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Affaire Paul Nkemeli : la société civile s’oppose à sa réintégration à la prison de Bulungu

Le Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Bulungu est actuellement saisi d’une plainte pour détournement de fonds publics présumé au détriment de la prison centrale de cette localité. Des allégations graves, portant sur une somme de deux cents millions de francs congolais, sont formulées par la société civile locale contre l’ancien gardien de l’établissement, Paul Nkemeli. Cette affaire, qui défraie la chronique dans la province du Kwilu, oppose désormais la voix des dénonciateurs à la défense de l’intéressé devant les autorités judiciaires.

Selon les déclarations du président de la société civile de Bulungu, Me Dirigeant Munzende, les faits remonteraient à l’année 2025. Le gardien sortant de la prison centrale de Bulungu, Paul Nkemeli, serait mis en cause pour avoir perçu, au nom de l’établissement, les fonds de subvention alloués par le gouvernement central pour quatre trimestres, sans qu’aucune trace de cette gestion ne puisse être établie. « Nous dénonçons le détournement d’une somme de 200 millions de Fc, destinés à la subvention de la prison centrale de Bulungu par Monsieur Paul Nkemeli », a-t-il affirmé, martelant son opposition à une éventuelle réintégration de ce dernier, et ce, malgré une décision du secrétaire général à la Justice en sa faveur.

La contestation de la société civile s’ancre dans un climat de défiance, l’accusant d’avoir toujours opéré sans la moindre transparence. Comment une telle opacité a-t-elle pu s’installer dans la gestion des fonds publics destinés à une maison d’arrêt ? La somme mensuelle alléguée d’au moins cinquante millions de francs congolais, destinée au fonctionnement de la prison, se serait ainsi volatilisée, privant l’institution de ressources vitales. Cette situation soulève des interrogations majeures sur les mécanismes de contrôle au sein de l’administration pénitentiaire dans la région du Kwilu.

Face à ces accusations, la version de Paul Nkemeli, l’ancien gardien de la prison centrale de Bulungu, diffère radicalement. Celui-ci rejette en bloc les allégations de détournement. Il conteste le fondement même des chiffres avancés, expliquant que la subvention gouvernementale pour l’année 2025 n’a été versée qu’une seule fois, et ce, avec une réduction de trente pourcents. « Comment puis-je détourner les frais de quatre trimestres, alors que le gouvernement n’a envoyé qu’une seule fois la subvention ? », a-t-il rétorqué, invitant ses accusateurs à révéler leurs sources. Cette défense met en lumière une contradiction fondamentale sur les flux financiers réels attribués à l’établissement.

L’enquête judiciaire, ouverte à la suite du dépôt de plainte, suit désormais son cours de manière méthodique. Les parties impliquées, à savoir le représentant de la société civile et l’ancien gardien mis en cause, ont déjà été auditionnées à deux reprises par le parquet de Bulungu. Pour éclaircir les zones d’ombre persistantes, une commission rogatoire a été constituée. Sa mission est cruciale : elle devra se rendre à Kikwit pour auditionner le directeur de la prison de cette ville, identifié comme l’intermédiaire chargé de percevoir les fonds à la Banque centrale avant de les redistribuer aux gardiens des prisons de cinq territoires du Kwilu, dont Bulungu.

Cette procédure démontre la volonté des magistrats instructeurs de remonter toute la chaîne de gestion. La transparence des opérations de la direction de la prison de Kikwit sera donc scrupuleusement examinée. L’objectif est de déterminer avec exactitude les montants reçus, les dates de versement et les destinataires finaux, afin de confronter les déclarations des uns et des autres aux preuves matérielles et comptables. L’issue de ces investigations permettra de savoir si les fonds ont bel et bien été détournés ou s’ils ont subi des retards ou des réductions administratives.

L’affaire du présumé détournement de fonds à la prison de Bulungu dépasse le simple cadre d’un litige local. Elle interroge sur l’efficacité des garde-fous contre la corruption au sein des services publics en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les structures carcérales souvent fragilisées. La société civile de Bulungu, par son action, joue son rôle de veille, exigeant reddition des comptes et intégrité. Dans l’attente des conclusions de l’enquête et d’un éventuel réquisitoire, la pression judiciaire et médiatique reste entière sur cette affaire Paul Nkemeli, symbole des défis de la bonne gouvernance dans la province du Kwilu.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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