète. Une chose est certaine : la RDC vient de se doter d’un outil puissant pour transformer la gouvernance économique et accélérer sa marche vers le développement.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
