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Crise humanitaire en Ituri : le rapport OCHA de janvier 2026 révèle l’ampleur du drame

Dans la localité de Bule, au cœur du territoire de Djugu, le grondement des armes a une fois de plus chassé des familles de leurs maisons. Janvier 2026 n’a pas apporté la paix espérée. Malgré une accalmie relative en fin de mois, les affrontements répétés ont transformé la vie en une quête perpétuelle de sécurité. Des milliers de personnes ont fui, le peu qu’elles possédaient sur le dos, se dirigeant vers des villages jugés plus stables ou vers le site de déplacés de Plaine Savo. D’autres ont parcouru des distances encore plus grandes, trouvant refuge dans les territoires voisins de Mahagi et d’Irumu. Comment peut-on vivre lorsque la fuite devient la seule option ?

Le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) pour janvier 2026 confirme cette réalité brutale. Il révèle une situation humanitaire Ituri extrêmement préoccupante, où l’accès des humanitaires reste fortement limité à Bule et dans ses environs. Plus de 78 500 personnes déplacées, auxquelles s’ajoutent les communautés hôtes déjà vulnérables, font face à des besoins criants. Les résultats d’une évaluation rapide menée par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) pointent du doigt les secteurs les plus critiques : l’assistance alimentaire, l’éducation, l’eau, l’hygiène et les abris. La crise alimentaire Ituri n’est plus une menace, mais un drame quotidien vécu par des dizaines de milliers de personnes.

L’un des visages les plus tragiques de cette crise est celui de l’éducation sacrifiée. Pour offrir un toit aux familles en détresse, plus de 60 établissements scolaires ont été convertis en abris d’urgence. Conséquence directe : ces écoles sont non fonctionnelles depuis décembre 2025, privant plus de 24 000 enfants de leur droit fondamental à l’apprentissage. Quel avenir construit-on pour une province dont on prive la jeunesse de ses salles de classe ? Cette stratégie de survie immédiate creuse le sillon d’une précarité à long terme, hypothéquant le développement futur de l’Ituri.

Les répercussions des violences ne connaissent pas les frontières administratives. Si une relative accalmie a été observée en janvier dans les territoires de Mahagi et d’Aru, ils subissent de plein fouet le contrecoup des affrontements Bule. Depuis décembre 2025, environ 37 000 personnes déplacées en provenance de Djugu ont été accueillies dans les zones de santé de Logo, Rimba et Kambala, au territoire de Mahagi. Cet afflux massif, géré principalement par des familles d’accueil, exerce une pression insoutenable sur des services sociaux de base déjà limités et fragiles.

À cette pression démographique s’ajoute une insécurité rampante. Le rapport OCHA janvier 2026 documente plusieurs incidents de protection préoccupants dans ces zones : arrestations arbitraires, amendes illégales, vols et, plus horrifiant encore, des enlèvements. Le 21 janvier, au moins dix enfants auraient été enlevés par des éléments d’un groupe armé dans l’aire de santé de Rabu. Chaque chiffre dans ce rapport cache une histoire personnelle de terreur et de souffrance. Ces déplacements population Djugu ne sont pas seulement un mouvement géographique, mais un traumatisme collectif profond.

Le tableau d’ensemble dressé par OCHA est celui d’une province enlisée dans un cycle infernal. L’insécurité persistante, alimentée par l’activisme de groupes armés comme les ADF – ayant prêté allégeance à l’État islamique – et les tensions intercommunautaires, est le moteur principal des déplacements population Djugu et au-delà. Les besoins en vivres, soins médicaux, abris, eau potable et protection atteignent des niveaux aigus. Pour aggraver la situation, des épidémies comme la rougeole et le Mpox sévissent, tandis que les catastrophes naturelles viennent ajouter leur lot de destructions.

Face à cette situation humanitaire Ituri qui se dégrade mois après mois, une question fondamentale se pose : jusqu’à quand ? Les opérations militaires, les alertes humanitaires et les rapports se succèdent, mais la paix et la stabilité semblent s’éloigner. La communauté internationale et les autorités nationales parviennent-elles à entendre le cri étouffé de l’Ituri ? Le sort de centaines de milliers de civis, pris en étau entre la violence des hommes et l’indifférence des saisons, dépend de la réponse qui sera apportée à cette urgence multiforme. L’heure n’est plus seulement aux constats, mais à une action coordonnée, robuste et durable pour briser ce cycle de la souffrance.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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