31.5 C
Kinshasa
vendredi, février 20, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSecuritéNord-Kivu : les FARDC accusent Kigali et le M23 de violer le...

Nord-Kivu : les FARDC accusent Kigali et le M23 de violer le cessez-le-feu

Les tensions dans l’Est de la République démocratique du Congo connaissent une nouvelle escalade préoccupante. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont formellement accusé, ce jeudi, l’armée rwandaise et ses alliés du mouvement rebelle M23 d’avoir orchestré une série d’attaques coordonnées contre leurs positions. Ces incidents, survenus dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, constituent une violation flagrante du cessez-le-feu proposé par le médiateur angolais, le président João Lourenço. Les autorités militaires congolaises y voient une tentative délibérée de saboter le fragile processus de paix en cours.

Dans un communiqué officiel daté du 20 février 2026, l’état-major général des FARDC fournit des détails alarmants sur ces assauts. Selon le document, les 18 et 19 février derniers, des éléments de la Force spéciale de l’armée rwandaise, opérant conjointement avec des combattants de l’AFC/M23, ont lancé des offensives simultanées. Au Nord-Kivu, les localités ciblées sont Ihula, dans le territoire de Walikale, ainsi que les collines stratégiques de Kazaraho, Bugabo, Cahi et Virumbi, situées dans le territoire de Rutshuru. Ces zones, théâtres récurrents de conflits, sont une nouvelle fois plongées dans la violence.

Le Sud-Kivu n’a pas été épargné. Le même communiqué rapporte des attaques attribuées à une coalition hétéroclite incluant les « RDF/M23/Twiraneho/FNL/Nzabapema/Red Tabara ». Les villages de Mikenge et Kalonge, dans les Hauts-Plateaux de Fizi–Uvira, ainsi que Kahungwe, Kanga et Lugeje ont été touchés. Le bilan, encore provisoire, est lourd. Les forces congolaises font état de quatre maisons réduites en cendres et déplorent la mort d’un jeune homme de 18 ans, identifié comme Matabishi Siston Azini. Cette perte humaine souligne la tragédie quotidienne vécue par les populations civiles, prises en étau entre les belligérants.

Face à cette recrudescence des hostilités, l’armée congolaise a adopté un langage sans équivoque. Elle qualifie ces « incursions récurrentes » d’actes visant clairement à « torpiller le processus de paix en cours ». Malgré ces provocations, Kinshasa affirme maintenir son engagement à respecter le cessez-le-feu suggéré par la médiation angolaise. Cette posture place les FARDC dans une position défensive complexe, obligée de répondre aux attaques tout en se présentant comme garante des efforts diplomatiques. La communauté internationale et les observateurs régionaux suivent cette situation de très près, s’interrogeant sur la viabilité de l’initiative de paix dans un tel climat de défiance.

De l’autre côté de la ligne de front, la version des faits diffère radicalement. Dans un communiqué daté du 19 février et signé à Goma, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) rejette les accusations et retourne la responsabilité vers les FARDC. Le groupe rebelle accuse les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés d’être les auteurs de « massacres » dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Il dénonce également, de son côté, des « violations du cessez-le-feu » dans le cadre des accords de Doha et de Washington. Cette guerre des communiqués illustre la profonde fracture et la méfiance mutuelle qui entachent tout dialogue.

Cette nouvelle flambée de violence intervient à un moment critique. Elle met en lumière l’extrême fragilité des engagements de paix et la difficulté à imposer un arrêt des combats durable dans l’Est de la RDC. L’implication directe ou supposée de l’armée rwandaise, toujours vigoureusement niée par Kigali mais systématiquement dénoncée par Kinshasa, reste l’un des principaux points de friction. Les mots-clés qui définissent cette crise – FARDC, armée rwandaise, M23, Nord-Kivu, violation cessez-le-feu – résument un conflit aux racines profondes et aux répercussions régionales.

Quelles conséquences ces affrontements auront-ils sur la médiation angolaise ? Le processus de paix peut-il survivre à de telles accusations réciproques de violation du cessez-le-feu ? Les populations civiles, une fois de plus exposées aux combats et aux exactions, paient le prix le plus lourd de cette escalade. Les appels au calme et au respect des engagements se multiplient, mais sur le terrain, la logique des armes semble trop souvent prévaloir. La stabilisation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu passe impérativement par une cessation effective des hostilités et une reprise du dialogue sur des bases claires et vérifiables. L’alternative n’est qu’un cycle sans fin de violence et de souffrance.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 19/02/2026

Retrouvez dans Le Brief du Jour les temps forts du 19 février 2026 : crise humanitaire d’ampleur en Ituri, avancée historique sur la facilitation du commerce africain avec les postes frontaliers à arrêt unique, cri d’alarme contre le recrutement persistant d’enfants soldats au Nord-Kivu, hôpital d’Oicha paralysé par l’insécurité, objectif ambitieux RDC—Banque mondiale pour accélérer le développement, chute spectaculaire du choléra à Sangé grâce à MSF, enfin la province du Mai-Ndombe secouée par l’assassinat d’un prêtre. Les événements majeurs de la journée, expliqués en 3 minutes.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques