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Génération Z moins intelligente ? Un neuroscientifique alerte sur l’impact des écrans

Alors que les salles de classe se numérisent à travers le monde, une affirmation troublante émerge des cercles scientifiques : la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, serait-elle la première à afficher une intelligence inférieure à celle de ses parents ? Cette question, soulevée par le neuroscientifique américain Jared Cooney Horvath devant le Congrès des États-Unis, interpelle au-delà des frontières et invite à une réflexion urgente sur les modèles éducatifs, y compris en République Démocratique du Congo où le digital gagne du terrain.

Les déclarations du chercheur spécialisé en neurosciences de l’apprentissage reposent sur une analyse froide des données. Selon lui, les tests scolaires standardisés révèlent un déclin inquiétant. « Il s’agit de la première génération de l’histoire moderne à obtenir des résultats inférieurs à la précédente aux tests académiques standardisés », a-t-il affirmé. Les performances de la génération Z seraient en baisse dans des domaines cognitifs fondamentaux : l’attention, la mémoire, l’alphabétisation, le calcul et même le QI général. Ce constat, s’il est avéré, remet en cause le récit progressiste selon lequel chaque génération surpasse la précédente.

Mais quelles sont les racines de ce supposé déficit ? Pour Jared Horvath, le coupable est tout désigné : les écrans. L’impact des écrans sur l’apprentissage serait profondément négatif. « Un adolescent passe plus de la moitié de son temps éveillé devant un écran », déplore-t-il. Le cerveau humain, explique-t-il, est programmé pour apprendre par une étude approfondie et des interactions sociales riches, et non par le défilement rapide de contenus fragmentés sur les réseaux sociaux. Ce mode de consommation numérique, qui remplace souvent la lecture profonde, affecterait directement la capacité à se concentrer, à mémoriser et à raisonner de manière complexe.

Ce phénomène n’est pas limité aux pays occidentaux. Horvath alerte que tous les pays adoptant massivement la technologie numérique dans les écoles verraient les performances diminuer considérablement. Pour la RDC, où les initiatives de digitalisation des salles de classe se multiplient, parfois sans accompagnement pédagogique robuste, cette mise en garde est cruciale. Faut-il voir dans chaque tablette distribuée un progrès ou un risque potentiel pour le développement cognitif des jeunes Congolais ? La question mérite d’être posée alors que le pays cherche à moderniser son système éducatif.

Pourtant, il est essentiel de nuancer ce portrait alarmiste. Peut-on réduire l’intelligence d’une génération entière à ses résultats aux tests scolaires génération Z ? L’intelligence est un concept bien plus vaste que le QI. Horvath lui-même le rappelle : le QI n’est pas synonyme d’intelligence. La génération Z excelle peut-être dans des compétences différentes, moins mesurées par les tests traditionnels, comme la pensée créative, l’adaptabilité numérique ou la résolution de problèmes complexes dans des environnements virtuels.

De plus, le diagnostic sur la génération Z et son intelligence doit être contextualisé. Les difficultés pointées dans le monde professionnel – comme le fait que 92% des recruteurs les estiment mal préparés – pourraient aussi refléter un changement de valeurs et d’attentes, plutôt qu’un déclin cognitif. Les jeunes d’aujourd’hui recherchent un équilibre différent entre vie professionnelle et personnelle, ce qui peut être perçu comme un manque d’engagement par les générations précédentes.

Alors, que faire face à ce constat partagé ? Le neuroscientifique Jared Horvath ne préconise pas une suppression pure et simple des réseaux sociaux ou des outils numériques. Sa recommandation est plus subtile : réduire leur utilisation en classe et encourager les jeunes à se détacher régulièrement des écrans. Pour la RDC, l’enjeu est de construire une intégration du numérique qui serve véritablement la pédagogie, en privilégiant la qualité des interactions et la profondeur des apprentissages sur la simple consommation passive.

En définitive, le débat ouvert par Jared Horvath est moins un réquisitoire contre une génération qu’un appel à la vigilance éducative. Il invite parents, enseignants et décideurs congolais à réfléchir à l’équilibre entre technologie et méthodes éprouvées. L’objectif n’est pas de diaboliser les écrans, mais de s’assurer qu’ils n’entravent pas le développement des facultés cognitives essentielles. L’avenir de la génération Z, au Congo et ailleurs, dépendra de notre capacité à guider son usage du numérique vers une quête authentique de savoir et de réflexion.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: mediacongo.net

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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