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RDC : la Conférence des gouverneurs encore reportée, les infrastructures de Bandundu en cause

La République démocratique du Congo fait face à un nouveau contretemps institutionnel majeur avec le report, pour la deuxième fois, de sa treizième Conférence des gouverneurs. Initialement programmée du 3 au 7 mars, cette rencontre cruciale entre le pouvoir central et les exécutifs provinciaux a été officiellement renvoyée à la période du 24 au 28 mars. La décision, tombée comme un couperet, a été notifiée par le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, sans que le moindre motif ne soit avancé pour justifier ce nouveau délai. Ce silence administratif, en lieu et place d’explications, nourrit les spéculations et interroge sur la capacité de l’État à organiser ses propres rendez-vous stratégiques.

Cette Conférence des gouverneurs RDC, instance de dialogue et de planification essentielle dans un État aussi vaste et décentralisé, se voit ainsi une nouvelle fois différée, créant un flottement préjudiciable à la coordination des politiques publiques. Le report de la conférence des gouverneurs n’est pas une simple question d’agenda; il s’agit d’un symptôme révélateur des défis logistiques et de gouvernance qui entravent la mise en œuvre effective de la décentralisation. Le Vice-premier ministre RDC joue-t-il sa crédibilité en multipliant les reports sans communication transparente ? La question mérite d’être posée, tant l’opacité entourant cette décision fragilise le dialogue censé être au cœur de cette institution.

Sur le terrain, à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, les raisons de ce report semblent, hélas, trouver une réponse tangible. Le défi initial, celui du parachèvement des infrastructures d’accueil à Bandundu, est loin d’être relevé. Près d’un mois après l’attribution du marché, la réhabilitation du tarmac et de la piste de l’aéroport, confiée à la société Safrimex, n’a toujours pas débuté. Aucun matériel de l’entreprise n’est visible sur le site, et selon des sources proches du gouvernement provincial, les matériaux ne seraient même pas arrivés à destination. Dans ce tableau en demi-teinte, seul l’office des voies aériennes (RVA) s’active à rafraîchir ses propres locaux, une action certes positive mais bien insuffisante au regard de l’enjeu.

Le chantier de bétonnage de l’avenue Kwango, pourtant prévu sur 12 kilomètres, avoisine à peine le premier kilomètre. Si la construction des caniveaux et le bétonnage se poursuivent, le rythme semble totalement inadapté à l’échéance imminente. Du côté de la résidence réservée au chef de l’État, les travaux sont annoncés à 90% d’exécution, seuls les aménagements de cour restant en suspens. Le gouvernement provincial, quant à lui, tente de se mettre en ordre de bataille : un chapiteau est érigé pour servir de restaurant aux participants, et la salle des conférences de l’exécutif a été réfectionnée et meublée pour accueillir la réunion du Conseil des ministres en marge de la conférence. Le réseau d’éclairage public, financé par la province, a également été rénové, apportant une lueur – symbolique ? – sur les artères principales de la ville.

Mais ces efforts, bien que notables, suffiront-ils à garantir la tenue effective des assises à la fin du mois de mars ? Les actualités du Kwilu sont marquées par cette course contre la montre, où chaque jour de retard dans les travaux compromet un peu plus la crédibilité de la nouvelle date annoncée. La récurrence des reports pose une question fondamentale de planification et d’engagement de l’État. S’agit-il de simples difficultés techniques ou le reflet d’une gestion approximative des grands dossiers nationaux ? Le gouvernement central parvient-il à imposer son calendrier et ses exigences aux provinces, ou est-il tributaire de leurs retards, illustrant les limites pratiques de l’autorité de Kinshasa ?

Le report successif de cette conférence ne constitue pas un simple incident de parcours. Il envoie un signal négatif aux partenaires techniques et financiers du pays, mais surtout aux populations qui attendent des actions concrètes découlant de ces concertations. Cette instance est théoriquement le lieu où se définissent les feuilles de route pour le développement local et la résolution des problèmes de sécurité, d’économie et de services sociaux. Son report incessant la vide de sa substance et risque de la transformer en un rituel bureaucratique dépourvu d’impact réel.

Alors que la fin du mois de mars approche à grands pas, toute l’attention est désormais braquée sur Bandundu. La ville parviendra-t-elle à combler son retard en trois semaines ? Les matériaux tant attendus finiront-ils par arriver, permettant un démarrage effectif des travaux aéroportuaires ? Plus fondamentalement, le pouvoir central, par la voix du Vice-premier ministre, saura-t-il cette fois tenir ses engagements et éviter un troisième report qui serait perçu comme une véritable faillite organisationnelle ? Les prochains jours seront décisifs. Ils révéleront si la RDC est capable de surmonter ses propres lourdeurs administratives pour honorer un rendez-vous avec elle-même, ou si la Conférence des gouverneurs de 2024 restera dans les annales comme un symbole de dysfonctionnement et de reports à répétition.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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