Une page importante se tourne pour le corps enseignant du Maniema. Après des années d’incertitude, la mutuelle santé enseignants vient d’être officiellement installée à Kindu, chef-lieu de la province. Cette initiative, portée par la Mutuelle de santé des enseignants (MESP), marque un tournant décisif pour des milliers de professeurs et instituteurs qui pourront enfin bénéficier d’une prise en charge médicale concrète. Une délégation spéciale venue de Kinshasa a procédé à cette inauguration historique, répondant ainsi à une attente devenue criante.
Pour comprendre la portée de cet événement, il faut revenir sur le sentiment d’injustice qui rongeait la profession. Jusqu’à présent, chaque mois, des sommes variant entre 1 000 et 5 000 francs congolais étaient prélevées sur les salaires. Ces retenues salariales enseignants étaient perçues comme une ponction injustifiée, un prélèvement sans contrepartie visible. Mais que signifiaient ces retenues sur leurs salaires sans service en retour ? La frustration était palpable, alimentant un profond malaise. Aujourd’hui, le lien entre contribution et service rendu est enfin établi, transformant une cotisation opaque en un droit tangible à la santé.
Le ministre provincial de l’Éducation, Mera Marungu Useni, n’a pas caché son soulagement lors de la cérémonie de réception de la délégation. Ses propos traduisent l’aboutissement d’un long combat. « Nous l’accueillons parce que ça va donner maintenant le sens à l’existence de ces retenues. Les enseignants ont longtemps pleuré en se demandant pourquoi ils continuaient à contribuer sans voir l’importance de cette mutuelle. Aujourd’hui, c’est chose faite », a-t-il déclaré. Cette installation mutuelle santé est donc bien plus qu’une formalité administrative ; c’est une réponse directe à une détresse sociale et un signal fort envoyé à toute une corporation.
Concrètement, qu’est-ce que cela change pour un enseignant de Kindu Maniema ? La réponse est simple : la sécurité. La peur de la maladie et des frais médicaux insurmontables, un frein majeur au bien-être et à la performance professionnelle, commence à s’estomper. L’accès à des soins de qualité, sans avoir à engager des dépenses catastrophiques, représente une avancée sociale majeure. Cette protection s’étendra-t-elle à la famille de l’enseignant ? C’est souvent l’une des principales attentes des affiliés, une question qui trouvera sa réponse dans le déploiement opérationnel.
Sur le plan pratique, l’installation mutuelle santé entre maintenant dans une phase technique et administrative cruciale. Les travaux doivent débuter dans les 48 heures à Kindu pour mettre en place les guichets et les procédures d’adhésion et de remboursement. L’objectif annoncé est ensuite d’étendre progressivement le réseau vers les autres territoires de la province du Maniema, afin qu’aucun éducateur, même dans les zones les plus reculées, ne soit laissé pour compte. Cette capillarité est essentielle pour garantir l’équité de la prise en charge médicale enseignants sur l’ensemble du territoire provincial.
Pour les autorités éducatives provinciales, cet aboutissement est aussi le fruit d’un engagement. Le ministre Mera Marungu Useni a d’ailleurs tenu à « remercier et féliciter l’autorité provinciale pour son implication ». Cette synergie entre l’administration locale et la structure nationale de la MESP a été un facteur clé pour débloquer une situation qui semblait figée. Elle démontre que lorsque la volonté politique rencontre une gestion rigoureuse, des solutions durables émergent pour le bénéfice des acteurs essentiels de la société, comme les enseignants.
À l’heure où le pays mise sur l’éducation pour son avenir, la santé de ses éducateurs n’est pas une option, mais une nécessité absolue. La matérialisation de cette mutuelle santé enseignants à Kindu est un premier pas concret vers un système plus juste et plus protecteur. Elle doit maintenant prouver son efficacité sur le terrain, en garantissant des remboursements rapides et un accès facilité aux soins. La vigilance des bénéficiaires et la transparence des gestionnaires seront les piliers de cette réussite à venir. Le défi est désormais de faire de ce droit sur le papier une réalité quotidienne pour chaque enseignant du Maniema.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
