La première réunion du comité de pilotage RDC USA, tenue au Département d’État américain, marque un tournant décisif dans le partenariat stratégique RDC États-Unis. Cet événement diplomatico-économique, souvent comparé à la mise en orbite d’un satellite de coordination bilatérale, pose les jalons d’une collaboration concrète visant à transformer le potentiel congolais en prospérité tangible. La délégation congolaise, pilotée par Daniel Mukoko Samba et composée d’éminents technocrates comme Louis Kabamba Watum et Noëlla Ayeganagato, a engagé des discussions structurantes avec ses homologues américains. L’enjeu central ? Canaliser les capitaux privés vers des secteurs vitaux pour la croissance nationale.
Au cœur des négociations figurait la liste des actifs stratégiques (SAR) soumise par Kinshasa. Ce document, destiné à être affiné en un rapport conjoint, sert de feuille de route pour orienter les investissements mines RDC. Comment, en effet, attirer des financements sans une cartographie claire des opportunités ? Les deux parties ont réaffirmé une volonté commune de stimuler les investissements dans un duo jugé indissociable : les mines et l’énergie. Sans énergie stable et abordable, toute ambition de transformation minière profonde reste vaine. Inversement, le secteur minier, moteur historique des recettes d’exportation, doit générer les ressources nécessaires au développement des infrastructures énergétiques. Cette approche systémique vise à briser le cercle vicieux de la dépendance aux matières premières brutes.
Les projets soutenus par la U.S. International Development Finance Corporation RDC (DFC) ont été élevés au rang de priorité absolue. Cet engagement se traduira par une assistance technique américaine déployée sur le terrain, chargée d’identifier, en coordination avec les autorités congolaises, les besoins précis en infrastructures, en logistique et en cadre réglementaire. La DFC, avec son portefeuille de financement et ses garanties, agit comme un catalyseur pour dé-risquer les projets et attirer d’autres investisseurs institutionnels. Cette méthodologie pragmatique répond à une question cruciale : comment convertir des intentions politiques en chantiers opérationnels et en créations d’emplois ?
Le corridor de Lobito apparaît comme le laboratoire de ce partenariat stratégique. Cette artère logistique, reliant la riche ceinture cuprifère de la RDC et de la Zambie aux ports angolais, est bien plus qu’une simple voie ferrée. Elle incarne la matérialisation de l’intégration régionale et la promesse d’une réduction drastique des coûts de transport pour les minerais congolais. Son développement prioritaire sous l’égide du comité de pilotage signale une volonté de créer des chaînes de valeur intégrées, depuis l’extraction jusqu’à l’exportation, voire à la transformation locale. Moderniser ce corridor, c’est irriguer l’économie nationale d’oxygène logistique et concurrencer les routes traditionnelles souvent plus coûteuses et moins sécurisées.
L’instauration immédiate d’un comité de suivi conjoint traduit la volonté des deux nations d’inscrire cette dynamique dans la durée et de lui donner un rythme soutenu. Ce mécanisme de gouvernance partagée est essentiel pour surveiller les progrès, lever les obstacles administratifs et ajuster la stratégie en temps réel. La transformation locale des ressources, objectif récurrent des plans de développement congolais, trouve ici un cadre de mise en œuvre crédible, soutenu par un partenaire disposant d’une expertise technologique et managériale de premier plan.
À plus long terme, ce comité de pilotage RDC USA pose les fondations d’une transition économique structurelle. En ciblant simultanément les infrastructures, l’énergie et la valeur ajoutée locale, il cherche à diversifier les sources de croissance et à bâtir une résilience face aux fluctuations des cours mondiaux des matières premières. La réussite de cette coopération dépendra de sa capacité à concilier les impératifs de rentabilité des investisseurs privés américains avec les objectifs de développement national de la RDC. Si ce pari est tenu, le partenariat pourrait bien servir de modèle pour une nouvelle forme de coopération économique entre l’Afrique et le reste du monde, fondée sur la mutualisation des intérêts et la création de richesses partagées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
