Dans la chefferie de Baswagha, au cœur du territoire de Lubero, une alerte sécuritaire a été lancée par les représentants de la société civile. Les populations déplacées, déjà vulnérables, subissent des tracasseries systématiques de la part d’hommes armés identifiés comme des miliciens wazalendo. Ces derniers imposent une taxation illégale sur les activités de survie, plongeant des communautés entières dans un cercle vicieux de précarité et d’insécurité.
Le président de la société civile de Musienene, Kambale Maboko Fanuel, a sonné l’alarme. Dans les localités de Vikindwe, Vulimira, Kirirya, Mutiri et leurs environs, toute production de charbon de bois, ou braise, est désormais soumise à un prélèvement forcé. Les montants exigés oscillent entre 5 000 francs congolais et 10 dollars américains par charbonnière. Pour des familles déplacées, déjà démunies de tout, cette somme représente un fardeau insupportable.
Comment survivre lorsque le moindre effort pour subvenir à ses besoins est entravé par la menace des armes ? La question hante les esprits dans l’est de Musienene. Ces taxes illégales ne visent pas uniquement les déplacés. Les familles d’accueil, qui tentent de partager le peu qu’elles ont, sont également contraintes de payer. Cette situation affecte profondément le tissu social et économique de la zone, déjà fragilisé par des années de conflit.
L’activité de fabrication de braise, souvent l’une des seules sources de revenus disponibles, est ainsi paralysée. Mais le phénomène ne s’arrête pas là. Selon les mêmes sources locales, des scieurs et des commerçants de bois sont soumis à des formes similaires d’extorsion. Ces pratiques illicites, attribuées aux miliciens wazalendo, créent un climat de terreur et d’arbitraire, entravant tout développement et toute perspective de retour à une vie normale.
Cette crise n’est malheureusement pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans un contexte plus large d’exactions récurrentes dans la chefferie de Baswagha. Les miliciens affiliés à ce groupe sont régulièrement accusés de pillages, de violences sexuelles, d’arrestations arbitraires et de l’érection de barrières illégales. La sécurité du territoire de Lubero est mise à mal, et la population civile en paie le prix fort.
Le mécontentement est à son comble. Début février, un ultimatum avait déjà été lancé. Des déplacés originaires de Mwenye, Kiregha, Mausa et d’autres villages du secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha avaient donné 48 heures aux miliciens wazalendo pour quitter leurs zones de provenance. Ils estimaient alors que les agissements de ces hommes armés étaient la cause directe de leur déplacement.
Cet appel, porté par la société civile, résonne aujourd’hui avec plus d’urgence. La population concernée n’aspire qu’à une chose : un retour à une vie paisible sous le contrôle exclusif et légitime des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). La présence et l’action des militaires sont perçues comme la seule garantie capable de mettre un terme aux tracasseries des populations civiles et à l’impunité dont jouissent les auteurs de ces exactions.
Face à cette situation intolérable, la société civile de Musienene et de Baswagha lance un cri du cœur aux autorités politiques et administratives. Un appel pressant est formulé pour que des mesures concrètes soient prises. Il est impératif que les instances compétentes interviennent sans délai pour protéger les civils, désarmer ces groupes de pression illégaux et rétablir l’État de droit.
La problématique des taxes illégales imposées par les miliciens wazalendo n’est pas qu’une simple question économique. C’est une atteinte directe à la dignité humaine et un frein majeur à la stabilisation du Nord-Kivu. Tant que de telles pratiques persisteront à Musienene et dans les environs, tout espoir de paix et de réconciliation restera vain. La communauté internationale et les acteurs humanitaires sont interpellés pour soutenir les efforts locaux et faire pression en faveur d’une résolution durable de cette crise sécuritaire.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
