L’écosystème entrepreneurial congolais, en quête permanente de leviers de croissance inclusive, enregistre une initiative structurante. Winnie Katengwa Nyota, figure engagée de l’entrepreneuriat féminin RDC, a officiellement annoncé le lancement de la deuxième édition du concours Nyota. Cette mouture, dévoilée sur les réseaux sociaux ce jeudi 12 février, se veut plus ambitieuse, avec un dispositif d’accompagnement élargi et une enveloppe financière totale de 4,5 millions de francs congolais. Après une première édition ayant démontré son impact, l’initiative confirme sa vocation : être un catalyseur concret pour les femmes porteuses de projets de mini-entreprises, ces unités de production essentielles à la diversification économique locale.
Mais quelle est la valeur ajoutée réelle d’un tel concours dans un paysage économique fragmenté ? Le concours Nyota se positionne comme bien plus qu’une simple distribution de prix. Il promeut l’entrepreneuriat féminin auprès des femmes titulaires d’un baccalauréat, visant à valoriser leur ambition et à offrir des modèles inspirants. Son objectif stratégique est double : concrétiser des initiatives individuelles tout en contribuant à l’inclusion économique des femmes, au renforcement de l’équité et à une meilleure représentativité féminine dans les sphères décisionnelles d’ici 2030. Cette feuille de route s’aligne directement sur les Objectifs de développement durable des Nations Unies, conférant à l’initiative une dimension à la fois locale et globale.
Pour participer à cette édition du concours entrepreneuriat femmes Kinshasa, les candidates doivent répondre à des critères précis : être âgées de 20 à 55 ans, détenir un baccalauréat et porter un projet de mini-entreprise réalisable à court terme. La sélection cible délibérément celles n’ayant pas pu poursuivre de longues études, mettant ainsi l’accent sur l’autonomisation économique par l’action. Le jury évaluera principalement la pertinence, la faisabilité et l’impact potentiel des projets soumis. Ce ciblage répond à une réalité du marché : de nombreux talents féminins, dotés d’idées viables, peinent à franchir le cap de la formalisation par manque de soutien structuré.
L’accompagnement proposé aux lauréates constitue le véritable cœur de la valeur du concours Nyota. Il s’agit d’un soutien tridimensionnel. Sur le plan financier, trois prix concours Nyota principaux sont décernés : 2 000 000 FC pour le premier prix, 1 500 000 FC pour le deuxième et 1 000 000 FC pour le troisième. Ces subventions servent de capital d’amorçage crucial. Sur le plan technique, les bénéficiaires accèdent à des sessions de formation et un programme de mentorat pour guider la mise en œuvre opérationnelle. Enfin, sur le plan médiatique, une campagne de promotion valorise leurs réussites, augmentant leur visibilité et créant un effet d’entraînement. Cet écosystème de soutien vise à transformer un projet en une entreprise pérenne.
Fait notable, cette édition introduit une innovation significative : un quatrième prix spécial, exclusivement dédié aux hommes. Winnie Katengwa Nyota justifie cette distinction par la promotion d’une « masculinité positive ». L’objectif est d’encourager les hommes à collaborer activement avec les femmes et à soutenir leur intégration dans les rôles liés au développement économique. Cette approche inclusive reconnaît que l’émancipation économique des femmes n’est pas un combat solitaire, mais un chantier collectif nécessitant l’adhésion et le soutien de l’ensemble de la société. Peut-on espérer que cette initiative inspire d’autres programmes à intégrer cette dimension partenariale ?
L’annonce de cette deuxième édition intervient dans un contexte où la nécessité de diversifier les moteurs de la croissance congolaise n’a jamais été aussi pressante. Les mini-entreprises, souvent dans l’agroalimentaire, les services ou l’artisanat, représentent un formidable réservoir d’emplois et d’innovation locale. En canalisant des ressources financières, du savoir-faire et de la visibilité vers des entrepreneures triées sur le volet, le concours Nyota agit comme un accélérateur de maturation pour ce segment économique vital. La réussite de cette initiative pourrait bien servir de blueprint pour d’autres programmes similaires à travers le pays, démultipliant ainsi son impact sur l’entrepreneuriat féminin RDC.
À l’heure où les défis socio-économiques persistent, des leviers concrets comme le concours Nyota démontrent que des solutions existent. En misant sur le capital humain féminin et en structurant son accompagnement, Winnie Katengwa Nyota et son équipe participent à la construction d’un tissu entrepreneurial plus résilient et plus équitable. Le véritable prix, au-delà des millions annoncés, réside peut-être dans cette dynamique collective qu’il contribue à instaurer : celle d’une économie congolaise où les idées, qu’elles soient portées par des femmes ou des hommes, trouvent les moyens de prendre vie et de prospérer.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
